Pour mon premier test j’ai décidé de m’intéresser à l’une des dernières productions de l’éditeur HPS : The Renaissance. Premier et unique opus de ce qui semblait en 2009 être une nouvelle série devant couvrir la période historique moderne, de la première partie du XVème siècle jusqu’au siècle des Lumières, Musket and Pike nous plonge dans les batailles du XVIème siècle. C’est le cadre du « Siècle d’Or » espagnol, des guerres d’Italie à la révolte Hollandaise, en passant par les guerres de religion en France, les conflits intermittents en Grande-Bretagne et les invasions ottomanes contre leurs voisins chrétiens ou musulmans. Un thème original, peu traité dans les wargames sur PC, et qui est habituellement l’apanage des figurinistes et autres « pousseurs de pions ».

Comme d’habitude chez HPS, le menu est copieux, avec plus d’une centaine de batailles individuelles (dont plusieurs variantes, notamment pour les plus importantes comme Marignan, Mohacs, ou encore Pavie), mais aussi cinq campagnes qui permettent donc d’enchaîner plusieurs scenarii à la suite, avec des choix stratégiques limités ayant une influence sur le positionnement des troupes ou encore sur la disponibilité et la date d’arrivée des renforts, choix à faire avant les batailles.

Nous avons ainsi à notre disposition deux campagnes dans le cadre des guerres d’Italie, une centrée sur la bataille de Flodden entre Anglais et Écossais, une traitant des guerres de religion françaises et une dernière permettant de revivre la lutte des Hollandais pour se libérer de la domination espagnole.

Notons aussi la possibilité de jouer des batailles « génériques » avec des armées équilibrées, créées à partir d’un pool de  points, un système bien connu des amateurs de wargame avec figurines. Un éditeur de scenarii et de campagnes est présent également, permettant de créer sa carte et d’y placer les troupes souhaitées, à choisir parmi la grande variété de nations et d’unités disponibles.

Du point de vue du système de jeu nous nous trouvons là encore sur un terrain bien connu chez HPS. Possibilité de jouer avec un système plus fluide combinant mouvement et combat dans le même tour de jeu (qui à mon sens est idéal pour simuler les conflits à partir de la Seconde Guerre mondiale, comme dans la série des Panzer Campaigns, mais que je trouve bien moins adapté aux conflits antérieurs), ou un système plus classique de phases alternées et bien définies (mouvement / feu défensif / feu offensif / mêlée puis on répète la séquence pour le deuxième joueur).

On trouve également une vingtaine de règles optionnelles permettant d’affiner le réalisme de la simulation, que ce soit pour la gestion des retraites et des zones de contrôle ou pour l’utilisation de tables de combats moins aléatoires.

La prise en main est relativement intuitive et aisée, la barre d’outils en haut de l’écran rassemblant l’ensemble des actions disponibles pour le joueur, ainsi que plusieurs filtres et aides de jeu. On peut également trouver un grand nombre d’informations utiles dans les menus déroulant, comme l’évolution des pertes ou le détail des forces disponibles.

Tout ceci est récapitulé dans un manuel très clair et complet d’une cinquantaine de page en format .pdf, fourni avec d’autres fichiers donnant des informations détaillées sur la manière d’utiliser l’éditeur ainsi que sur les différentes batailles.

On notera également la présence d’un petit manuel décrivant les évènements historiques traités dans les campagnes, ainsi qu’un petit guide tactique pour utiliser au mieux les différents types de troupes et maîtriser l’art de la guerre du XVIème siècle.

Cette période voit en effet le recul progressif de la prédominance de la cavalerie lourde sur les champs de bataille au profit de l’infanterie qui mélange l’utilisation généralisée de la pique et des premières armes à feu en nombre significatif. C’est l’âge d’or du système espagnol des tercios, regroupant piquiers et arquebusiers au sein d’une formation compacte mêlant le facteur feu et le facteur choc et pouvant lutter efficacement à la fois contre la cavalerie en armure et contre tout autre type d’infanterie grâce à une plus grande polyvalence.

Louis de Nassau souhaite libérer les Pays-Bas et donner une leçon aux Espagnols.

Fin de la bataille … contrairement au résultat historique, les Hollandais ont pris une rouste mémorable !!

Le coeur du jeu : une centaine de batailles disponibles, accompagnées d’une petite description historique.

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Un exemple de choix tactique au cours de la campagne de Flodden.

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Mohacs : Louis II de Hongrie parviendra-t-il à repousser les 50.000 Turcs de Soliman ?

La vue 3D … quoi dire de plus …

Pour conclure

Avec The Renaissance HPS propose un wargame au thème rafraîchissant, classique et solide de par son système de jeu et ses mécanismes éprouvés, mais qui par contre ne révolutionne pas l’univers du wargame PC. On a affaire ici à une très légère évolution du système déjà utilisé pour simuler les campagnes napoléoniennes ou la Guerre de Sécession, associé au sérieux et la rigueur historique devenus habituels chez HPS. On regrettera pêle-mêle des notes historiques intéressantes mais un peu légères (en comparaison avec les titres sur la Seconde Guerre mondiale ou la Guerre de Sécession), une vue 3D toujours aussi laide et pratiquement inutile, et un prix toujours aussi élevé pour un moteur qui n’évolue presque plus depuis près de dix ans.

  • Thème original.
  • Batailles et situations variées permettant une bonne rejouabilité.
  • Qualité HPS, tant en terme de simulation que d’historicité.
  • Prix élevé.
  • Peu d’évolution du  système de jeu.
  • Graphisme minimaliste.
Infos pratiques

Date de sortie : mars 2009

Studio – Éditeur : HPS Simulations

Prix éditeur : 49,95 $

Fiche chez HPS ; fiche chez JTS

Jeu en anglais. Test effectué sur la version US, avec le patch 1.03.

NDLR : article initialement paru sur Cyberstratège en 2011.

4 Commentaires

  1. Est ce qu il existe d autres jeux sur la meme periode ( en elargissant meme aux XVII XVIII siecles? ) Je pense a quelque chose de plutot tactique donc pas Europa ou Rise of Prussia. Musket and Pike reste un peu trop spartiate pour moi je dois avouer….

      • Vraiment dommage, ce ne sont pas les conflits qui ont manque ! J attend toujours un jeu-référence sur la Guerre de Trente ans, peut etre qu AGEOD se penchera dessus un jour ou l autre mais encore une fois ce n est pas la meme échelle. La periode est moins porteuse que la Seconde GM mais comme on est en face d un vide videoludique l editeur qui aura le courage de s y lancer attirera surement un minimum d attention..

  2. Ce jeu m’a déçu. Certes, la période est originale, mais le jeu manque de détail, d’ergonomie et de réalisme. Il faut constamment réordonner manuellement les piles d’unités avant de pouvoir faire feu, et les pertes sont infimes ce qui rend les batailles lentes et monotones, et j’ai du mal à croire que 400 arquebusiers qui se tirent dessus pendant 15 minutes ne fassent que 10 blessés. Si quelqu’un peut m’éclairer…

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