Plutôt que de présenter la première extension d’Europa Universalis IV en un seul test, nous avons décidé de le découper en trois articles, de manière à revenir plus longuement sur chacune des principales nouveautés qu’elle amène. Le premier va donc être consacré à la nouvelle gestion des colonies qu’introduit le jeu…

Les gouvernements coloniaux

A l’instar de la deuxième extension de Victoria II (Heart of Darkness ; voir notre test), les colonies ne se contrôlent donc plus directement par le joueur. En effet, après plusieurs conquêtes dans une même zone, elles deviennent automatiquement (c’était une option dans Victoria II par contre) une sorte d’état fantoche, de vassal sous sa domination, qu’il ne peut ré-annexer par la suite. En fait, cela symbolise, encore plus que pour le XIXe siècle, la lenteur des communications de l’époque et les très grandes distances entre les métropoles et leurs possessions outre-mer. Il fallait donc déléguer le pouvoir à des gouverneurs qui avaient une grande marge de manœuvre dans un temps sans téléphone ni navires à vapeur…

Prenons l’exemple d’une décision prise à Versailles : il fallait des mois avant qu’elle ne rejoigne Pondichéry, l’un des comptoirs de l’Inde française. C’est donc cela qui est retranscrit dans le jeu et le rend plus réaliste. Attendez-vous à de grands changements, et ceux-ci sont bienvenus. Toutefois, on aurait aimé plus d’interactions possibles avec les colonies. Passons déjà en revue celles qui existent.

La vie dans les colonies

Semi-libres, les colonies s’engagent donc aux côtés de leurs métropoles dans leurs guerres, et leur versent des taxes tous les mois, taxes qu’il est possible d’augmenter par le biais d’un nouveau menu justement consacré aux dépendances ultramarines (contre de la puissance administrative). La métropole gère aussi la nomination des gouverneurs, par le biais d’événements (il y a plusieurs choix, il faut prendre en compte ce que demandent les populations), et peut évidemment envoyer des troupes dans leur territoire pour les défendre. De plus, c’est toujours le joueur qui a la charge de coloniser les provinces adjacentes : elles ne rejoignent les vice-royautés que plus tard, une fois le cap fatidique des 1000 colons passé. Vice-royautés, c’est en effet le nom qu’on donnait à une partie d’entre-elles à l’époque, et la carte du jeu est donc parsemée de noms historiques tels que « Nouvelle-Espagne » (le Mexique), ou « Treize Colonies » (la côte est des actuels États-Unis) ; bien sûr, le joueur peut nommer à sa guise les nouvelles dépendances coloniales qu’il crée.

En dehors de ce contrôle, elles peuvent pourtant avoir leurs propres troupes et déclarer la guerre aux puissances autochtones, d’ailleurs bien plus nombreuses et coriaces qu’avant (nous reviendrons sur ce point). De plus, si elles sont trop taxées, si la métropole s’affaiblit dangereusement ou si le joueur prend les mauvaises décisions à leur encontre, elles finissent par se révolter et déclarer leur indépendance. C’est ce qui s’est historiquement passé en 1776 avec la guerre d’indépendance américaine, puis après 1815 dans les possessions espagnoles d’Amérique.

 

1559, mes possession des Caraïbes deviennent une dépendance coloniale.
Le gouverneur colonial est mis en place, il est élu tous les huit ans.
Ce nouvel onglet permet de gérer ses colonies, et pourquoi pas d’augmenter leurs taxes ? Attention au Boston tea party, ce faisant !
1626, je contrôle une certaine partie de l’Amérique du Nord, mais les autres nations européennes aussi. Les Indiens bloquent encore ma progression vers l’intérieur des terres

Pour conclure

Ce premier ajout à Europa Universalis IV est donc de taille et revitalise l’intérêt pour les colonies, notamment car l’on peut se demander à deux fois s’il faut déployer de grands efforts pour les maintenir dans son giron, tâche plus ardue et passionnante qu’avant. Mais le tour d’horizon n’est pas fini, et nous verrons que le jeu améliore également le gameplay avec les autochtones et propose un Nouveau Monde aléatoire….

  • Les colonies sont gérées de manière plus réaliste.
  • Il est plus long et difficile de se tailler un empire colonial.
  • Encore trop peu d’interactions avec ses colonies.
Infos pratiques

Date de sortie : 14 janvier 2014

Éditeur / Studio : Paradox interactive

Site officiel : fiche chez Paradox

Prix : 15 euros en téléchargement

Configuration : Windows XP/Vista/7, Intel® Pentium® IV 2.4 GHz or AMD 3500+, 2 GB RAM, 2 GB free hard drive space, NVIDIA® GeForce 8800 or ATI Radeon® X1900 video card, 512Mb graphics memory required, resolution at least 1024*768, Direct X-compatible sound card, DirectX 9, 3-button mouse, keyboard, speakers, Internet connection for multiplayer

A lire en complément notre article Europa Universalis IV, la conquête du monde à portée de main.

Jean-Baptiste Murez (Davout)

Jean-Baptiste Murez (Davout)

Jeux préférés : Europa Universalis IV, Victoria II, Total War Rome II, Majesty II. Site web : www.antredustratege.com

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