Sorti en août 2010, Victoria II fut plutôt bien accueilli par les fans des productions de Paradox Interactive. Pourtant il fallut attendre le début de cette année pour qu’une première extension (hors DLC à 1 ou 2 euros) paraisse. A House Divided, en référence à un discours de Lincoln, nous propose donc l’habituel ajout de contenu et se veut centré sur la guerre de Sécession qui déchira les États-Unis d’Amérique de 1861 à 1865. Passons donc ici en revue les principales améliorations au jeu.

1)   La guerre de Sécession

La première chose à dire est qu’un vide est comblé : le jeu reçoit enfin un autre scénario de départ. Effectivement, la version de base de Victoria II ne permettait que de faire la grande campagne en débutant en 1836. Là il est désormais possible de commencer à jouer en 1861, pour entrer de plain-pied dans les affrontements entre Nord et Sud sans savoir à jouer un autre état en attendant le début de la guerre (qui n’arrivait d’ailleurs pas forcément à la date exacte, système de jeu oblige).

Ainsi, les généraux historiques tels que Lee ou Sherman sont présents et le jeu offre des décisions en rapport avec la guerre de Sécession pour une meilleure immersion. Il est par exemple possible pour le Nord de mener la stratégie historique de blocus naval du Sud, pour étouffer son économie, avant de couper le Sud en deux, à Savannah, par la marche à la mer de Grant.

Évidemment, tout ceci est incitatif et pas obligatoire, vous pouvez toujours mener votre guerre comme vous l’entendez. Le Sud, lui, peut tenter de sensibiliser les pays européens à sa cause, par le biais du précieux coton qu’il produit. Si historiquement proches de lui, aucun ne déclara la guerre aux États-Unis. A vous de les convaincre dans le jeu ! De plus, dès le début de la guerre, les Confédérés demandent une paix blanche aux Nordistes, leur but de guerre est donc déjà inscrit. Bien sûr, l’on peut rajouter ses propres objectifs.

Le rapport de force historique est présent : si le Sud ne parvient pas à l’emporter rapidement, il risque de se faire déborder par la machine de guerre du Nord. Et bien entendu, si cette guerre est mieux modélisée qu’auparavant, nous n’atteignons pas le niveau de réalisme d’un Ageod’s American Ciwil War, wargame uniquement centré sur ce conflit et aux exigences en la matière évidemment différentes d’un jeu de grande stratégie comme Victoria II. De toute façon, Paradox ayant pris une voie plus a-historique depuis Europa Universalis III, n’espérez pas voir d’évènements survenir pendant le conflit à la manière d’un Victoria premier du nom. Il faut désormais passer par les décisions (voir screenshot ci-après).

Ainsi, s’il est inutile d’acheter Victoria II et A House Divided uniquement pour la guerre de Sécession (on lui préférera le wargame d’Ageod), le jeu plus l’extension offre une dimension économique et diplomatique que AACW ne propose pas. L’un est dévoué à un unique conflit (et avec brio) et l’autre permet de jouer un pays sous toutes ses coutures pendant un bon siècle, dont pendant cette guerre.

Les échelles ne sont de plus pas les mêmes. On le rappelle, l’unité la plus petite de Victoria II est le régiment, là où un wargame descend beaucoup plus bas, gère les chaînes de commandement et le ravitaillement de manière plus poussée par exemple.

Les deux jeux ne chassant pas sur le même terrain et n’ayant pas le même but, ils ne se font donc pas concurrence et l’un ne doit pas empêcher l’autre, au contraire.

Début de la Guerre de Sécession.

Liste des armées.
La guerre dans l’ouest.

2)   Améliorations générales

A part cela, l’extension apporte un lot de nouveautés, des réajustements minimes mais appréciés (filtres, meilleure lisibilité dans certains menus et tableaux,  rajouts de raccourcis liés aux nouveautés de l’expansion, pause automatique à l’arrivée d’un évènement etc. ) aux changements les plus importants. On retiendra ici les principaux.

Désormais, le mécontentement au sein de votre pays est mieux géré. Plutôt que de rejoindre directement des mouvements de révolte, les gens les plus éduqués vont préférer former des lobbys pacifiques pour tenter de relayer leurs demandes de réforme auprès du pouvoir. Celui-ci aura donc intérêt à les surveiller s’il ne veut pas qu’ils se radicalisent et deviennent des rebelles en cas de d’insatisfaction. Leur grogne pourra même permettre au joueur de faire passer certaines réformes que sa chambre haute n’aurait en temps normal pas soutenu.
Il peut aussi dissoudre les mouvements par la force, s’il dispose d’assez de points de suppression (générés par les bureaucrates et modifiés par certaines réformes). Mais, ce faisant,  il court le risque de les voir se reformer plus fortement quelques années après…

Pour ce qui est des déclarations de guerre, une nouveauté très importante est à signaler : il n’est plus possible de déclarer la guerre sans casus belli comme avant ! Heureusement, en contrepartie, il est possible d’en créer un soi-même, plus ou moins vite selon le rapport du régime en place avec la guerre (pacifiste ou militariste). Les grandes puissances communistes pourront, elles, bénéficier d’un casus belli spécial : propager la Révolution.

Un autre point d’importance est l’investissement étranger : vous pouvez désormais, si vous êtes une grande puissance, renforcer vos liens avec d’autres nations en construisant des usines et voies de chemin de fer chez eux avec vos deniers. Tout en renforçant l’économie de ces pays (ce qui peut être à double tranchant et créer de nouvelles puissances qui se dégageront de votre tutelle), cela réduit les chances d’autres nations de les influencer dans un sens contraire au vôtre. Lier diplomatie et investissement étranger peut donc être bénéfique.

Au niveau militaire, assez peu de changements. Il est toutefois possible de faire se rallier les troupes à des endroits choisis sitôt qu’elles sont créées, et de leur donner la mission de chasser automatiquement les rebelles, comme dans Europa Universalis III. On gagne en confort de jeu, en réduisant la micro-gestion.

Plusieurs rééquilibrages sont aussi faits, comme limiter le nombre d’unités engagées sur les terrains difficiles ou concernant la mobilisation. A noter que les provinces peuvent voir s’enraciner chez elles la loyauté à un parti, qui s’implante au fur et à mesure des élections, tendance qu’on peut accentuer par un nouveau focus national.

Un autre gros effort a été fait concernant les pays non-occidentaux, qui peuvent parvenir au stade de « nation civilisée » par le biais de la recherche. Ce processus totalement revu dépend de qui dirige la sphère d’influence et de la composition de sa chambre haute.

Généralement, s’engager sur la voie de l’occidentalisation peut pousser à la révolte une partie plus traditionaliste de sa population. S’ils gagnent, un retour en arrière sera effectué. Une fois occidentalisé, un pays reçoit une partie des technologiques de son chef de sphère d’influence, dépendant des réformes effectués par le joueur pendant l’occidentalisation. A force de lutte, il peut théoriquement rejoindre le club fermé des grandes puissances, comme le fit le Japon à l’ère Meiji.
Il serait intéressant de voir après quelques parties s’il est désormais envisageable de pouvoir jouer de manière intéressante avec les pays les moins avancés du jeu avec ce nouveau système.

Voilà pour les principaux changements. Il y en a bien d’autres : rajouts de spécificités concernant la Chine, chemin de fer plus difficile à construire dans les provinces au relief accidentés, et autres rééquilibrages en tout genre (on gagne notamment moins d’argent). Je vous renvoie au manuel de l’extension pour avoir la liste complète (vous trouverez sur cette page une copie du manuel du jeu, en anglais).

Systèmes de décisions politiques.
Création de casus belli.
Investissement étranger.

Pour conclure

L’extension A House Divided est évidemment à conseiller aux amateurs du jeu de base car elle le réajuste et offre un contenu intéressant qui, sans être bouleversant, rend les parties plus riches et l’expérience de jeu plus profonde, plus personnalisée. Hélas, elle est vendue à un prix assez élevé, 20 euros. Depuis plusieurs années les joueurs des jeux Paradox évoquent la notion de « patch payant », ce qui n’est pas forcément dénué de fondement ;  pour les moins fanatiques de Victoria II l’achat de cette extension peut toutefois être envisagé lors d’une promotion. Enfin, à noter que, comme bien souvent, il faut encore se tourner vers la communauté francophone pour une traduction dans la langue de Molière.

  • Nombreux réajustements améliorant le gameplay de Victoria 2.
  • La Guerre de Sécession offre un nouveau scénario de départ que celui de base.
  • Un peu cher et toujours pas de version française… sauf grâce à la communauté.
Infos pratiques

Date de sortie : 2 février 2012

Jeu édité par Paradox Interactive. Une démo est disponible.

Site officiel :  www.victoria2.com

Autre lien utile : manuel du jeu (en anglais)

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