Dès le titre, le ton est donné : le deuxième opus de la série Battle Academy aura un goût d’URSS ou ne sera pas ! En effet, après un premier volet largement basé sur le front ouest (Normandie, Ardennes et Afrique du nord) puis des extensions sur la bataille de France, la Sicile, les Pays-bas (Market Garden) et même l’hypothétique débarquement allemand en Angleterre (Sea lion), le virage vers l’est est opéré et le jeu permet de revivre l’attaque allemande de la Russie Soviétique en juin 1941, et les réponses russes ultérieures, dont la gigantesque opération Bagration de 1944. Voyons ce que cela nous réserve…

A ton tour… par tour !

A l’instar de son aîné, Battle Academy 2 est un wargame tactique au tour par tour. Chaque joueur, suivant les missions, contrôle ainsi un camp (allemand ou soviétique) et dispose d’unités variées : infanterie de plusieurs types, véhicules de transports, divers blindés, DCA, mortiers et autres pièces antichar. Chacune a son intérêt en jeu et ses particularités, points forts et faibles. Pour agir, elles disposent de points d’action qui leur permettent de se déplacer sur une carte divisée en cases (en damier plus précisément), d’attaquer ou d’effectuer d’autres actions (déminer, observer, lancer des fumigènes…). Suivant le terrain, le type d’action, ces points se dépensent plus ou moins vite. Il faudra en outre prendre garde aux lignes de visées, aux embuscades (certaines unités peuvent se cacher dans les bois, les maisons…) et donc protéger ses unités, comme les éclaireurs, sous peine de perdre de nombreux effectifs !

A l’aide de ses troupes (qu’il peut choisir en partie au début des missions), le joueur doit remplir des objectifs assez variés. Outre la destruction classique d’ennemis, il peut être amené à mener des actions avec des partisans, couper des colonnes de ravitaillement et détruire des convois, repérer les positions ennemies, etc. Pour ce faire, il dispose également de bonus régulièrement activables et qui dépendent des missions : support aérien, médical, d’artillerie, et peut tenter de remplir des objectifs secondaires qui augmentent le challenge. Le tout dans des campagnes qui couvrent l’essentiel de la guerre à l’est, mais également dans des escarmouches, avec un éditeur de carte qui permet de créer très facilement ses propres parties. Sans oublier le multijoueur, doté de l’ingénieux système de Slitherine qui permet de jouer facilement par email (PBEM++).

Bref, nous avons affaire à un wargame tactique abordable par tous et qui permet de belles heures de jeu, d’autant plus qu’il est traduit dans la langue de Molière et ne souffre pas de bugs majeurs. Certes, on passera sur les graphismes 3D un peu plus précis mais au style encore assez simpliste, qui ont toutefois l’avantage de ne pas demander un ordinateur suréquipé. Et permettent aussi au jeu d’avoir récemment été adapté sur iPad.

« Na zapad ! » (Vers l’ouest !)

Après avoir vu les caractéristiques générales du jeu, revenons maintenant sur son contenu propre : l’invasion de l’URSS et ses suites. Il ne s’agit pas de pouvoir refaire l’intégralité de cette grosse partie de la Seconde Guerre mondiale, mais d’en jouer tout de même quatre beaux morceaux grâce à deux campagnes allemandes et deux autres coté soviétiques. La première, côté germain, revient donc sur les premiers mois de l’attaque à l’est à partir de juin 1941 (Opération Barbarossa). La seconde s’inscrit dans sa droite ligne puisqu’elle est consacrée à la contre-offensive russe de l’hiver de la même année, qui stoppa les Allemands devant Moscou. Après un saut dans le temps, les deux dernières campagnes sont constituées de la troisième bataille pour la ville de Kharkov (hiver 1943, côté allemand) et enfin de l’offensive géante soviétique de juin 1944, Bagration. On notera l’effort de recherche fait par le studio qui nous évite là les éternelles redites autour des batailles de Stalingrad et Koursk.

De plus les unités sont nombreuses et évoluent avec le temps. Par exemple les chars soviétiques T-34 de 1941 deviennent des T34/85 dans les dernières campagnes (nouveau canon de 85mm), de l’infanterie d’assaut armée du mythique PPSH-41 est disponible en grand nombre à la fin… Sans compter la présence du génie, des mitrailleuses légères comme lourdes pour les deux camps et même des partisans soviétiques, assez rare pour être noté. Idem pour les unités dotées de fusils antichars, peu souvent représentées sur nos ordinateurs.

Certaines missions sortent ainsi vraiment de l’ordinaire, comme l’une de Barbarossa où les Allemands doivent affronter un char lourd KV-1 adverse. La découverte de ce monstre en apparence indestructible fut historiquement une très mauvaise surprise pour eux et le revivre en jeu est intéressant. Si vous jouez à haut niveau de difficulté, bon courage pour l’affronter et le vaincre ! De l’autre côté, jouer une Armée Rouge en pleine puissance dans la dernière campagne change agréablement des clichés sans cesse véhiculés sur elle depuis la Guerre Froide. Tout ceci permet quelques sueurs froides et une durée de vie fort sympathique. Certes, on aurait aimé poursuivre « l’aventure » jusque dans Berlin en 1945… Peut-être pour une future extension ? En attendant, ne boudons pas notre plaisir.

Battle Academy 2
Un puissant char lourd KV a détruit le convoi… Une petite force est envoyée lui régler son compte.
Battle Academy 2
L’une des chenilles du KV ayant sauté, il s’est trouvé immobilisé et j’ai pu l’attaquer par derrière.
Battle Academy 2
Dans le briefing d’un scénario, voyez notre préview pour d’autres exemples, l’achat d’une partie des unités permet de varier les tactiques selon ses préférences.
Battle Academy 2
Détail appréciable, le jeu est ponctué de très belles illustrations, donnant le ton des scénarios et des situations.
Battle Academy 2
Les partisans encerclent le village tenu par les Allemands…
Battle Academy 2
Tir d’artillerie sur les positions allemandes. Coté nouveautés il y a désormais les fumigènes et les tranchées.
Battle Academy 2
… et détruisent un convoi au cocktail Molotov
Battle Academy 2
Une partie de mes forces au début de Bagration. On notera les champs de mines et les chars de déminage.

Au final Battle Academy 2 : Eastern Front est un jeu à conseiller. Simple d’accès mais pas simpliste, offrant du challenge, des missions qui changent agréablement des autres productions et un mode multijoueur éprouvé. A conseiller à tous ceux qui veulent entrer dans le domaine du wargame et aux autres qui ne rebutent pas de changer parfois d’approche. Si vous n’avez pas aimé le premier, peu de chance que le second vous fasse changer d’avis… Sauf peut-être grâce à son thème bien traité ?

  • Un wargame en 3D et facile d’accès, parfait pour les débutants.
  • Des missions originales (avec les partisans…).
  • Mode multi PBEM++, pratique et rapide, un bon choix pour les vétérans.
  • Diversité des unités (troupes d’assaut soviétiques avec cuirasse…).
  • Grand public, risque de ne pas plaire aux wargamers les plus exigeants.
  • Graphismes ayant peu évolué depuis le premier volet, quatre ans plus tôt.
Infos pratiques

Date de sortie : 12 septembre 2014

Éditeur / Studio : Matrix Slitherine

Site officiel : fiche chez Matrix

Prix : 33.99 € (HT) en téléchargement, 42.99 € (HT) en boîte – Disponible dans notre boutique en ligne.

A lire en complément notre préview, Battle Academy 2 : en route vers le Front de l’Est ! , la traduction de cet interview, ou encore nos articles sur ces précédents titres de la série : Test de Battle Academy ; Test de Battle Academy – Operation Husky ; IA-t-il un wargamer dans mon PC ? Le cas de Battle Academy ; Test de Battle Academy : Blitzkrieg France.

 

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