Bon nombre de jeux réussis appellent des extensions, et Crusader Kings II n’échappe pas à la règle. Hormis des DLC de moindre importance, Sword of Islam est donc la première extension d’envergure consacrée à cet excellent jeu. Comme son nom l’indique elle est centrée sur les puissances musulmanes, désormais pleinement jouables.

Brandissez l’épée de l’Islam

Pour commencer on remarquera que cette extension comble un grand vide dans Crusader Kings II, à savoir qu’elle permet enfin de jouer en tant que seigneur musulman. S’il était jusque-là possible de revivre les croisades du côté chrétien (le pape pouvait les déclencher, il y avait des ordres de combattants sacrés etc.), désormais l’autre bord est possible ; libre à vous d’incarner l’un des Kurdes les plus fameux de l’histoire, le célèbre Saladin !

Idem concernant la lutte pour l’Espagne : il est désormais possible de faire échouer la Reconquista. Enfin, de nouveaux territoires sont à gouverner en Afrique, la carte allant jusqu’au Ghana et au Mali. Rien que cela allonge considérablement la durée de vie et les possibilités de jeu. Nouvelle aire de jeu oblige, l’environnement des puissances musulmanes est différent et s’adapte mieux à leurs particularité.

Les menus, provinces, personnages et évènements bénéficient par exemple de nouvelles illustrations, et d’ailleurs il y a de nombreux évènements inédits comme le pèlerinage à la Mecque (qui peut déclencher d’autres évènements), ou la célébration du Ramadan. De plus, de nouveaux traits de caractère sont disponibles pour les personnages. Sans oublier que les comtes ou ducs occidentaux sont là des cheiks, des émirs alors que les souverains les plus puissants ne sont pas rois mais califes, bien sûr.

On a parlé de brandir l’épée de l’Islam, et c’est bien ce qu’il faudra faire. Ainsi, le Djihad peut être lancé sur une terre, pour faire écho à la croisade des puissances chrétiennes de Crusader Kings II. Jouer le temps des croisades promet d’être passionnant. Déclarer la guerre est également différent. Pas besoin de créer des revendications si vos voisins ne sont pas de la même branche de l’Islam que vous (sunnite, chiite…). Il est également possible de dépenser de la piété afin de grignoter des provinces adjacentes. Avec une bonne gestion, il est donc possible de s’étendre beaucoup assez rapidement, avec d’autres conséquences en termes de jeu.

Technologies.
Déclaration de guerre.

Gérez d’une autre façon votre domaine

En effet, les us et coutumes n’étant pas les mêmes dans le monde musulman, on ne jouera pas de la même manière dans Sword of Islam que dans le jeu originel. Ainsi, la polygamie est autorisée, et l’évêché n’existant pas dans l’Islam, on ne gérera pas les possessions religieuses de la même manière. De plus, les lois et surtout la succession ne se traite pas pareillement. Cette dernière est unique : l’héritier hérite de tout. Étant donné que celui-ci a souvent beaucoup d’oncles, de cousins, de frères et demi-frères (la polygamie aidant), les guerres de succession sont donc souvent plus fréquentes et ramifiées et les prétendants jaloux nombreux.

Jamais gérer sa dynastie n’aura été si intéressant et si délicat, et l’interface de complot si utile ! Si la conquête est simplifiée, les dissensions internes sont donc aussi plus importantes. Cela reflète bien les problèmes qu’ont historiquement subit des entités comme les califats successifs, éclipsés à  l’arrivée des puissants Turcs Seldjoukides car minés de l’intérieur.

Cette corruption interne est représentée dans le jeu par un pourcentage plus ou moins important de « décadence ». Il faudra veiller de très près à cette jauge ! Elle augmente principalement quand votre famille est trop grande et peuplée de parents oisifs, sans terre, aux traits de caractère négatifs. On peut y mettre un terme par les guerres victorieuses, et certains évènements, par exemple. Or, c’est là s’obliger à s’étendre toujours plus, pour rester dynamique…. Mais par là même prendre le risque de devenir une entité trop grande et impossible à gérer, ce que le morcellement historique de plusieurs puissances musulmanes confirme.

A terme, une puissance trop étendue et rongée de l’intérieur peut être renversée par un concurrent plus valide. Prenez plus que jamais garde aux hordes mongoles ! Enfin, on notera que les Musulmans démarrent avec un niveau de technologie plus avancé que les Occidentaux, ce qui ne fait que refléter la réalité. Un seul exemple pour l’illustrer : leurs médecins avaient été horrifiés des méthodes expéditives de leurs collègues latins durant les croisades, là où ils savaient déjà calmer la douleur des patients…

Conclusion

Voilà donc les principaux ajouts de l’extension. Vous l’aurez compris, celle-ci vaut le détour. Le contenu est conséquent, ajoute une nouvelle dimension au jeu qui gagne en intérêt, rejouabilité et profondeur. Les  joueurs de Crusader Kings II peuvent se jeter dessus sans hésiter !

  • Pouvoir incarner les seigneurs musulmans
  • Gestion des territoires différente pour ceux-ci
  • Carte d’Afrique assez peu améliorée
  • Devoir repasser à la caisse pour une expérience complète (unités africaines en DLC).
Infos pratiques

Sortie : 26 Juin 2012.

Éditeur/développeur : Paradox Interactive

Prix éditeur : 9.99 € en téléchargement (Steam, Gamersgate).

Site officiel : www.crusaderkings.com ou www.paradoxplaza.com/games/crusader-kings-ii-sword-of-islam.

N.B. : la sortie de Sword of Islam a été accompagnée d’un patch (1.06) permettant aux joueurs de CK II de bénéficier d’une partie des améliorations du jeu même sans l’extension.

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