Avril, mois des poissons… Quel à propos de la part de Slitherine, d’avoir choisi ce hublot particulier, une date / fenêtre coincée entre le jour des canulars et celui des œufs, pour nous gratifier d’une nouvelle extension à Order of Battle. Kriegsmarine, le titre lui-même sonne comme celui d’une cloche, lugubre et menaçante. La marine de guerre allemande, terreur des océans est sur le pont, prête à en découdre avec ses vieux ennemis, à joncher les fonds abyssaux de carcasses d’acier. Alors, cette Kriegsmarine, coquille de noix ou aigle des sept mers ? Voyons cela de plus près.

Premier constat évident, comme d’habitude avec cette série la ligne reste ténue entre réalisme historique scrupuleux et intérêt laissé volontairement au gameplay. Ici donc, le spécialiste des marines allemandes et polonaises durant la Seconde Guerre mondiale sera d’emblée surpris de constater que les polonais disposent de certains navires en nombre supérieur à ce que proposait leur arsenal au début du conflit et pareillement, de pouvoir côté allemand aligner des vaisseaux comme le croiseur lourd Admiral Hipper pour prendre part à la chute de la Westerplatte.

Qu’importe, ces détails n’influent aucunement sur le plaisir qu’on prend à manœuvrer nos navires miniatures, toujours aussi délicatement modélisées. Encore une fois, l’équilibre entre plaisir de jeu et réalisme donne toute sa saveur à cette extension.

Enfin, dire que cela n’influe aucunement sur le gameplay est quelque peu mensonger. En réalité, comme c’était le cas avec certains scénarios des campagnes précédentes, la disproportion entre les forces du joueur et celles allouées à une IA substantiellement compétente représente parfois l’obstacle majeur à contourner. Bien plus ici, sur des cartes essentiellement marines où par le fait les possibilités tactiques s’avèrent extrêmement limitées.

Inutile ici de chercher le renfort opportun d’un terrain favorable, pour l’attaquant ou le défenseur. Une mer d’huile s’offre aux belligérants ; plateau de jeu uniforme et un peu morne, il faut bien l’admettre. Les terres, lorsqu’elles apparaissent dans un scénario deviennent heureusement un repère salvateur aux yeux du joueur. Il faut reconnaître que, dès la seconde bataille navale, en Norvège, les graphistes ont fourni un travail rassurant, encore une fois ; c’est beau !

Afin de situer le positionnement de ce wargame, pour celles et ceux le découvrant, Kriegsmarine est une extension axée comme l’indique son nom sur les opérations maritimes de l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale. À une échelle régimentaire, le joueur contrôle des unités principalement navales au fil de neuf scénarios retraçant l’essentiel des engagements allemands durant le conflit, à commencer par l’opération Fall Weiss, l’invasion de la Pologne à l’été 1939.

Dès cet engagement initial, la nature multi-armes du jeu prend toute sa saveur, avec des unités aériennes indispensables à l’accomplissement de votre mission, ainsi que dans le soutien d’unités terrestres essentielles pour conquérir les objectifs au sol. Le contenu de cette extension maintiendra par la suite cet équilibre entre opérations purement navales et mixtes. De l’interception et la destruction de cibles telles que des mouilleurs de mines en mer Baltique, de patrouilleurs norvégiens en mer du nord ou des éléments de convois Alliés dans l’Atlantique, jusqu’à des opérations amphibies sur les côtes européennes, les missions sont variées, bien que restant dans la norme de ce que propose Order of Battle depuis sa naissance.

Une carte de campagne qui s’étoffe progressivement. N’oubliez pas que le premier scénario de chaque DLC est jouable gratuitement.
La marine de guerre allemande n’attend plus qu’un amiral à la hauteur.
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La Pologne est le premier théâtre des neufs scénarios historiques ou hypothétiques proposés par cette extension. Une tâche initiale dans vos cordes ?
Les missions restent dans l’esprit de la série, variées et plaisantes.
L’aéronavale tient bien entendu ici une place de choix.
Le Shleswig-Holstein, les premiers obus de la guerre vont s’abattre sur l’enclave allemande en Pologne.

Le nombre de scénarios présentés, neuf au total, s’avère légèrement inférieur aux extensions précédentes mais s’accompagne de l’ajout substantiel d’une cinquantaine d’unités. Certaines faisant montre d’originalité comme ces seaplane tenders, bâtiments allemands équivalents du fameux navire français, premier porte-hydravions du début du XXs, La Foudre.

Destinés à suppléer, à moindre coût, aux fonctions de portes-avions dont le Troisième Reich était dépourvu, ces navires de surface souvent recyclés d’une carrière civile étaient destinés à prodiguer la maintenance nécessaire aux unités aéronavales de reconnaissance / torpillage, tels que les Arado AR-196. Détail historique amusant, il se trouve que la Kriegsmarine n’a en réalité jamais compté de “seaplane tenders” dans ses effectifs, ces unités étant en fait sous le commandement de la Luftwaffe !

L’un des points intéressants de cette extension concerne le fait qu’elle intervient également comme un patch global 3.3.2 (cf. ce changelog) pour toutes les autres campagnes déjà accessibles au sein d’Order of Battle. Ainsi, toutes les améliorations relatives au gameplay introduites par Kriegsmarine se retrouvent implémentées dans les campagnes originelles, Rising Sun et US Pacific (anciennement les deux branches de Order of Battle – Pacific, voir cet article)

Parmi ces changements, le fait que les navires capitaux tels que les cuirassés disposent désormais d’un armement principal et secondaire. Cet armement principal, généralement des canons d’artillerie de marine lourds permettent d’infliger des dégâts supplémentaires, qui plus est à plus longue portée. En contrepartie ils ne sont utilisables que sporadiquement, nécessitant un délai de rechargement souvent équivalent à deux tours de jeu. Subtilité supplémentaire dans la panoplie tactique offerte aux joueurs, il conviendra de les utiliser à bon escient.

Autre ajout sympathique, une fonction de sauvegarde d’un Replay intégral pour chaque scénario complété et librement activable en fin de partie. À la manière de ce que propose déjà depuis longtemps Panzer Corps, cet outil permet de partager ses victoires ou défaites mais aussi d’analyser sereinement ses performances après coup.

Modification apportée cette fois au gameplay, la refonte du tableau des spécialisations. Avec une branche spécifiquement dévolue aux unités navales, elle propose des améliorations intéressantes. Revers de la médaille, les choix offerts semblent parfois tellement délicats, que l’attribution des points de compétence chèrement acquis et parcimonieusement distribués par le jeu rend certaines options, particulièrement tentantes, pratiquement inaccessibles. Un léger rééquilibrage sur ce plan devrait nécessiter un brain storming d’ici peu chez nos amis Artistocrats.

Toutes ces modifications et améliorations seront donc disponibles dorénavant pour qui désirera relancer ou entreprendre l’une des campagnes originelles fournies avec Order of Battle. Quant à déterminer si tout cela aura un impact substantiel sur le gameplay déjà bien rôdé du jeu et si celui-ci s’avérera positif, de nature à ranimer l’intérêt des joueurs expérimentés, les incitant à passer encore quelques dizaines d’heures sur ce titre, bien malin qui pourrait déjà l’affirmer. Les délais impartis à la réalisation de ce test rapide ne me permettent pas de trancher. En tout état de cause, tout cela m’apparaît comme positif mais il ne s’agit que d’une opinion personnelle totalement subjective.

Des bugs émaillaient encore cette version (Presse), quelques heures avant la parution officielle. Rien de vraiment méchant, comme un Heinkel HE-59 qui, après un atterrissage sur un aérodrome pour réparations, s’est retrouvé au tour suivant affecté à la liste des unités de réserve, en attente de redéploiement. Le souci étant dans ce cas que les points de commandement ayant déjà été utilisés, empêchaient une remise en service de l’unité. Rien de dramatique pour une extension somme toute ambitieuse, du moins dans son impact global sur la série.

Des choix difficiles en perspective !
La Kriegsmarine est un adversaire redoutable pour la faible marine nationale polonaise.
La fin de l’un des fleurons de la marine de guerre britannique.
Les scénarios ont, encore une fois, une longueur respectable.

Conclusion, notes, points positifs et négatifs

  • Le thème maritime rafraîchissant et la variété des scénarios.
  • Des unités prestigieuses ou originales.
  • L’intégration des ajouts de gameplay à l’intégralité de la série.
  • Toujours des graphismes et animations au top.
  • Version française disponible

  • En dépit des points positif, le gameplay reste caricatural sur mer.
  • Le thème ne plaira pas à tous.
  • Encore quelques bugs subsistent.

Notes
Multimédia
75 %
Interface
75 %
Gameplay
80 %

Infos pratiques

Date de sortie : 20 avril 2017
Éditeur / Studio : Matrix - Slitherine / The Artistocrats
Prix : 9,99€
Site officiel :

fiche sur Steam ; fiche chez l’éditeur.

Remarques :

Version testée : v3.3.2 sur Windows 10 Pro 64bits – AMD FX 8350 4,2Go – RAM 16 Go – eVGA GTX760 SOC 2Go.

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alphadusoir
*
l’enorme probleme de ce jeu (non je ne parlerai pas de l’IA qui ne vaut pas grand chose comme d’habitude ( et n’esperez JAMAIS une amelioration de l’IA les developpeurs ont dit a maintes reprises que developper IA couterait beaucoup trop de ressources pour un resultat plus qu’incertain et rendre plus beau un jeu est plus facile que le reste et c’es ce qui se passe dans les wargames depuis des annees : les chenilles roulent, les canons tirent mais IA reste detestable donc il ne faut QUE jouer contre un humain aux wargame et ne me parlez pas d’augmenter… Lire la suite »
Groomy
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Faut avouer que l’IA de Panzer Corps et OfB sont affligeantes et rien que pour ça que je déconseille ces deux jeux. (Et pourquoi une réaction aussi violente alors qu’un mec qui vient faire du spam pour OfB avec un beau “mauvais jeu” sur le test d’Army Generall recueille un agréable “You’re Welcome” ?)

Groomy
*

Sauf pour y jouer en multi évidemment.

Bertrand
* * *

On peut comprendre de différentes manières l’expression you’re welcome, soit pour souhaiter la bienvenue, soit plutôt comme une sorte d’interjection, pour clore un sujet. Un peu comme quand on dit “De rien !”.