Été 1943. L’Allemagne rassemble depuis de nombreux mois d’impressionnantes forces dans le secteur de Koursk, à la limite entre Russie et Ukraine. Son but ? Écraser par un mouvement en tenaille l’Armée rouge rassemblée dans ce saillant, c’est à dire une avancée de front qui donne sur l’ennemi sur trois de ses quatre cotés. Depuis l’époque, cette bataille titanesque n’a pas cessé de faire couler de l’encre, et la retrouver une nouvelle fois dans un wargame n’a finalement rien d’étonnant. Voyons ce qu’il en est et ce que peut donner une adaptation vidéoludique de cet engagement majeur de la Seconde Guerre mondiale.

Le contexte historique

Il est assez connu : les Allemands rassemblent pour l’occasion près d’un million d’hommes, de très nombreux blindés, avions et canons de tous calibres. Le plan de l’opération nom de code Citadelle est lui aussi plutôt conventionnel : prendre l’ennemi au piège en coupant le saillant de Koursk de ses arrières, par une attaque depuis le nord et le sud. Prises au pièges les forces adverses devront se rendre et, avec elles, un formidable matériel. Ces grands encerclements avaient été une belle réussite en 41-42.

Or s’ils ont minutieusement préparé leurs plans, les Soviétiques ne sont évidemment pas restés aveugles face à une telle concentration de troupes. Des coups de main, des interrogatoires de prisonniers et autres reconnaissances aériennes leur ont permis de se rendre compte des intentions de leur adversaire, et ils s’y sont préparés en conséquence… Laissant de nombreuses réserves en arrière, construisant de nombreuses lignes de fortifications et points de défense, déplaçant des hommes en grand nombre.

Le tout apparaît donc très audacieux pour les deux camps : les Allemands ont dû dégarnir de nombreux fronts pour rassembler de quoi attaquer à Koursk. Ils espèrent aller suffisamment vite pour encercler leur adversaire, le détruire et retrouver l’initiative à l’est. D’ailleurs : plus d’hommes face à eux signifie aussi plus de soldats pris au piège en cas de succès ! De leur côté, les Soviétiques ne sont plus ceux de 1941. Ils retrouvent peu à peu leur pleine maîtrise des opérations, leur matériel est de bonne qualité et soutenu par l’aide américaine et britannique et, surtout, ils ont bien compris les intentions de leur ennemi.

Le résultat est donc le suivant : après d’incontestables succès initiaux, des affrontements gigantesques d’avions, d’hommes, de blindés, les Allemands sont arrêtés en août 43, après avoir dû envoyer des troupes en Italie au moment le plus critique de la bataille pour faire face au débarquement des Alliés en Sicile. De là, le troisième Reich perd irrémédiablement l’initiative sur ce front.

Représenter Koursk en jeu

Après ce que je viens de dire, on se rend compte de la difficulté de représenter une pareille bataille en jeu vidéo ! Le front s’étale sur plusieurs centaines de kilomètres, a vu s’affronter deux millions d’hommes environ, pendant plus d’un mois, dans les conditions que l’on a dites…

Or la série Battle Academy, qui nous propose là une campagne additionnelle pour son 2e volet, n’est pas connue pour afficher à l’écran des centaines de soldats et véhicules en temps réel. Non, ce sont de bons tour par tour, avec tout au plus quelques dizaines d’unités. Donc, pas question de globalité, ce qui permet d’autres approches. En effet, ici on se retrouve avec des portions de front plus réduites, autour de quelques nœuds routiers, de villages et ponts à prendre / défendre.

Si l’on accepte l’échelle proposée, alors nulle difficulté à apprécier la modélisation de Koursk dans Battle Academy 2, d’autant plus que les deux camps sont jouables, ce qui est fort appréciable. On se retrouve donc avec les éclaireurs allemands prêts à reconnaître les lignes adverses au début de la bataille, on défend des lignes avancées avec les Soviétiques avant qu’ils ne contre-attaquent. De plus, des épisodes majeurs de l’engagement sont représentés, comme le choc de Prokhorovka, qui passe pour la plus grande bataille de blindés de l’Histoire, ou le combat autour de la gare de Ponyri, surnommée « le petit Stalingrad ». Autant de scénarios qui permettent de belles heures de jeu.

D’ailleurs les unités sont fidèlement représentées : les Waffen-SS bien présents à Koursk sont là, les blindés anglo-saxons envoyés en aide aux Soviétiques (hélas l’équipage a toujours les voix en anglais, c’est un détail certes) aussi… Les puristes seront quant à eux heureux de retrouver l’Elefant, blindé allemand issu d’un châssis raté pour le char Tigre I, lui aussi de la partie. Les ronronnements de cette ménagerie blindée rendent certains scénarios particulièrement ardus, même s’il l’on peut recevoir un appréciable soutien aérien ou en artillerie. Un beau défi en perspective, comme celui de perdre le moins d’unités possible, vu qu’elles vous suivent tout au long de la campagne.

Battle Academy 2 - Koursk
Défense d’un village. Un char Tigre apparaît à l’horizon, pour mon malheur.
Battle Academy 2 - Koursk
Début de la campagne allemande, de nuit, il va falloir repérer les positions adverses
Battle Academy 2 - Koursk
Un groupe d’unités allemandes prêt à s’élancer …
Battle Academy 2 - Koursk
… vers des positions bien défendues ! Il sera appuyé par de l’artillerie et de l’aviation.
Battle Academy 2 - Koursk
Maintenant c’est au tour des lance-roquettes “Katioucha” de venir semer la pagaille.

 

Battle Academy 2 - Koursk
Un soutien aérien vient de me débarrasser de blindés ennemis.
Battle Academy 2 - Koursk
Les Soviétiques en pleine contre-attaque.

Derniers mots

Au final pour cette extension c’est donc un pari réussi si l’on est d’accord pour jouer des morceaux de la bataille avec le moteur de Battle Academy 2, qui offre un rendu simple mais pas simpliste, et propose aussi des parties jouables en multi avec le pratique système PBEM++.

Infos pratiques

Date de sortie : 2 avril 2015

Éditeur / Studio : Matrix – Slitherine

Site officiel : fiche chez Slitherine ; fiche sur Steam.

Prix :  9,99 € en téléchargement (disponible aussi dans notre boutique en ligne).

A lire en complément notre test de Battle Academy 2 – Eastern Front.

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