The Artistocrats nous avait plutôt habitué à des théâtres d’opérations peu connus avec la Birmanie, la Finlande, ou encore les opérations maritimes de la Kriegsmarine. Quel changement avec cette extension, qui nous met, encore une fois, à la tête de l’Afrika Korps, à la place de son charismatique chef, le général Erwin Rommel.
Je ne reviendrais pas sur le système de jeu, il est archi-connu pour les amateurs de la série Order of Battle. Pour les autres, n’hésitez pas à consulter les articles précédents dans notre gazette. Sandstorm propose quatorze scénarios, historiques pour la plupart, qui vont couvrir les principales batailles, mais aussi la protection des convois, l’assaut aéroporté fictif de Malte ou la chasse aux camions de ravitaillement. On va débuter avec la contre-offensive de Rommel en mars 1941 jusqu’à la victoire totale en Afrique du Nord de l’Axe (!?).
N’espérez pas coller à l’histoire en prenant la place de Cunningham, Ritchie, Auchinleck ou autre Montgomery, la campagne n’est pas jouable côté Alliés. Le système du jeu est bien rodé, et cette extension ne lui apporte aucune nouveauté. L’arrivée de nouvelles unités, de crêtes pour varier le terrain et de la fameuse « tempête du désert » ne révolutionne pas le jeu.
Peu habitué à la série, j’ai testé l’extension au niveau moyen, dans le double but d’arriver à la fin de la campagne tout en ayant un challenge décent. Il faut bien constater que pour un joueur expérimenté ce niveau s’avère insuffisant et ne nécessite que peu de réflexion. De toute façon, en cas d’échec, on peut recommencer le scénario à volonté. Le jeu simule tous les problèmes de ravitaillement, de commandement, mais surtout de fatigue des troupes. Il est donc d’un abord facile en prenant toutefois en compte de nombreux paramètres, ce qui est la caractéristique principale de la série.
Alors, pourquoi acheter cette extension ?
Tout d’abord, pour le thème, ce théâtre d’opération est le seul où on peut jouer l’Axe sans passer pour un méchant fasciste, ou donner l’impression de cautionner le régime hitlérien et ses abus. Cela grâce à l’image très positive du commandant de l’Afrika Korps, contraint au suicide suite à l’attentat manqué du 20 juillet 1944, bien qu’il ait toujours été très proche du Führer.
Ensuite les scénarios sont nombreux et variés pour un prix raisonnable. Néanmoins, leur qualité est très inégale. Certains ont un intérêt limité, surtout ceux qui ne s’appuient pas sur une bataille d’envergure. Les guerres aériennes et navales ne sont pas assez développées pour justifier de scénarios qui leur soient entièrement consacrés. Par contre, d’autres nécessitent une réelle planification et cela dès le premier tour. L’opération Hercules, l’assaut fictif de Malte, en est la parfaite illustration (ne cherchez pas de captures d’écran, il faut préserver le suspens).
Mais, le plus important, c’est le plaisir du jeu et là, il est très présent. On ne s’ennuie pas. Les objectifs secondaires, source de points de spécialisations, deviennent incontournables pour la continuité de la campagne. Si ce côté « jeu de rôle » existait déjà auparavant dans la série, il reste un plus. Il est amplifié par l’attribution aux unités de chefs, qui améliorent leurs capacités, sans déséquilibrer le jeu pour autant.
Les fenêtres d’information historique immergent le joueur dans le thème, bien que l’historicité générale laisse à désirer. Peut-on imaginer qu’un chef d’état-major, ou un dirigeant d’état, envoie des renforts, à fortiori un surplus de troupes à un général victorieux ? D’ailleurs, Rommel, lorsqu’il a vu les troupes déployées en Tunisie après le débarquement allié en Afrique du Nord, a regretté que ces renforts lui aient été refusés quand il en avait besoin.
La trame historique est respectée, ainsi une victoire totale en Cyrénaïque n’empêchera pas les Alliés de débarquer en Afrique du Nord, même si les troupes engagées devraient être radicalement différentes.
Il est de toute façon très difficile de simuler une campagne victorieuse, quand la réalité est autre. Peut-être aurait-il fallu s’arrêter à El Alamein. Les concepteurs ont donc ajouté plus de scénarios fictifs qu’annoncé.
L’Afrique du Nord un théâtre secondaire ?
Je n’avais joué à Order of Battle qu’à son tout début avec le scénario d’introduction et un peu la première campagne. J’avais été déçu, je le trouvais trop figé avec ces îles perdues. Mon retour sur la série avec Sandstorm m’a enthousiasmé et donné envie de reprendre les opus précédents. Il faut dire que même si les cartes ne sont pas très grandes, j’avais enfin de l’espace.
La ressemblance avec Panzer General et autre Panzer Corps m’a sauté aux yeux, ce qui n’avait pas été le cas précédemment. Néanmoins, Order of Battle est beaucoup plus poussé avec la gestion de la fatigue, du ravitaillement et de toutes les améliorations obtenues au fil des extensions.













