Présentation de SGS Battle for Hué

SGS Battle for Hué est le troisième opus de la série SGS Battle, édité par Avalon Digital, qui nous propose une simulation de combats à l’échelle « grande tactique » en utilisant des mécanismes de jeu assez intuitifs.

Malgré sa simplicité d’approche, le jeu permet une expérience de simulation complexe et fort divertissante. Il se joue à l’échelle de la section, de la compagnie, du groupe de combat sur la carte de la ville de Hué, découpée en zones, autant vous dire qu’il va y avoir de l’action, du combat urbain, une odeur de napalm au petit déjeuner et des coups tordus.

Good morning Vietnam !

La vieille capitale impériale du Vietnam, Hué, dort paisiblement en ce matin du 31 Janvier 1968. La ville est divisée en deux secteurs, au nord la vieille ville qui accueille le palais impérial, au sud, la ville nouvelle, deux zones construites, séparées par la rivière des parfums, les habitants sommeillent dans une ambiance bucolique qui ne laisse pas présager d’un réveil plutôt brutal.

En effet, dès les premières lueurs de l’aube, près de 8000 hommes des 6ème et 4ème régiments de l’Armée du Nord-Vietnam lancent une attaque coordonnée sur la ville de Hué, s’inscrivant ainsi dans une offensive d’envergure plus vaste, connue sous le nom d’offensive du Têt.

Au nord de la ville la première division de l’armée du Sud Vietnam est prise totalement par surprise, probablement en caleçon à cette heure bien matinale. Au sud, deux cents américains et australiens occupent une petite zone, les renforts vont arriver… et la partie commence.

Je vous laisse la surprise quant à l’ambiance musicale, très réussie, je me suis surpris a essayer de chanter en vietnamien après dix minutes de jeu.

Les viets, ils font pas de surf !

Apocalypse Now, lieutenant colonel Kilgore

Le jeu disponible en français, nous propose une grande campagne, ainsi que trois scénarios d’ampleur variable, jouables en multijoueur en play by email (PBEM) ou en solitaire, des tutoriels vidéos en anglais, assez courts, mais clairs suffisent à comprendre les mécanismes du jeu, découpé en phases, avec un système d’activation des unités par cartes.

SGS Battle for Hué
1/ La carte de la zone de jeu est graphiquement réussie et lisible.
SGS Battle for Hué
2/ Le menu des scénarios.

Nous voilà armés pour appréhender la bataille, c’est du sérieux, la simulation est précise, il convient pour le joueur communiste de s’emparer des secteurs stratégiques de la ville, tout en préservant ses lignes de ravitaillement.

Le monde libre devra limiter les pertes au maximum et tenir bon en attendant les renforts, tout en essayant également de sauver les civils que les forces nord-vietnamiennes n’hésiteront pas à utiliser comme otages, ils rigolent pas les nord-vietnamiens, ils font pas de surf et ils apprécient moyennement les fonctionnaires du sud-vietnam.

C’est assez rare qu’un jeu à cette échelle simule la présence des populations civiles, dans un combat prenant place en zone majoritairement urbaine peuplée, c’était incontournable, SGS n’a pas fait l’impasse.

Les silhouettes des pions sont très réussies, et ceux-ci correspondent aux unités engagées historiquement, le travail de recherche a été rigoureux, les passionnés d’histoire militaire y trouveront leur compte : snipers, unités utilisant du gaz CS, sapeurs suicides, sections d’armes lourdes, booby traps, mines terrestres, appui mortier et j’en passe… En jouant à SGS Battle for Hué, on met un peu les pieds au Vietnam, sans les effets du stress post traumatique.

SGS Battle for Hué
3/ Détail d’une unité d’US marines.
SGS Battle for Hué
3b/ Détail d’une unité Nord-vietnamienne.
SGS Battle for Hué
4/ Détail des appuis-feu possibles, ici des fumigènes qui apportent un bonus de siège et qui peuvent faciliter une percée.
SGS Battle for Hué
4b/ La police veille.

Quand on est honnête, on ne craint aucun danger.

Cây ngay không sợ chết đứng.

Proverbe vietnamien

 

Ça y est la bataille fait rage, les marines contre-attaquent en poussant leur cri de guerre «  Semper Fidelis ! » , «  Oorah ! » , le scenario en 4 tours se prête bien à la mise en pratique des concepts vus dans les tutoriels vidéos.

Les combats tactiques simulés dans la série SGS Battle for se font de manière abstraite. Par synthèse et opposition des forces et capacités des unités antagonistes présentes dans une zone.

On aime ou on aime pas. Inconvénient, on a le sentiment de perdre quelque peu le contrôle, tout s’enchaîne automatiquement, mais avec cohérence et un narratif adapté à chaque engagement. Avantages, eu égard au nombre d’unités engagées, à l’échelle et au chaos des combat, le joueur n’a pas à micro gérer les actions de ses forces. C’est un parti pris, un concept inhérent à la série, qui fait sens, et auquel on s’habitue très vite.

Examinons en détail un affrontement entre les courageux marines et les tout aussi vaillants Vietnamiens, ici sur un scénario simulant une contre-attaque américaine, soutenue et coordonnée.

Il me semble opportun de revenir sur les mécanismes de combat.

Chaque bataille est divisée en plusieurs phases qui ne se déclenchent que si vos unités possèdent les compétences appropriées. Par exemple, la phase de reconnaissance ne se déroulera que si vous avez une unité capable de l’effectuer. Cela tombe sous le sens mais en le disant, ça va mieux, ça permet de saisir le fonctionnement du système, conditionnant les phases de bataille au capacités employées, le tout entièrement automatisé.

Donc phase de reconnaissance, si vous avez une unité capable de reconnaître, sinon pas de phase de reconnaissance, ici les unités scrutent, mal, échec au dé, s’ensuit une embuscade, suivie de tirs de snipers, si vous avez des snipers dans votre groupe, puis d’une tentative de neutralisation des dits snipers, intervient alors une tentative de franchissement d’obstacles, mines terrestres, puis un appui tactique conditionné à la présence de chars et de rpg. Enfin arrive une phase dite cœur de la bataille ou cela défouraille à tout va, si certains ont des gaz lacrymogène ou fumigène il y aura une phase dédiée, une phase d’assaut de bâtiments, en fonction des zones et des situations, et une phase de poursuite.

Bien que le récit qui accompagne ces différentes phases soit clair et permette de comprendre ce qui se passe, vous n’avez aucun contrôle direct sur le déroulement de la bataille.

Il est impossible, par exemple, de forcer la retraite de vos forces, le chaos des combats prend le dessus, si vos braves combattants doivent retraiter cela sera du aux circonstances de l’affrontement, pas à une intervention de votre part.

C’est le moment où vous êtes spectateur et si comme moi vous appréciez l’ambiance musicale, vous commencez à chanter.

Vous pouvez ralentir ou accélérer la restitution des différentes phases afin d’en prendre connaissance ou de passer plus vite à la zone de combat suivante.

Vous l’aurez compris la dimension tactique est intrinsèquement liée à la qualité de la composition de vos piles de pions, de vos groupes qui vont pénétrer dans une zone tenue par l’ennemi, la polyvalence, et la coordination des capacités amène souvent la victoire, celle-ci est évidement rendue plus difficile de part la nature des défenses présentes dans la zone, ainsi que du nombre d’unités adverses, et là, le bas blesse un peu, car nous n’avons pas d’estimation du volume de forces adverses, on les découvre une fois dans la zone, donc accroché en combat, ce qui induit une incertitude tactique et rend compliqué la prise de décision.

Je compose donc des groupes de pions qui disposent d’appui feu, de capacités spéciales et de nombre de sections de combat, les tours s’enchaînent, la météo n’offre pas la possibilité d’avoir un support aérien, les batailles de zone tournent en faveur des américains.

Quartiers par quartiers, profitant d’une percée les marines reconquièrent inexorablement la ville.

Nous voilà à la fin du 4eme tour, après une succession de combats ou les US marines ont atteint leurs objectifs, et disposent de 57 points de victoire, les Nord-vietnamiens eux de 12.

Le monde libre l’emporte, au prix de pertes limitées.

La re-jouabilité semble considérable, à mon sens le système est parfaitement adapté à des jeux à l’échelle opérative, et fonctionne à l’échelle tactique si on accepte de se poser en spectateur lors des affrontements ce qui est quelque peu inhabituel à ce niveau de simulation.

Le jeu est très plaisant et particulièrement fidèle historiquement, un gage de qualité.

SGS Battle for Hué
5/ Situation au début de l’opération.
SGS Battle for Hué
6/ Embuscade.
SGS Battle for Hué
7/ Appui-feu lourd.
SGS Battle for Hué
8/ La carte est très détaillée, il est possible de faire des agrandissements avec la molette de la souris, on peut utiliser des filtres pour améliorer la lisibilité des informations présentes.

Pour plus d’informations sur SGS Battle for Hué, voyez cette page sur Steam et le site officiel de Strategy Game Studio. Ainsi que notre article SGS Battle for Hué : entretien avec SGS et par exemple ce test dans le Carnet d’un stratège.