Neuvième DLC majeur de Crusader Kings II, qui n’a désormais plus besoin qu’on le présente, Conclave se propose d’ajouter à son tour de nouvelles mécaniques de jeu aux stratèges en herbe que nous sommes. Vous pensiez avoir tout vu ? Et bien déchantez : le conclave se réunit et amène avec lui une batterie de nouveautés, accompagnées de l’important patch 2.5, selon une formule devenue classique chez Paradox.

Réunis-toi, ô conseil

L’un des ajouts majeurs réside donc dans l’apparition d’un conseil. Il ne fait pas disparaître les structures antérieures, comme la possibilité d’envoyer certains de ses proches étudier des technologies adverses ou collecter des impôts. C’est en fait une fonctionnalité supplémentaire (avec son onglet), qui regroupe une demi-douzaine de personnes qui vont vous aider à gouverner… Ou plutôt essayer de vous contrôler !

En effet, suivant sa puissance, le caractère de ses membres, les lois en vigueur dans votre état, dont certaines le concernent directement désormais, certaines décisions seront ou non du choix du souverain (c’est-à-dire vous). Par exemple, un conseil ayant de nombreuses prérogatives, d’importants pouvoirs peut vous empêcher de révoquer un titre et se réserver ce droit…

De plus, s’il vous est hostile, il ne voudra pas accepter certaines de vos lois, comme augmenter la centralisation, qui permet de diriger un plus grand domaine. Une partie de ses membres peut aussi vous pousser à la guerre etc. Par contre, si vous avez la main dessus, il va vous aider à mieux gérer vos possessions, notamment en limitant les conflits entre vassaux.

On se retrouve donc une nouvelle fois avec un jeu subtil à gérer et de nombreuses questions à se poser, comme la primordiale : qui faire entrer au conseil ? On peut par exemple être tenté d’y placer son propre conjoint(e), ses proches… Au risque de les voir prendre de l’indépendance ou de mécontenter ses plus puissants vassaux, qui estiment avoir une place dans l’institution qui leur revient de droit !

Or, si vous parvenez à satisfaire le conseil et choisir efficacement ses membres, ceux-ci ne rentreront pas dans un complot contre vous, d’où une raison supplémentaire de le surveiller.

Dans le cas contraire, il essaiera régulièrement de garder son pouvoir, voire l’augmenter, notamment après une succession difficile, en profitant de l’occasion de l’affaiblissement du trône. Jouant les Normands du sud de l’Italie, j’ai pu en faire l’amère expérience et tenter de passer outre ses demandes : j’en ai été quitte pour une longue et dure guerre civile. Au final, une composante tout sauf anecdotique dont une gestion hasardeuse peut se révéler catastrophique.

Élever sa petite famille

Si c’est là un important ajout, ce n’est pas le seul et j’aimerais à présent parler du nouveau système de gestion de la famille, et notamment des enfants. Souvenez-vous, il est possible depuis longtemps de choisir une ambition pour son souverain, et d’être récompensé si on réussit à l’assouvir. Par exemple, devenir roi de Sicile pour le Normand Robert Guiscard, ce que j’ai pu illustrer ici-même (voir capture d’écran).

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Un exemple de conseil. On y trouve les armoiries, le caractère de ses membres et aussi s’ils sont des vassaux importants qui estiment devoir en faire partie (poing au centre).
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Choisissons donc vers quelle “carrière” orienter la princesse !
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Le conseil va-t-il approuver mon projet de loi ?
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Toujours des fautes de français ou de frappe : “La culture Normand”, “pénailté”, “les évêques de catholique” etc. Vu le prix demandé, vous pourriez faire un effort depuis le temps !
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Sans doute, car ces messieurs sont satisfaits !

C’est maintenant le cas en quelque sorte avec les enfants. Ceux-ci étaient jusque-là, il faut bien le dire, assez « inutiles » dans le sens où l’on attendait leur majorité, on les fiançait et l’on pouvait influer en partie sur leur devenir par le biais de quelques évènements.

Désormais cela va plus loin car il est possible de déterminer leur caractère via des décisions, durant leur bas-âge. Puis, en fonction de celles retenues, choisir vers quoi, entre douze et quinze ans, orienter leur éducation. Par exemple développer leurs talents guerriers, d’administrateur, leur goût pour l’intrigue…

Ces choix, qui viennent s’ajouter aux personnalisations des adultes introduites dans Way of Life, permettent une meilleur définition de la personnalité générale de votre souverain et, partant de là, directement de ses capacités.

De plus, comme on joue, à sa mort, son héritier, qui aura été « façonné » par vous avec ces nouvelles options de jeu, on se retrouve avec un monarque bien plus conforme à ses souhaits… Il est par exemple possible de planifier en partie l’avenir, d’alterner plus ou moins les profils des candidats au trône suivant ses besoins/envies. Pensons à un administrateur pour remplir les caisses, suivi d’un soldat ou d’un diplomate pour s’étendre…

Tout en gardant à l’esprit qu’il peut encore décéder, ne pas accéder au trône, mal réagir à vos décisions…

Bref, le jeu garde une part importante d’inconnu, pour notre plus grand plaisir. Néanmoins voilà des idées intéressantes et utiles, auxquelles on peut ajouter des ajouts plus mineurs comme une refonte des régences (qui interviennent si votre souverain est gravement blessé ou fou par exemple), plus liées au nouveau conseil, la révision de certaines lois ou des retouches sur les ambitions des personnages.

Les ajouts du patch 2.5 et du pack de contenu

Outre tout ceci, le studio nous gratifie d’un patch 2.5 (le 2.5.2 étant en bêta à l’heure où j’écris – voir ce changelog) qui, comme ses prédécesseurs est conséquent. A l’instar de ses devanciers, il apporte son lot habituel de corrections, rectifications  concernant les bugs, les sons…

Mais on notera aussi des options nouvelles pour les moddeurs et des sauvegardes se chargeant plus vite d’après les notes laissées par le studio, ce qui n’est pas une mauvaise chose.

Au-delà de ce travail toujours apprécié, les principales nouveautés portent toutefois sur le combat et la diplomatie. Ainsi celle-ci se veut plus fouillée et « progressive ». Je veux dire par-là que mariages royaux et pactes de non-agressions se retrouvent plus étroitement liés que par le passé.

De plus, de manière plus générale ce sera à partir de ces dits pactes que les alliances se formeront désormais. Inutile, donc, de souligner davantage leur importance. Cela permet de distinguer clairement les étapes pour arriver à une alliance en bonne et due forme. Ce n’est pas une mauvaise chose, celles-ci pouvaient être historiquement très longues à négocier !

J’ajoute, pour la dimension plus militaire, des réductions de pertes pendant les combats, des retraites plus longues et revues, à travers plusieurs provinces et, d’après les développeurs, une meilleure IA dans ce domaine-là.

Expédions tout de même en quelques lignes le DLC « cosmétique » qui accompagne Conclave, habitude désormais bien ancrée, mais que je trouve assez décevante. En effet, outre les quinze euros requis pour celui-ci, il vous faudra débourser cinq euros supplémentaires pour les ajouts du Conclave Content Pack, changements heureusement uniquement esthétiques.

On pourra par exemple ainsi retrouver sur la carte des monuments comme les pyramides de Gizeh et le mur d’Hadrien, ou encore de nouveaux portraits et images pour les évènements. Je vous laisse juger de la pertinence de la chose.

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Vu ses prédispositions, Rainulf devrait faire un bon intendant.
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Autre exemple d’intérêt disponible.
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Le tableau des titres honorifiques. Vous noterez que seuls les commandants, le maréchal et le souverain peuvent se battre… Et que je me fais copieusement insulter par l’odieux duc de Salerne.
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Une belle ambition assouvie.
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Quant à moi, je dois pourvoir une place vacante.
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Bravo, j’écope d’une guerre civile… Et d’une catastrophe en matière de traduction par la même occasion.
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Le vieux roi est mort, il faut du temps au conseil pour s’adapter au nouveau…
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Le conseil veut plus de pouvoir…. Qu’il aille au diable !
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L’un des ajouts du patch que j’évoquais.

Conclusion, notes, points positifs et négatifs

  • Le conseil, une vraie plus-value.
  • L’éducation des enfants permet de mieux façonner ses héritiers.
  • Ces nouveautés ne sont, à mon sens, pas trop synonymes de micro-gestion.

  • Toujours des erreurs de traduction, des coquilles « simples » à éliminer !
  • Ai-je besoin de le préciser une nouvelle fois : 15 voire 20 euros de plus à débourser.

Notes
Multimédia
65 %
Interface
80 %
Gameplay
85 %

Infos pratiques

Date de sortie : 2 février 2016
Éditeur / Studio : Paradox Development Studio - Paradox Interactive
Prix : 14, 99€
Site officiel :

www.crusaderkings.com ; fiche sur Steam ; fiche chez Paradox ;

Remarques :

Vous retrouverez désormais tous nos tests concernant cette série, directement sur cette page.

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2 Commentaires

  1. Merci pour ce test complet d’un jeu d’une profondeur qui me parait abyssale … La seule difficulté reste pour moi de trouver le temps de m’y plonger corps et âme !

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