Hearts of Iron IV – Thunder at Our Gates : la guerre du Pacifique revisitée

C’est avec un réel intérêt que j’ai vu débarquer le dernier DLC d’Hearts of Iron IV. Le vénérable jeu n’avait pas encore repris tous les pays de la zone Indopacifique et c’est justement ce que nous propose ce Theater pack disponible depuis le 11 juin dernier. Hormis quelques ajouts généraux très mineurs (le rajout d’officiers navals et de quartiers-généraux, assez anecdotiques), le contenu se concentre principalement sur trois pays : le Siam, l’Australie et les Indes néerlandaises. Le premier, jamais repris, paraît d’emblée le plus intéressant, mais je me suis penché avec attention sur les deux autres également.

Le Siam et ses ambitions

Premièrement, j’avais évoqué plusieurs fois l’idée de revoir le Siam, future Thaïlande à l’histoire complexe dans les années 1930-1940, C’est chose faite avec Thunder at our Gates, ce dont on ne peut que se réjouir. En effet, travaillé par des ambitions extérieures comme des dissensions internes, cet État-charnière dans la région promet quelques belles parties. Historiquement, après la chute de la France à l’été 1940, une guerre locale eut lieu, à la fois sur terre et sur mer, pour le contrôle de l’Indochine, avec des résultats contrastés pour les autorités coloniales restées fidèles à Vichy. La situation s’est ensuite complexifiée avec l’entrée en guerre du Japon et l’invasion par les Allemands de la zone « libre » à l’automne 1942. Il s’agit bien d’une guerre mondiale avec des soubresauts un peu partout sur la planète et si le jeu n’est pas un livre d’histoire, il peut aider à faire connaître ces fronts un peu oubliés.

Ainsi, l’extension permet de suivre l’histoire « officielle » du Siam en s’alliant au Japon et en lorgnant sur les colonies françaises et britanniques voisines, ou d’explorer des voies plus démocratiques ou encore de création de sa propre faction. On plonge avec intérêt dans les remous de la politique thaïlandaise de l’époque et on constate que le travail réalisé est à la hauteur de ce qui a été accompli pour les autres pays « mineurs ». C’est-à-dire que suivre une progression cohérente dans les arbres de priorité donne suffisamment de ressources matérielles et humaines afin de pouvoir les rendre intéressants à jouer. Certes on ne croule pas sous les divisions et sous l’industrie, mais on a de quoi réaliser quelques vraies parties. Mission accomplie !

Pour plus d’informations sur Hearts of Iron IV – Thunder at our Gates, voyez cette fiche sur Steam et les notes de développement dans le forum officiel. Pour le second passe d’extension, dont cet add-on fait partie, voyez cette page sur Steam.

L’Australie en seconde ligne

C’est aussi le cas pour le dominion d’Australie, intéressant pays à la fois en seconde ligne (son territoire a été peu touché par les combats) et partie prenante du conflit mondial avec des troupes envoyées en Afrique du Nord et bien sûr contre le Japon. Canberra avait déjà fait l’objet de reprises, notamment dans le DLC Together for Victory (voir cet article), mais cette fois-ci le contenu est plus conséquent et touche à la fois la politique, les forces armées et la logistique.

On prend ainsi un réel plaisir à faire de l’Australie une base avancée alliée dans la région, vrai porte-avion contre les ambitions de Tokyo. Ici, les anciens territoires allemands comme la Nouvelle-Guinée prennent tout leur sens et on cherchera à les fortifier et à les préparer à l’invasion qui arrive. Cela permet aussi de rappeler qu’une colonie peut à son tour exercer une domination coloniale, branche hélas peu explorée. On aurait par exemple aimé quelques priorités concernant ces territoires sous administration australienne pendant la période couverte par le jeu.

Malgré cela, rien n’empêche de retrouver l’Australie avec un plaisir neuf. Si les possibilités humaines restent limitées par la démographie, quelques priorités permettent de constituer une force terrestre adaptée, mais aussi une aviation et une marine de guerre tout sauf ridicules. L’extension offre la possibilité de jouer un pays lui aussi intéressant et prioritairement marqué par l’engagement dans le Pacifique.

Les Indes néerlandaises : un choix intéressant

Enfin, malgré quelques précédentes révisions dans le DLC Man the guns (voir ce test), la principale colonie des Pays-Bas, les Indes néerlandaises, ont été profondément reprises. Vieil ensemble dont l’origine remonte à la première colonisation, à l’époque moderne, c’est un espace ayant acquis certaines libertés mais qui reste fermement tenu au début du jeu. Historiquement, la métropole tenta d’ailleurs d’y réinstaurer l’ordre colonial après 1945, au prix de terribles combats.

On peut d’ailleurs suivre, en termes de jeu, la voie de l’indépendance ou tenter de collaborer avec le Japon. Il est aussi possible de rester fidèle à la Haye et d’essayer de tenir bon face aux futurs assauts nippons. C’est ce que j’ai ici tenté, avec succès. Les nouvelles priorités de l’arbre sont nombreuses, le système d’échange de pétrole et de latex, dont la future Indonésie est très richement dotée, contre des armes ou autres biens fonctionne sans heurts. Enfin, il est possible, en faisant les bons choix, de se doter de forces armées assez conséquentes et de poursuivre l’envahisseur après l’avoir repoussé.

On ne s’attendait pas forcément à ce pays en devenir, mais le résultat est là et permet des parties qui changent un peu et donnent envie de revenir à la longue histoire de ces territoires, assez méconnue en Europe.

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Notes

Multimédia
80 %
Interface
80 %
Gameplay
75 %

En conclusion

Multimédia : le jeu tourne bien, même en fin de partie. Mieux qu’il y a quelque temps à mon sens.
Interface : rien à redire. Il y a très peu de nouveautés qui s’intègrent à ce qui existe déjà.
Gameplay : un travail conséquent et un intérêt renouvelé pour plusieurs pays. Reste que deux d’entre eux étaient déjà très jouables en l’état.

Le contenu n’est pas que du saupoudrage, il est une vraie plongée dans un théâtre d’opérations qui est une vraie « guerre dans la guerre » et qui ne doit pas se résumer à l’affrontement entre le Japon et les États-Unis. C’est le principal intérêt de ce DLC que de le rappeler. Si on le combine avec d’autres contenus, notamment ceux concernant la Chine et les Philippines, on se retrouve face à une guerre du Pacifique autrement plus complexe et profonde qu’avant. On peut toujours, cela dit, se demander jusqu’où le studio ira, étant donné que certains États avaient déjà été en partie revus. À l’heure actuelle, après dix ans de vie, il semble bien que presque toutes les puissances qui présentent un potentiel de jeu aient été revues. Peut-être est-ce le signe qu’il est temps de passer à un cinquième volet ?
<b>Multimédia</b> : le jeu tourne bien, même en fin de partie. Mieux qu’il y a quelque temps à mon sens.<br /> <b>Interface</b> : rien à redire. Il y a très peu de nouveautés qui s’intègrent à ce qui existe déjà.<br /> <b>Gameplay</b> : un travail conséquent et un intérêt renouvelé pour plusieurs pays. Reste que deux d’entre eux étaient déjà très jouables en l’état.<br /><br /> Le contenu n’est pas que du saupoudrage, il est une vraie plongée dans un théâtre d’opérations qui est une vraie « guerre dans la guerre » et qui ne doit pas se résumer à l’affrontement entre le Japon et les États-Unis. C’est le principal intérêt de ce DLC que de le rappeler. Si on le combine avec d’autres contenus, notamment ceux concernant la Chine et les Philippines, on se retrouve face à une guerre du Pacifique autrement plus complexe et profonde qu’avant. On peut toujours, cela dit, se demander jusqu’où le studio ira, étant donné que certains États avaient déjà été en partie revus. À l’heure actuelle, après dix ans de vie, il semble bien que presque toutes les puissances qui présentent un potentiel de jeu aient été revues. Peut-être est-ce le signe qu’il est temps de passer à un cinquième volet ?Hearts of Iron IV - Thunder at Our Gates : la guerre du Pacifique revisitée