Afin de mieux illustrer notre récent test de l’extension No Surrender, nous vous proposons deux récits de parties, l’un ici avec la Chine nationaliste et l’autre avec son homologue communiste. Il s’agit de compte-rendu assez courts, de manière à balayer rapidement les possibilités offertes par le DLC. En termes de jeu, ce sont des parties assez difficiles, qui durent longtemps et tiennent bien en haleine le joueur. Les possibilités et branches étant nombreuses, on gardera à l’esprit qu’il s’agit là de quelques voies explorées, d’autres peuvent être tentées par le joueur.
Captures d’écrans 1 à 4
Alors que débute le jeu, en janvier 1936, la Chine vit toujours dans les conséquences de la fin de son Empire millénaire, en 1911. Le pays a connu d’intenses vagues de profondes déstabilisations, dont ont profité certain de ses puissants voisins, comme le Japon. Ce dernier, qui s’est emparé du nord en 1931, suit d’ailleurs un processus qu’il a entamé en 1895 avec la conquête de Taïwan. La Chine historique est donc divisée, affaiblie et même morcelée en deux voire trois principaux camps. L’un d’eux, qu’on jouera ici, est représenté par l’option dite « nationaliste », qui suit les préceptes du penseur et homme politique Sun Yat-Sen, désireux de redonner une place à son pays sur la scène internationale et le débarrasser des influences étrangères, sans pour ayant verser dans le communisme.
Ce camp a connu de nombreux conflits internes entre 1925 et 1936 et, à cette date, est à peu près stabilisé autour de la figure de Tchang Kai-Shek, leader qui s’appuie sur la bourgeoisie des viles de la côte est du pays. Toutefois, un réduit communiste, vaincu dans le sud, s’est reconstitué dans les montagnes du nord et tout le reste du pays historique est aux mains de « seigneurs de guerre » plus ou moins indépendants et jaloux de leur autorité ou de fantoches aux mains du Japon (Mandchourie, Mengkukuo…)
De plus, le pays reste marqué par la corruption, des matériels vieillissants, et une faible industrialisation, ce qui se traduit par d’importants malus, même si son armée est assez nombreuse. Voilà comment vous débutez la partie : avec peu d’atouts, une vingtaine d’usines et des ennemis puissants. Le joueur sait également que le Japon attaque historiquement en 1937, ce qui laisse peu de temps pour se préparer. Toutefois, le camp nationaliste est à la tête d’un front uni chinois et via les priorités nationales et cette alliance, il est possible de peu à peu subjuguer les seigneurs de guerres tout en tenant en respect l’influence communiste.
Les quelques mois de début de partie sont consacrés à cela : développer ma base industrielle, renforcer ma main d’œuvre mobilisable via les lois adéquates et m’assurer du soutien des cliques aux mains des seigneurs de guerre. La tâche est ardue : on ne peut pas lever de nouvelles divisions au début, tant le manque de matériel d’infanterie est criant, de plus, la mer étant aux mains des Japonais, il est impératif de conserver un levier d’unités sous la main, pour garder les immenses côtes en cas de débarquement ennemi.
Ces derniers se ruent sur la Chine au printemps 1937, à peu près à la date historique. J’ai choisi de concentrer l’essentiel de mon dispositif au nord, à la frontière avec leurs possessions, dans la région de Beijing. Les premiers mois ne sont pas trop difficiles, le front uni jouant à plein et le manque d’infrastructures empêche l’ennemi de progresser trop vite. Les tentatives de s’emparer de points d’appui sur la côte sont repoussées, certes avec difficulté tant je n’ai ni la maîtrise du ciel ni celle de la mer.
En avril 1938, un à peu près un an près le début de la guerre, les troupes de l’Empire du soleil levant sont ainsi contenues dans le Nord du pays, alors que je m’efforce peu à peu de réduire l’indépendance des seigneurs de guerre, sous couvert d’améliorer la défense. Diverses actions, dans l’onglet « évènements et décisions » permettent de dépenser utilement le pouvoir politique accumulé et de renforcer la défense puis, plus tard, l’attaque. On peut aussi évacuer les usines vers l’intérieur du pays, sous peine de les perdre et je conseille vivement de le faire.
De manière générale, en jouant la Chine, ou l’URSS, il faut accepter de perdre du terrain et de l’échanger contre du temps gagné. C’est une guerre d’usure, la victoire ne viendra qu’après des années. Pour le moment je ne compte donc pas rejeter mes adversaires à la mer, mais seulement tenir. J’espère que l’accumulation de petits succès tactiques permettra de renforcer mes troupes et de faire face jusqu’à l’entrée en guerre des États-Unis et des autres alliés.
Captures d’écrans 5 à 7
Quatre ans ont passé…. Une ellipse nécessaire pour se rendre compte de l’évolution des choses : un récit au jour le jour aurait été long. Là, malgré toutes mes capacités défensives, j’ai dû reculer pas à pas, comme historiquement. Le Japon s’est emparé de plus de la moitié de la Chine, a institué un gouvernement fantoche et la capitale a dû être transférée à Chongqing. Je suis passé à deux doigts de la catastrophe, mais le seuil de tolérance avant la capitulation est grand avec le pays choisi et la volonté de défense très farouche. Le joueur ne doit donc pas craindre d’accumuler les défaites, c’est même logique vu ce type de guerre.
À plusieurs reprises, face à des offensives couplées à plusieurs débarquements en même temps, j’ai même dû évacuer avec l’ordre « ligne de repli », des régions entières, les têtes de pont adverses menaçant de se rassembler et de me piéger. La décision a été difficile à prendre mais j’ai ainsi pu sauvegarder l’essentiel des divisions et l’ennemi est tombé sur des régions vides d’usines, à temps démontées. Le temps qu’il a mis a reconstituer ses lignes de ravitaillement a été utile pour peaufiner ma défense.
Ainsi, mon potentiel industriel a peu souffert et j’ai pu renforcer mon armée à l’aide de nombreux événements, décisions et priorités. Le soutien allié m’est assuré : matériel soviétique, généraux américains, troupes de Birmanie. De plus, dans cette partie, les frères ennemis communistes luttent à mes côtés contre le Japon et même plus agressivement qu’historiquement parlant : ils ont repris l’offensive et libéré une partie du territoire. Cela me soulage grandement et m’autorise à mon tour à repartir à l’assaut pour dégager la capitale provisoire. Les combats sont longs, difficiles, et ce même si mon armée a grandement progressé au niveau de la qualité du matériel comme de la doctrine.
De plus, j’ai pu annexer quelques seigneurs de guerre et prendre la main sur leurs usines comme leurs troupes, ce qui est loin d’être négligeable car les divisions sont très précieuses, surtout car l’ennemi ouvre sans cesse de nouveaux fronts. Il s’est ainsi emparé de l’Indochine et menace de me déborder par le sud, même si les troupes britanniques se joignent à moi dans cette région. La lutte est sévère et bon nombre de mes offensives sont bloquées ou suivies de contre-attaques meurtrières.
Heureusement, cette guerre épuise le Japon et l’empêche de se concentrer sur le Pacifique, où les Américains progressent peu à peu. Il faut continuer de tenir et d’espérer, bien que cette partie soit particulièrement ardue. Les Nippons s’y révèlent très coriaces et tiennent encore une bonne partie du pays en janvier 1945, même si un débarquement allié dans la région de Hong-Kong vient un peu soulager mes forces épuisées.
Captures d’écrans 8 à 10
L’ennemi se paie même le luxe de percer depuis le Tonkin et menace de renverser tout le front sud, ce qui donne quelques sueurs froides… L’impasse paraît totale quand, à ma surprise, le Japon se rend. Trop épuisé par la guerre ? Du fait d’une bombe atomique ? Nous sommes après tout début 1946 dans la partie, mais je n’ai jamais vraiment su ce qui s’était passé. Cette capitulation vient en tout cas à point nommé, car cela devenait franchement difficile de tenir.
Mon bon score de guerre permet toute fois d’espérer une paix plus que correcte : je réclame le plus de régions possibles, afin d’avoir de nombreux gages, que j’abandonne au fur et à mesure (Indochine) pour me concentrer sur la Chine historique. Le traité de Tokyo me donne raison : la Chine nationaliste récupère 31 États, soit l’intégralité des provinces occupées par le Japon et ses fantoches, ainsi que la Mandchourie, qui fait son grand retour dans le giron de Nankin.
J’ai aussi pu asseoir mon autorité sur l’essentiel des seigneurs de guerre, même si quelques-uns refusent encore de se soumettre. Il ne semble d’ailleurs pas possible d’y parvenir, via des priorités après la guerre contre le Japon par exemple, ce qui est un peu dommage.
Malgré cela, il s’agit d’une partie très difficile, mais globalement réussie. Le pays a résisté à l’adversaire, est presque réunifié et devient une puissance tout à fait respectable, même si les retards technologiques en termes d’aviation et de marine ne pourront pas être comblés. Il reste possible de maintenant se tourner vers le camp communiste, mais je ne l’ai pas tenté dans cette partie que j’estime terminée. D’autres priorités permettent aussi d’attaquer les Occidentaux, c’est à l’appréciation de chacun.
Pour plus d’informations sur No Compromise, No Surrender, voyez cette fiche sur Steam. Ainsi que les notes de développement par exemple sur le wiki officiel. Pour le second passe d’extension, dont cet add-on fait partie, voyez cette page sur Steam.






