Test de Scourge of War – Gettysburg

Par  | 26 juillet 2012 | 4 commentaires | Rubrique(s) : Anciens tests, Guerre Civile Américaine | Jeu(x) / Editeur(s) : ,


Héritier de la très appréciée série Take Command du studio Mad Minute Game dans lequel le fondateur de NorbSoftDev, Norb Timpko, officiait auparavant, Scourge of War : Gettysburg reprend le flambeau des simulations tactiques en temps réel dédiées à la guerre civile américaine et y rajoute une fonction de poids : le multijoueur. Fan de la période, vous allez peut-être enfin pouvoir ranger votre bon vieux Sid Meier’s Gettysburg sur l’étagère.

Un manuel et des tutoriels complets

Comme son nom l’indique fort bien, cette première réalisation du studio NorbsoftDev propose de vous faire revivre à travers 20 scénarios (12 pour l’Union, 8 pour la Confédération) les affrontements de la plus sanglante des batailles ayant eu lieu durant la guerre de Sécession sur le sol américain : Gettysburg.

Première satisfaction, pour peu qu’on ait cœur à ouvrir le manuel avant de se précipiter sur le jeu, le débutant est chaleureusement accueilli. Le manuel de 113 pages est particulièrement complet et bien illustré par des captures d’écran.

Les tutoriels sont vivement recommandés pour maitriser au mieux le système de commandement et de combat propre aux différents niveaux d’armée, à savoir, la conduite de régiments / brigades / pièces d’artillerie / divisions et corps.

20 scénarios et du modding

Agencés de manière semi-indépendantes, les pertes étant reportées d’un scénario à l’autre. Les scénarios se suivent de manière chronologique, impossible de passer directement au 3 juillet sans jouer au préalable les affrontements des 1 et 2 juillet. Il n’y a malheureusement pas de campagne propre à un camp, certains scénarios vous font jouer l’Union, d’autres la Confédération.

Les scénarios sont en majorité historiques, et quelques ‘What if / Et si’ viennent agrémenter le tout. Tous les scénarios se présentent sous la forme classique d’objectif(s) à prendre ou tenir pendant un laps de temps déterminé et sont conçus pour être joués à tous les niveaux de commandement (brigade, division ou corps). Si quelques évènements scriptés (mort de Reynold par exemple) viennent renforcer le chrome historique de l’ensemble, aucun n’empiète sur la liberté d’action du joueur.

Les cinq tutoriels fournis offrent suffisamment de challenge pour intéresser le joueur tout au long du parcours.

Mes scores sont minables ? Normal, les scénarios étant liés, pour avoir accès à tous les scénarios directement je suis passé par un mod.

Bac à sable, estafette et commandement

Le mode bac à sable (sandbox) intégré au jeu permet de piocher dans les ordres de bataille pour jouer, en solo ou en multi, sur une des 4 cartes couvrant Gettysburg plus une carte Kansas équilibrée pour le multijoueur. Largement ouvert aux mods, le kit de développement (SDK) à permis aux joueurs de créer un outil pour modifier les ordres de bataille des deux camps et de nouveaux scénarios commencent à voir le jour sur le forum officiel. Seule restriction officielle actuelle : l’impossibilité de créer de nouvelles cartes.

Vous vous rêvez général respecté et omniscient ? Abandonnez. Si cela reste possible aux niveaux de difficultés inférieurs, l’intérêt principal de Scourge of War Gettysburg n’est pas là. Le jeu ambitionne de vous imposer les contraintes vécues par les généraux de l’époque : maitriser au mieux la situation chaotique du champs de bataille.

Au fil des sept niveaux de difficultés la liberté de votre caméra se retrouvera de plus en plus restreinte, la carte deviendra de plus en plus muette sur les position exactes de l’ennemi et de vos unités. Mieux (ou pire selon les joueurs), la chaine de commandement abandonnera le clic divin sur le terrain au profit d’un système de courrier d’ordre à rédiger et à transmettre par estafette.

Arrivé à ce stade, vous vous surprendrez de nombreuses fois à croiser les doigts pour que l’estafette qui porte vos précieux ordres ne rencontre pas une balle perdue ou quelques unités ennemies sur son trajet. Autant vous avertir, au fur et à mesure que la difficulté croitra, votre frustration risque de croitre également !!! Il vous sera difficile de constater combien la qualité de vos subalternes est fluctuante dans le respect et la rapidité d’exécution de vos ordres alors que d’un clic omniscient ça fait longtemps que vous l’auriez pris de flanc ce satané régiment confédéré. Sans compter que, même si ça s’améliore au gré des patchs, le calcul des chemins par l’IA et le positionnement des unités sont parfois… déroutants.

Mais c’est le prix à payer pour apprécier au mieux un jeu exigeant. Peu à peu la géographie de Gettysburg vous paraitra familière, Devil’s Den, McPherson’s Ridge, Cemetery Hill, Culp’s Hill deviendront des noms communs. L’ordre de bataille des deux camps n’aura plus de secret pour vous et ressemblera bientôt à un album de famille. Et là aussi, prudence, car il est des familles où il vaut mieux distinguer rapidement fils prodigues et canards boiteux…

Au niveau Corps le mode de difficulté ‘Historique’ n’est pas réellement praticable pour le moment. La faute en revient au manque de messages de retour des unités qui ont reçu nos ordres. Inutile d’ordonner à la cavalerie d’aller tester tel ou tel endroit de la carte si elle ne peut pas renvoyer une estafette avec un message décrivant ce qu’elle observé. Ce manque devrait être corrigé dans les prochains patchs.

Sous les regards sidérés du 16th Michigan, le 20th Maine de Chamberlain charge les sudistes et les mettra en déroute.

Entre le Colonel Vincent et son collègue Tilton qui choisiriez vous pour tenir l’extrémité de votre flanc gauche ?

Un système d’ordre riche avec de nombreuses combinaisons possibles, dommage que la mini carte ne soit pas disponible dans l’interface.

Multijoueur, graphisme et activation

Le multijoueur permet un jeu coopératif et compétitif, chaque participant choisissant le commandement qu’il désire assumer. Excepté la puissance du serveur hôte et la qualité de connexion, il n’y a pas réellement de limite au nombre de joueurs que le jeu peut supporter. Des partie à 12 joueurs (voir plus !) sont recensées sur le forum officiel. Seul problème à mon niveau, les joueurs étant principalement américain, le décalage horaire m’a empêché de tester un mode de jeu qui est sans conteste un point fort de Scourge of War Gettysburg et qui allonge considérablement sa durée de vie.

A une époque où la 3D règne en maitre sur le jeu PC, Scourge of War Gettysburg et ses graphismes 2D fait au mieux figure d’OVNI, au pire donne l’image d’un ‘vieux truc’.

Il faut pourtant saluer un choix de conception qui a permis au studio de tenir ses délais et de se concentrer sur le contenu historique du jeu, la représentation méticuleuse de l’immense terrain de bataille en étant un des meilleur exemple. Ce choix technique de la 2D a de plus le mérite de permettre au moteur de jeu de gérer les milliers d’unités et la taille de carte nécessaires à la retranscription de la bataille sur un PC modeste. En moyenne 1 fantassin à l’écran représente 4 fantassins de l’effectif, les plus grosses batailles engageant de nombreuses divisions de chaque côté cela donne un impressionnant champ de bataille.

Le système de protection choisi par le studio est un sujet plus délicat qui doit néanmoins être abordé. Vous pouvez installer le jeu sur votre PC fixe, votre portable et d’autres postes mais pour être valide un poste doit être activé/désactivé via Internet. Impossible d’activer un nouveau poste si l’ancien n’a pas été désactivé. Outre que cela nécessite un accès Internet sur tous les postes, si votre disque dur crashe ou votre portable est volé avec votre copie activée seul un mail argumentant de votre bonne foi auprès du studio peut arranger l’affaire.

Les troupes du colonel Vincent déployées sur Little Round Top subissent la pression des sudistes.

Conclusion

Clairement, pour un amateur du conflit et plus particulièrement de la bataille de Gettysburg, au niveau tactique il n’y a pas mieux. La topographie précise du champ  de bataille, l’historicité des unités, le système de commandement, la description de l’équipement et les ordres de bataille ne trouvent pas d’équivalent. Visionner Gettysburg en film et ensuite se replonger dans le jeu donne le tournis tant l’ambiance est au rendez-vous. Si des problèmes de positionnement et de calcul de chemin existent bien ils ne sont pas rédhibitoires et les développeurs publient régulièrement des bêta patchs pour tenter de corriger les manques.

  • Historicité et ambiance de l’ensemble
  • Taille du champ de bataille
  • Mode multijoueur
  • Calcul des chemins et positionnement pas toujours avisé
  • Pas de campagne
  • Système d’activation/désactivation
Infos pratiques

Date de sortie : 28/03/2010.

Prix éditeur : désormais 29,99 $ HTVA (en téléchargement). Disponible dans notre boutique en ligne.

Site officiel : www.scourgeofwar.com (une démo est disponible). Voir aussi le site www.norbsoftdev.net pour des informations sur le développement.

Jeu disponible uniquement via le site du développeur. Configuration minimale recommandée : processeur Core 2 1,65 Ghz, 2 Go de RAM, carte graphique 256 Mo ou supérieur avec compatibilité DirectX 9.0c, 2 Go d’espace disque. Testé dans de bonnes conditions, détails maximum, sur Dual Core 2,4 ghz, 2 Go de Ram, Nvidia GT 9800 512 Mo.

NDLR : article initialement paru sur le site de Cyberstratège en 2010. A noter que le jeu a depuis été patché et à reçu deux extensions : Pipe Creek Map Pack et Antietam Battle Pack.

Lafrite

Jeux préférés : Field of Glory, Formule dé, Blood Bowl, King's Bounty Armored Princess

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4 réponses pour Test de Scourge of War – Gettysburg

  1. Li-An 29 juillet 2012 at 13 h 52 min

    Pas de commentaire ? Je me rappelle avoir beaucoup joué sur le jeux de Sid Meier qui traîne toujours quelque part.

    • Curial 15 janvier 2013 at 12 h 11 min

      Je souhaiterais tester un jeu de cette série, mais je ne sais pas par lequel commencer : Gettysburg ou Chancellorsville, qui est un stand-alone ? Le premier me tente, surtout qu’il est indispensable pour jouer à des extensions (Antietam), mais me semble plus « big » que le second.
      Un avis ?

      • Shastar 15 janvier 2013 at 12 h 55 min

        Si tu veux tester, le dernier (Chancellorsville) qui est un stand-alone, me semble plus intéressant. Des scénarios pas trop longs, le jeu optimisé et un mode de bataille sandbox qui augmente la rejouabilité etc … Rien ne t’empêche de prendre par la suite Gettysburg si le jeu te plaît.

        • Curial 15 janvier 2013 at 22 h 57 min

          Merci du conseil.

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Commentaires

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