Alea Jacta Est : Insociabile regnum, le pouvoir ne se partage pas

Par  | 29 septembre 2012 | 17 commentaires | Rubrique(s) : Antiquité, Tests et préviews | Jeu(x) / Editeur(s) : ,

Les jeux AGEOD exercent une fascination ambivalente. On désire ces jeux, mais on hésite à passer à l’acte. Je vais tenter d’analyser ici les origines de cette hésitation, et vérifier si elle est justifiée pour Alea Jacta Est. Ce test s’adresse surtout à ceux qui apprécient les jeux en tour par tour, la stratégie complexe dans des contextes imaginaires ou futuristes, et qui jusqu’à maintenant n’ont pas osé l’expérience du wargame historique.

Listons déjà les caractéristiques, réelles ou supposées, susceptibles de rebuter un joueur :

  • C’est un jeu dont les mécanismes sont contraints par l’Histoire. Basé sur une géographie et une époque bien documentée, il est fidèle à l’extrême. Face à une telle simulation, on craint qu’une inculture historique devienne un handicap, où seul un joueur suffisamment instruit peut reproduire, ou éviter, des stratégies et des tactiques dont il connaît le résultat.
  • C’est un jeu élitiste. Les concepteurs évitent, probablement sciemment, les sujets préférés du grand public, Moyen Âge, Seconde Guerre mondiale, haute Antiquité…
  • C’est un jeu ardu. Les concepteurs privilégient la véracité des mécanismes à la jouabilité (par exemple utilisation de chaînes de commandement complexes).
  • C’est un jeu complexe. Son moteur gère de très nombreux mécanismes, interactions et paramètres, et il faudra un long temps d’apprentissage pour en dominer les arcanes.
  • C’est un logiciel avec une expérience utilisateur dépassée, pas de 3D, des cartes stylisées au rendu peu réaliste, des combats purement abstraits, aux résultats dignes d’une feuille de calcul.

Alea Jacta Est vous permet d’incarner un dirigeant ambitieux de la Rome antique, République ou Empire, aux prises avec ses pairs. Les scénarios proposés se situent aux environs des années -100 à +200 AD. On voit déjà qu’ Alea Jacta Est lève ici un premier verrou. Rome bénéficie d’un capital d’intérêt supérieur à celui d’une guerre civile américaine ou d’un monarque prussien méconnu. Plusieurs langues, dont le français, sont implémentées nativement, ce qui évite un facteur supplémentaire de difficulté pour la plupart d’entre nous.

Pour les autres repoussoirs supposés, il va falloir passer au test…

 

1er tour du scénario Cesar vs Pompee (zoom au minimum).

Pour mieux découvrir ou se familiariser avec la cartographie du jeu, voici un montage réalisé à partir de la carte d’Alea Jacta Est (scénario – Caesar vs Pompey, 50BC, strategic map par Emir Agic, v1.01 ). Six cartes sont disponibles dans le forum officiel (cf. lien dans les infos pratiques, à la fin de l’article). Cliquez sur cette image pour accéder à une page spéciale permettant de zoomer sur cette carte.

Premier contact et apprentissage

Comme beaucoup le font, je passe directement au programme sans passer par la case manuel. Ça démarre lourdement, il charge des myriades de données, l’écran de jeu apparaît enfin, magnifique. Allez, soyons fous, je sélectionne le scénario vedette, César vs. Pompée. Ça mouline à nouveau, plus vite ce coup-ci, et me voilà devant le grand théâtre. C’est… immense, une carte splendide, des milliers de régions, une foultitude d’informations en survol de souris, des tonnes d’icônes activables.
Il y a aussi beaucoup de textes, avec une police un peu petite à mon goût, ce sera pénalisant pour les presbytes (on peut contourner ce problème en jouant avec les résolutions). L’ambiance sonore est adaptée, sans être invasive (on peut la désactiver). Ça fait vraiment envie, mais je dois me l’avouer sans être surpris, je suis totalement incapable de jouer avec ça pour l’instant.

Retour à la case débutant… Passons en revue les ressources disponibles. Le jeu propose un tutoriel, un manuel en PDF bien fourni et Youtube compte également plusieurs vidéos amateurs en anglais décrivant en détail les mécanismes (voir cette playlist). Je passe les vidéos, que je trouve trop lentes, et je fais une première lecture rapide du manuel avant de lancer le tutoriel. C’est relativement facile, on saisit dans quoi on se lance, mais c’est totalement insuffisant, et une nouvelle tentative sur un scénario m’en convainc.

Je décide d’ingurgiter le manuel, chapitre par chapitre, avec un petit passage sur le logiciel en fin de chapitre pour en valider les acquis. C’est intéressant mais lent, il y a énormément de notions à maîtriser. La courbe d’apprentissage du néophyte est rendue plus abrupte encore par la toponymie d’époque (c’est où déjà Senonia…) et le vocabulaire militaire spécifique. Rien d’insurmontable, il n’y a pas de notions alambiquées, mais il faut s’accrocher les premières heures.

Certaines informations importantes sont absentes du manuel, et ne peuvent donc pas être acquises sans expérimentation. Ainsi l’impact des valeurs de commandement d’un officier sur son armée n’est pas défini. On sait seulement que certain paramètres sont pris en compte pour l’attaque, d’autres pour la défense et ainsi de suite, mais aucune indication sur l’ordre de grandeur. Enfin, il faut compter aussi sur l’apprentissage nécessaire à chaque scénario, surtout pour ceux pour qui l’histoire romaine n’est pas – encore – acquise.

Une fois le manuel étudié, j’ai rejoué le tutoriel, il m’a semblé bien plus clair, on est sur la bonne voie.

Les quatre empereurs, interface et grand livre

Il est temps de s’attaquer à un vrai scénario. Je l’ai choisi car il offre des fronts multiples sur quasiment l’ensemble de la carte. Quitte à perdre, autant prévoir ses excuses…

Je revois sommairement la période dans un bouquin d’Histoire… Je choisis le camp des Flaviens. Ce coup-ci, on ne joue plus avec trois ou quatre forces dispersées sur une douzaine de régions. On gère une soixantaine de forces (armées, flottes), sur des centaines de régions.

 

On peut continuer le tutoriel après la victoire, un bon moyen de pratiquer sans risque.

Début du scénario l’année des quatre empereurs.

Voyons déjà l’efficacité de ces multiples filtres et rapports proposés par l’interface. Graphiquement somptueux, les filtres ont un premier effet « indésirable » : on a du mal à s’arracher à la contemplation de la carte. Les différentes colorations fascinent. On en oublierait presque leur réelle efficacité. En voici quelques exemples (il y a huit filtres au total), tous activés en un clic ou une touche du clavier :

Filtre allégeance.

Filtre contrôle.

Filtre ravitaillement.

Filtre météo.

Filtre objectifs.

Filtre zone.

J’arrive à lâcher mes crayons de couleur, et j’ouvre le grand livre, qui propose une nouvelle panoplie d’outils tous bien pensés. Directement inspiré d’une feuille de tableur, le premier rapport permet de lister, revoir, trier, filtrer, localiser toutes ses forces en un clic. La plupart des icônes fournissent un texte avec des données ou des explications supplémentaires. C’est quasiment parfait en efficacité et en ergonomie.

Rapport dans le grand livre.

Vient ensuite la « grande » mini carte qui permet d’avoir une vue d’ensemble des forces sur la carte.

Un clic sur une Force (une armée) et la carte principale s’ouvre sur la force en question. Pratique, même si on ne peut pas jouer avec les filtres sur cette carte.

Grande mini carte.

L’écran ci-dessous est particulièrement utile, et vous permet de revoir les objectifs du scénario en cours et votre situation globale. Une fois de plus, quasiment tout est cliquable. Outre la gestion des forces militaires et la cartographie, le grand livre donne également accès à des options stratégiques et politiques (voir ci-contre).

Objectifs.

Ainsi vous allez devoir choisir tôt ou tard parmi ses quatre options structurantes, certaines options ne sont pas activables au début (moral national trop faible), il vous faudra exécuter une stratégie adaptée pour espérer y parvenir.

En l’occurrence, je vais tenter d’écraser la rébellion juive, qui devrait pouvoir m’apporter gloire, et ainsi pouvoir activer mes Forces stationnées en Moesia (du côté des Balkans).

Options stratégiques et politiques.

L’interface du grand livre propose également l’acquisition de renforts spécifiques à certaines cités.

Choix des renforts à Damascus.

Enfin deux menus dédiés permettent le recrutement de renforts, et l’activation d’actions politiques :

Liste des renforts.

Liste des réformes et décisions sociales.

En dépit de sa complexité, Alea Jacta Est offre une interface somptueuse, claire et ergonomique. La plupart des actions sont possibles en un clic ou via un raccourci clavier. Quasiment toutes les icônes et éléments du jeu font l’objet d’un affichage de données supplémentaires avec un simple survol de souris.

On dispose aussi de raccourcis clavier bien pensés, comme le parcours des forces activables ou la recherche d’une région par son nom. L’interface est luxuriante, il faut du temps pour exploiter son potentiel, mais on est là face à un modèle d’ergonomie et de rendu graphique 2D.

Combats

Lors de mes précédentes tentatives, l’aspect qui m’avait le plus rebuté dans les jeux AGEOD était l’abstraction des compte-rendus de combat, une simple feuille de résultats. Pour qui a l’habitude des batailles de Space Empire V ou de Dominions 3, c’est raide. D’un autre côté, je comprends qu’il est bien plus difficile de restituer fidèlement un affrontement réel en mode automatique.

Alea Jacta Est offre quant à lui deux restitutions des combats :

  • La loupe de bataille, qui restitue en « temps réel » le déroulement d’une bataille, lors de la résolution des tours. Personnellement, c’est à la fois trop synthétique et trop rapide, je n’arrive pas à suivre.
  • Le rapport de bataille, qui détaille les résultats et les conditions des engagements, tour de bataille par tour de bataille, formation par formation. Pour bien comprendre ce qui s’est passé, et savoir mieux s’y prendre au futur, on devra analyser ces compte-rendus qui regorgent d’informations. C’est encore un peu statique, mais on y peut y « voir » et surtout comprendre le déroulement.

Véracité, Intelligence Artificielle

Je n’ai pas suffisamment pratiqué pour donner un avis argumenté sur ces points. Pour autant que je puisse en juger la véracité historique semble bonne. En tout cas, elle satisfait les romanophiles experts qui sont nombreux dans les forums spécialisés.

L’I.A., elle, me donne pour l’instant suffisamment de fil à retordre, et restitue les stratégies historiques des protagonistes, sans pour autant reproduire systématiquement les mêmes approches. (NDLR : pour plus d’informations sur l’intelligence artificielle du jeu, voyez notre interview au sujet de l’I.A. des jeux d’AGEOD)

Retour sur les a priori et conclusion

À l’usage, Alea Jacta Est s’avère réellement prenant. Il est complexe exigeant, on l’apprécie mieux après quelques lectures, et, l’expérience et la connaissance venant, on l’apprécie de plus en plus. Le seul vrai reproche que je puisse lui faire est le manque de documentation de certains mécanismes, qui nécessitent de nombreux échecs pour être compris et optimisés. Depuis le lancement commercial, le forum d’AGEOD offre de plus en plus d’informations, et le joueur avide de chiffres commence à disposer d’une base de connaissances intéressante.

 

Rapport de combat (bataille de Jerusalem).

Rapport de combat détaillé (bataille de Jesuralem).

Revenons donc sur nos a priori supposés. Primo, le joueur féru d’histoire romaine aura un réel avantage. Secundo, la période choisie est relativement grand public, donc accessible aux néophytes. Tertio, le jeu est complexe mais pas compliqué. Il y a beaucoup de paramètres et de règles à prendre en compte, mais les actions sont pour la plupart intuitives. L’ergonomie très réussie simplifie énormément le travail. Quarto, l’expérience utilisateur s’avère être une des meilleures que j’ai pu pratiquer sur des jeux complexes équivalents.

Au final, Alae Jacta Est s’avère un jeu exigeant à la réalisation soignée, dont l’ergonomie exceptionnelle atténue la difficulté des premières heures, et exalte un intérêt et un plaisir croissant avec l’expérience. Si vous êtes à la recherche d’un premier wargame historique à un prix très raisonnable (20 €), ou passionné par l’histoire de Rome, dépassez vos préjugés et Alea Jacta Est saura vous captiver.

  • Interface et graphismes très réussis.
  • Jeu très riche, complexe mais qui reste intuitif à l’usage.
  • Nombreuses variations historiques mais toutefois cohérentes avec la période.
  • Pour les passionnés plusieurs scénarios bonus (DLC) et une extension sont prévus.
  • Excellent rapport qualité / prix.
  • Quelques lacunes dans la documentation et une prise en main exigeante.
  • Une connaissance de l’histoire romaine facilite le jeu. Sinon c’est l’occasion d’apprendre.
Infos pratiques

Site officiel : www.aleajactaest-game.com

Distributeur / éditeur et développeur : Slitherine – Matrix Games / AGEOD.

Date de sortie : 22 septembre 2012

Une démo est disponible sur le site officiel. Elle permet d’essayer un scénario, certains mécanismes étant toutefois bridés.

Vous trouverez dans le forum officiel du jeu plusieurs cartes stratégiques correspondant à chacun des scénarios.

Prix : 20 euros, en téléchargement.

Vincent R. (Vcube)

Jeux préférés : UFO aftershock, Spectromancer, Armageddon Empires, Wesnoth, Dominions 3

17 réponses pour Alea Jacta Est : Insociabile regnum, le pouvoir ne se partage pas

  1. Tadam 30 septembre 2012 at 7 h 49 min

    Honnêtement c’est l’un des jeux Ageod les plus facile à aborder pour un nouveau joueur. C’est autrement plus facile de commencer avec celui-là qu’avec Pride of Nation lol. Super jeu, je le recommande.

  2. PierroF26 30 septembre 2012 at 10 h 06 min

    Pas d hésitation, il faut se lancer. Il y a une véritable excitation à découvrir la résolution d un tour face à un joueur. Fan des jeux Ageod, le moteur AGE est aussi robuste qu’adaptable à d’autres périodes. Donc la prise en main est rapide par la suite. Longue vie à AGEOD.

  3. Vadim 30 septembre 2012 at 15 h 10 min

    Tout de meme, « une guerre civile americaine  » et  » un monarque prussien meconnu » c est y allez un peu fort :-) Frederick II et la Guerre de Secession doivent etre assez familier aux yeux d un wargamer – meme si Rise of Prussia etait venu comme une surprise. Revenons a nos moutons : je trouve la chaine de commandement de AJE tres simple – peut etre trop meme – elle est en fait une reprise de celle de Birth Of America. J aurais aime voir celle de Rise of Prussia mais tant pis ( pt etre a cause de la difference de contexte historique), AJE reste un excellent jeu qui me semble promis a un bel avenir. Je n ai pas joue a PON ( Pride of Nati)car il a l air sans fin et assez lourd, je n ai pas assez de temps. AJE en revanche est assez accessible tout en etant complexe – immersion historique reussie – et m a l air adapte a tous. Un grand bravo a AGEOD, j attend le DLC Birth of Rome avec impatience !

  4. Jojo le Gouffy 1 octobre 2012 at 12 h 09 min

    une question.
    est-il possible de faire toute la période ?
    une autre
    quelle est la durée moyenne des scénarii ?

    • Vcube 1 octobre 2012 at 17 h 52 min

      @Jojo
      1 tour = 1 mois,
      un scenario s’étend sur plusieurs années
      Il n’y a pas de campagne, chaque scénario est indépendant
      Pour jouer un tour, tout dépend du temps de reflexion que l’on s’accorde, de 5 mn à 2 heures… typiquement 15 minutes, mais ça doit être très variable d’un joueur à l’autre

  5. Gloo 1 octobre 2012 at 17 h 39 min

    Je précise que je découvre à l’instant la démo de ce titre prometteur donc mon opinion demeure très superficielle :)

    « Rome bénéficie d’un capital d’intérêt supérieur… » Mouais, perso j’aurais aimé pouvoir incarner un résistant germain sur le Limes ou le chef d’une tribus celte. César ou Pompée c’est sympa mais au moins « Total war » permettait de goûter aux invasions barbares ou aux guerres puniques. J’attends avidement une extension dans cette veine.

    AJE semble toutefois être un jeu intéressant et ce test le montre bien. Les illustrations sont bien choisies ! Je partage l’avis du testeur à propos du didacticiel ; un point faible des jeux AGEOD, selon moi. C’est d’autant plus regrettable que leurs titres sont loin de la simplicité d’un RTS. Personnellement j’apprécierais qu’ils fassent un effort sur ce point. Qu’ils renouvellent aussi certains aspects de l’interface, comme les écrans d’option, par exemple. Reste que le grand livre -remarquable- devrait faire gamberger les gars de chez Paradox… Point noir à mon goût, comme précisé ici, les toponymes historiques. Quelle mauvaise idée de ne pas les proposer optionnellement. Cela complexifie inutilement un jeu déjà très exigeant pour les novices (pour moi aussi :) ).

    • Vadim 2 octobre 2012 at 3 h 47 min

      La premiere extension prevue s intitulera Birth of Rome donc il y aura les guerre puniques :) je crois que c est ce que tout le monde attend. A prevoire, Pyrhuus d Epire aussi. Plutot que commence par ca – clairement le plus connu – Ageod a fait l inverse. Ceci dit j espere aussi une autre extensions sur les invasions barbares,ca promet. On pourrait aussi penser aux campagnes contre les germains sous Auguste, y aurait de quoi faire. Pour ce qui est de la prise en main elle est relativement facile, rien a craindre.

      • Bertrand 2 octobre 2012 at 17 h 34 min

        Les invasion barbares c’est un thème que connait bien Ageod. Une bonne extension sur le sujet semble complètement dans le domaine du possible (voir ce dossier pour ceux qui ne connaissent pas Les grandes invasions : http://www.wargamer.fr/the-yellow-chronicles-un-aar-pour-les-grandes-invasions/)

        • Vadim 4 octobre 2012 at 9 h 36 min

          Certainement, apres ce sera a la suite de Birth of Rome qui est deja annonce – le jeu compte deja des slots pour les elephants par exemple ! Pour les invasions barbares le travail est plus long, les modifications plus profondes, mais c est un second DLC qui s impose de lui-meme. Vu que le jeu a l air de trouver son public tout devrait bien se passer.

          • Gloo 5 octobre 2012 at 19 h 41 min

            Chic, j’achète ! ;)

  6. Vcube 1 octobre 2012 at 18 h 02 min

    @Gloo, ça doit pas être évident de trouver un nom actuel avec des frontières de régions qui ne collent pas, j’ai regardé pour les coins que je connais bien, ça ne colle pas. Et il y a ctrl^f pour trouver les régions.

    • Gloo 5 octobre 2012 at 19 h 35 min

      Tu veux dire que les régions n’ont pas de noms français actuels équivalents ? Certes mais par exemple dans les éditions françaises de bouquins comme « La guerre des Gaules » (Flammarion), pour citer un ouvrage bien diffusé, on trouve des toponymes correspondant aux tribus celtes occupant ces régions, ce qui me semble plus « parlant » (au moins pour notre pays mais c’est un point de vue personnel, je l’admets). Certains choix me semblent discutables ; qu’est devenue la région vannetaise occupée par les vénètes, entre autres (alors qu’on trouve, curieusement, une Venetum Mare (sic) adjacente). Sur une carte supposée restituer l’environnement ayant servi de cadre aux guerres de César contre les « gaulois », je trouve curieux de ne pas retrouver certaines régions habitées historiquement par des tribus éponymes (Aremorica, Veneti ou Arverni, pour n’en citer que quelques-unes). C’est du pinaillage mais ça continue de me troubler :)

  7. Cordell 2 octobre 2012 at 16 h 04 min

    Bel article, j’ai retrouvé dans les impressions de l’auteur celles qui furent les miennes en découvrant BOA, le premier de la série, il y a longtemps déjà. Je suis depuis un fidèle de la gamme. Il faut se garder je pense de la comparaison avec la série les total war qui ne saurait être que superficielle (les objectifs ludiques sont très divergent)ou des Paradox résolument orientés bac à sable. Avec AGEOD c’est la simulation de contraintes opérationnelles crédibles qui priment sur la volonté de tout contrôler et tout optimiser; le plaisir que le joueur peut attendre de ces jeux sera donc radicalement différent. Pour autant les jeux Ageod, particulièrement AJE demeurent très accessibles au regard de la richesse et de la profondeur qu’ils procurent. Il est tout à fait possible de connaitre une expérience satisfaisante en ne maitrisant pas la totalité des mécanismes dans le détail, et d’apprendre petit à petit. Toutefois l’opacité de certains mécanismes ne sera pas forcément levée même après des années de pratique, il faut en prendre son parti, ainsi il arrive parfois que le résultat de certaine bataille me surprennent encore. Mais la logique permet dans 90% d’appréhender dignement une partie (importance de la cohésion, supériorité tactique de la défense sur l’attaque, ravitaillement abondant…). Bref toute personne intéressée par des simulation grand stratégique fine et historiquement crédible devrait jeter un oeil à des jeux qui ont le mérite de bénéficier d’interfaces particulièrement agréables.

  8. Xavier / Ektor 6 octobre 2012 at 15 h 39 min

    Merci pour le test, j’etais justement en pleine hesitation :)

  9. Yan 7 octobre 2012 at 20 h 16 min

    Si je lis bien, ça reste compliqué, mais c’est néanmoins plus facile à prendre en main que les jeux précédents ?
    J’avais testé Rise of Prussia au moment de sa sortie et, même dans les tutoriaux, j’arrivais à me perdre tant le système de jeu m’apparaissait opaque. Du coup, j’hésite à m’offrir Alea Jacta Est (il faut dire que le facteur principal pour lequel il m’intéresse est le moteur Age, dont le capital eye candy est en lui même largement suffisant pour me faire craquer).
    Pour vous situer un peu où j’en suis, je ne suis pas un débutant dans l’univers du wargame, mais j’avoue ne jamais avoir poussé bien loin : les jeux les plus complexes auxquels j’ai joué pourraient être Panzer Corps et Unity of Command. Depuis un moment, je cherche une alternative hors de la Deuxième Guerre, qui est loin d’être un contexte qui me passionne. J’ai fait quelques batailles sur Commander Napoleon at War mais il me semble qu’il n’est pas non plus réputé pour sa complexité.

    • Gloo 8 octobre 2012 at 8 h 17 min

      Compliqué n’est pas le mot juste. Comme les autres jeux AGEOD basés sur le même moteur, que j’ai pu essayer (American civil war et Birth of America 2), c’est plutôt la multiplicité des points de règle qui représente une difficulté. Cela n’empêche toutefois pas de se lancer dans une partie rapidement ; l’acquisition de l’ensemble des règles vient avec le temps, au fil des parties, comme c’est le cas avec tous les wargames dignes de ce nom. La meilleure solution est de télécharger la démo et de prendre le temps d’apprivoiser la chose. L’avantage étant que les petits scénarios permettent d’avoir une vision précise des buts à atteindre, ce qui n’est pas vraiment le cas lorsqu’on débute sur une campagne historique dont on ne sait pas grand-chose.

    • Vadim 9 octobre 2012 at 5 h 51 min

      En fait je suis moi meme peu habitue des grands mille-feuilles a la Garry Grisby et je trouve le moteur AGEOD…plutot intuitif. Ce qui ne veut pas dire que je gagne a tout les coups loin de la. Je n ai pas encore acheter ROPrussia mais je vais le faire bientot car avec les patchs il est brillant. Pour ce qui est d AJE il est plus proche de Birth of America, autrement dit il est plus simple dans le maniement de la chaine de commandement par exemple, ainsi que du ravitaillement. Il ne faut juste pas oublier de construire les depots et l importance des ports :) Aussi le controle militaire/ loyaute de la population est important et me semble logique, comment recruter – en plus dans un contexte de guerre civile, si encore c est un ennemi exterieur.. – dans une province qui ne vous est pas fidele ? En dehors de ca le reste est « logique » sans etre « simpliste » donc ca va. Le premier patch sort bientot par ailleurs, d ici une deux semaines max je crois, donc tu peux y aller.

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