Test de John Tiller’s Campaign Series

Par  | 28 août 2013 | 7 commentaires | Rubrique(s) : Tests et préviews | Jeu(x) / Editeur(s) : ,

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Retour sur un jeu dont le site de Matrix indique une sortie en Juin 2007, mais qui, attention, est en fait une compilation de wargames déjà publiés par Talonsoft il y a une bonne dizaine d’années. Ce florilège tient-il encore la route de nos jours ?

Récapitulons. De 1998 à 2000 Talonsoft publie trois titres accompagnés de diverses extensions dans la série nommée Campaign. Les jeux sont plutôt bien reçus, mais n’empêchent pas Talonsoft d’être racheté début 2000 puis fermé en 2005. La même année, à la plus grande joie des wargamers (voir cet interview sur The Wargamer) Matrix achète alors les droits de Talonsoft puis rassemble et publie tous les jeux WW2 de la série Campaign sous le nom John Tiller’s Campaign Series.

Et quand Matrix décide de publier une compilation, l’éditeur américain ne fait pas dans la demi-mesure :

  • West Front plus son extension Sea Lion
  • East Front II plus son extension Fall Of The Reich
  • Rising Sun plus son extension Imperial Strike

Seul manque à l’appel le titre Divided Ground : Middle East Conflict, sur les conflits israelo-arabes, mais on n’y perd apparemment pas au change, le jeu ayant été à l’époque mal reçu du fait d’une pléthore de bugs et de manque de finition.

Gameplay

John Tiller’s Campaign Series est un wargame se jouant au niveau tactique et qui propose de diriger des batailles à l’échelle du peloton, le tout en tour par tour IGOUGO (un tour étant égal à 6 minutes de temps réel). Il se présente sous la forme de cartes en vue isométrique 2D, divisées par des hexagones représentant chacun 250 mètres. La vue de base est rapprochée mais cinq vues différentes sont proposées, pour bien apprécier le champ de bataille.

Chaque unité reçoit 100 points d’actions à chaque tour, qu’elle peut utiliser pour bouger, tirer ou monter à l’assaut d’une position. Différentes caractéristiques lui sont également attribuées : Moral, Défense, Assaut, Force.

Ce peloton russe type 1938 a 6 points de force (chaque point représente une demi escouade). Notez les informations de terrain en dessous.

La valeur Moral représente la valeur maximale que le joueur peut tirer au dés (virtuels) pour sortir d’un état de suppression ou regagner des points de moral. La valeur Défense sert à déterminer si une attaque a eu un quelconque effet. Quant à la valeur Assaut, elle permet de conduire des attaques qui délogeront une unité ennemie d’un hexagone.

Selon sa propre valeur Assaut, la valeur de Défense de l’adversaire, le Moral des deux parties plus les points de Force respectifs, l’attaque sera plus ou moins réussie. Heureusement une fenêtre (voir capture d’écran ci-contre) nous permet de déterminer à l’avance les chances de réussites d’un assaut, pour éviter de mener des charges perdues d’avance.

Au final, le but du jeu, selon le scénario, est soit de capturer des objectifs qui valent un certain nombre de points, soit de détruire certaines ou toutes les unités ennemies, soit de sortir de la carte. Pour cela, le joueur aura à sa disposition de l’infanterie, des blindés, des soutiens sous la forme de mortiers ou de mitrailleuses, plus de l’artillerie ou encore des attaques aériennes.

Un système d’approvisionnement est aussi pris en compte, et il faudra veiller à ce qu’une unité ne soit pas isolée car elle tomberait vite à court de munitions. Autre point important, les lignes de vues sont prises en compte et une utilisation judicieuse des fumigènes pourra faire pencher la balance en faveur du joueur.

L’intelligence artificielle remplie correctement sa fonction sans pour autant remplacer un vrai joueur. Elle pourra tenter de vous contourner pour trouver un point faible ou utiliser des fumigènes avant une charge, mais pourra également dépenser tout ses précieux points d’actions pour détruire un half-track vide ou garder des troupes en réserves alors qu’un besoin urgent se fait sentir au front.

La gestion des points, plus celle des lignes de vue et une IA qui vous donnera parfois du fil à retordre, font que les possibilités tactiques du produit sont intéressantes et variées. Le jeu peut en outre se jouer seul ou en multijoueur, en temps réel en TCP/IP ou en PBEM (par e-mail). Particularité à retenir, une partie peut accueillir si besoin jusqu’à 16 joueurs !

Graphismes et sons

Les graphismes ne sont pas le point fort du jeu. En 2D isométrique, ils sont souvent brouillons et il est parfois difficile de distinguer ses unités dans le fouillis de la jungle ou les ruines de Stalingrad. Heureusement, une option “Socle” permet de mieux les apercevoir. Les animations sont quand à elles minimales mais font leur travail.

La besogne a toutefois été conséquente chez les développeurs et l’on reconnaitra facilement à l’oeil un T34 ou un peloton de panzer-grenadier. Les détails sont présents, ainsi un officier japonais aura son sabre de samouraï et un officier russe sa bouteille de vodka (humour). On apercevra même sur certains scénarios des bâtiments particuliers comme le silo à grain de Stalingrad (voir ci-dessous) ou le clocher de Sainte-Mère-Église. Il faut quand même reconnaitre que les décors peuvent parfois être agréable à l’oeil, dans le style volontairement simpliste et old school que permet la 2D.

Ce type de détails donne du cachet historique aux scénarios proposés.

Finalement, les sons remplissent leurs fonctions, sans évidemment atteindre la qualité d’un Company of Heroes. Le jeu est également agrémenté de musiques d’époque pas désagréables, qui contribuent à nous mettre dans l’ambiance.

Contenu

Exhaustif, c’est le mot qui caractérise le mieux John Tiller’s Campaign Series. En effet, tous les conflits de 1936 à 1945 sont reproduits. Guerre d’Espagne, guerre Sino-Japonaise, guerre d’Hiver, Pologne, France, Barbarossa, Afrique, etc… Sont même présentes des batailles hypothétiques comme l’opération Seelöwe (plan d’invasion de la Grande-Bretagne par l’Allemagne) ou un débarquement japonais sur la côte Ouest Américaine.

Le matériel militaire est aussi très varié : blindés, infanterie, avions, bateaux, kübelwagen et autres barges de débarquement, tout ce qui a servi à un moment ou à un autre sur un théâtre d’opération de la Seconde Guerre mondiale est représenté. Le patch 1.03 a même ajouté la possibilité, qui atteint quand même vite ses limites, de contrôler des avions ou des vaisseaux de guerres, plus une liste interminable de nouveautés (pontons, cavaleries, snipers, ingénieurs pour enlever les carcasses de blindés, etc…).

Il existe pour tout ce matériel un guide accessible en jeu qui donnera les caractéristiques plus un petit historique de l’unité, fonction non négligeable pour tout passionné d’histoire. Le joueur pourra ainsi essayer tout cet armement au travers de nombreuses campagnes, qui tiendront compte des performances sur une carte lorsque l’on enchaine avec la suivante. Est également inclus 350 scénarios (!), dont une liste exhaustive se trouve en suivant ce lien.

En comptabilisant les théâtres d’opérations divers, le matériel, les campagnes, les très nombreux scénarios proposés et le multijoueur, on peut se dire qu’on en a presque pour une vie entière avant d’en avoir fini avec cette compilation. D’autant plus que si le contenu de base venait à ne pas suffire, un éditeur de scénario est inclus, en plus d’un générateur de mission.

5 différentes représentations de la carte.

L’assaut a de bonnes chances de réussite.

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Les objectifs sont représentés par des cases orangées.

L’option socle, aux couleurs du pays, est ici activée.

Parfois, sous certaines conditions, le jeu est presque beau...

Parfois, sous certaines conditions, le jeu est presque beau…

Ce genre d’informations est présent pour toutes les unités.

De la guerre d’Espagne …

… en passant par Koursk, tout y est !

… au débarquement de Peleilu …

Die Wacht am Rhein.

Pour conclure

John Tiller’s Campaign Series est à mon sens un jeu à ne pas rater. Si vous pouvez faire abstraction des graphismes vieillots et d’une difficulté parfois accrue (certaines missions du didacticiel peuvent être très difficiles), vous aurez accès à une mine vidéoludique inépuisable. Pour la somme de 27 € en téléchargement, Matrix Games propose une variété de scénarios et de situations qui est peut-être seulement comparable par sa diversité à The Operational Art Of War III (aussi de Talonsoft, et aussi proposé par Matrix). Il pourra alors principalement être reproché au jeu l’absence de possibilité de classer les scénarios par date ou zone de conflit, seul un classement par difficulté étant prévu. J’ai pu également constater quelques crashs sur un scénario de West Front, mais les bugs restent quand même rares.

  • Tous les fronts de la Seconde Guerre sont présents.
  • Tout le matériel de la Seconde Guerre est présent.
  • Grand nombre de scénarios, de campagnes, et un générateur de missions.
  • Graphismes qui ont vieillit.
  • IA parfois moyenne.
  • Pas assez de moyen de classer les scénarios, dur de s’y retrouver vu leur nombre.
Infos pratiques

Sortie : 5 juin 2007

Studio / éditeur : Talonsoft / Matrix

Site web : fiche du jeu chez Matrix.

Prix éditeur: 27.99 € (HT) en téléchargement, 35.99 € pour une version en boîte (inclut également une version en téléchargement)

Vous pouvez acheter John Tiller’s Campaign Series dans notre boutique partenaire en suivant directement ce lien.

Olivier S. (Potemkine)

Jeux préférés : Combat Mission, Hearts of Iron, Stalker, Jagged Alliance 2

 

7 réponses pour Test de John Tiller’s Campaign Series

  1. lannes 28 août 2013 at 7 h 54 min

    J’adore cette série, j’ai toujours été un grand fan de ces jeux même s’ils sont un peu vieillissant.

  2. potemkine 28 août 2013 at 8 h 10 min

    Si tu veux faire une partie je suis partant!

    • Shastar 28 août 2013 at 9 h 35 min

      Cette compilation est parfaitement compatible avec Windows 7 ? Quand j’étais plus jeune, j’avais pu jouer à East Front qui m’avait, à l’époque, laissé une bonne impression.

    • lannes 28 août 2013 at 19 h 47 min

      Je suis en vacances des que je suis rentré je te recontacte

  3. potemkine 28 août 2013 at 9 h 44 min

    Je suis sur win 7 et j’ai eu aucun problème. Certains utilisateurs ont mentionné des problèmes sur Vista je crois mais il suffit apparemment de mettre les exécutables en comptabilité windows xp pour que ça fonctionne.

  4. RouquinMalin 4 décembre 2013 at 14 h 57 min

    Savez-vous s’il existe un manuel en français et si oui où on peut-on le trouver ?

    • potemkine95 4 décembre 2013 at 18 h 04 min

      Non, à ma connaissance il n’existe pas de traduction de manuel.

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Commentaires

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