Jeu à petit budget, nous avions bon espoir de trouver un gameplay épuré mais néanmoins intéressant. Malheureusement, nous n’y avons pas trouvé grand-chose.

War, The Game est développé par un petit studio indépendant, Gabber Games, sur le principe d’un jeu de guerre géostratégique en temps réel et à l’échelle mondiale. Plus précisément, le jeu propose une succession de missions vous présentant les bases des règles (dans l’ensemble relativement simples), et un rapide briefing généralement du type : « vous êtes un commandant exceptionnel, tel pays souhaite vous payer X dollars pour que vous l’aidiez à éliminer / conquérir / défendre telles villes ou tels autres pays ». Il est possible de jouer en multijoueur mais si vous n’avez pas de compagnon de jeu, il vaut mieux oublier jouer avec d’autres internautes, fautes de popularité.

Reprenons un peu les principes du jeu. La clé du système ce sont les dollars. Pour chaque ville sous votre contrôle vous gagnerez 5, 10, 15 milliards de dollars par an, voire plus pour les grandes métropoles (Paris, Londres, etc.). Seules les villes les plus importantes de chaque pays sont modélisées. Pour la France ce sera Paris, Bordeaux et Marseille. Toutes ces villes vous rapportent une certaine somme par jour qui vous permettra d’acheter différentes unités.

Le principe est donc très simple, tout passe par le contrôle des villes. Ici pas d’objectifs annexes, pas de mine d’or ou autre. Les villes ou rien. Avec l’argent qu’elles rapportent vous pourrez alors construire des unités si tant est que la ville que vous possédez le permettent. Exemple, à Bordeaux, vous pourrez construire des unités navales mais pas d’unités terrestres ou aériennes.

Les unités navales sont au nombre de trois : transport, porte-avions, navire de guerre.
Les unités terrestres sont au nombre de deux : infanterie et blindés.
Les unités aériennes, deux également : chasseur et bombardier.

La particularité du jeu est que toutes les unités ont une valeur de 100. La seule différence est d’ordre stratégique, les blindés vont à 40km/h, l’infanterie à seulement 6km/h. Les chasseurs ont une portée moindre que les bombardiers, mais peuvent rayonner autour d’un porte-avion, l’infanterie dispose d’un bonus x2 lorsqu’elle défend une ville. Le prix des unités est variable, l’infanterie étant celle qui coûte le moins cher.

Votre rôle sera donc d’utiliser à bon escient vos différentes unités et surtout miser sur leur vitesse de déplacement pour attaquer des villes simultanément, tout en soutenant avec votre aviation… Et puis pas grand-chose de plus.

Viennent alors les défauts du jeu, le premier étant que le joueur qui a une majorité de villes est quasiment certain de gagner. Bien sûr, il existe quelques villes ayant un lanceur atomique permettant d’anéantir des piles d’unités mais, globalement, celui qui défend bénéficiant d’un tel bonus, et les unités n’ayant aucun avantage les unes face aux autres (toutes ont une valeur de 100, point à la ligne), seul le nombre d’unités comptent. Donc, effectivement, la jouabilité est épurée mais la stratégie l’est au final également. Il n’y a pas de notion de logistique ou de rapport de force type pierre-feuille-ciseaux. On se rapproche un peu d’un Risk dans l’idée, mais à cela se rajoute une surcouche catastrophique pour un jeu de stratégie, la sélection des unités est tout simplement horrible.

Imaginez 5 avions et 4 infanteries sur une ville ainsi qu’une caserne. Pour sélectionner la caserne, il vous faudra cliquer 10 fois sur la ville afin d’accéder au bâtiment et pouvoir construire une nouvelle unité. Pour sélectionner une unité d’infanterie de cette pile, il faudra successivement cliquer 6 fois pour accéder à la première unité d’infanterie. Les raccourcis-claviers sont inexistants (Ctrl+1/2/3 etc.). C’est tout simplement injouable dès que vous dépassez les 30-40 unités à gérer. Arrive ce qui devait arriver, on effectue alors un gros carré de sélection à la souris et envoie le tout à l’attaque après avoir vérifié que l’on ait bien au total au moins une unité de plus que l’ennemi pour gagner le combat. Cela annihile globalement tout le plaisir de construire des stratégies élaborées.

Finalement ce jeu ressemble à une sorte de Risk avec un peu de Defcon, la carte étant par ailleurs assez sympathiquement modélisée, mais il manque beaucoup de choses pour faire de War, The Game un divertissement à leur niveau.

Alors pour neuf euros, certes, on ne risque pas grand-chose, mais il m’est incompréhensible de lire les notes données par des confrères anglo-saxons. Les scénarios sont heureusement variés et il faudra quand même parfois se triturer les méninges pour résoudre la situation proposée. La bande-son est agréable. Certes il y a peu de pistes musicales, 3-4, mais force est de reconnaître que celles-ci sont belles. Par ailleurs, le studio semble vraiment motivé pour continuer le développement de War, The Game, annonçant sur les forums de Steam des mises à jours mensuelles.

war-the-game-test-01
Choix des missions.
war-the-game-test-02
Briefing.
war-the-game-test-04
Le Nigeria envahit l’Afrique, défendez-là !
war-the-game-test-05
L’Argentine doit sauver l’Amérique du sud. Les avions seront utiles.
war-the-game-test-06
Combat au sommet. Deux grosses piles s’affrontent, mais c’est mal engagé pour l’Argentine.

Derniers mots

Au final, il me semble bien sur important de soutenir les jeux indépendants mais, pour le moment, il manque beaucoup de choses à War, The Game pour en faire un jeu captivant ne serait-ce que plus de cinq heures, comme le montre la majorité des évaluations données par les joueurs au jeu sur Steam.

  • Carte et simplicité des règles.
  • Contrôles des unités et jouabilité.
  • Le plus gros gagne.
Infos pratiques

Date de sortie : mai 2014 sur Desura, 12 janvier 2015 sur Steam

Éditeur / Studio : Gabber Games

Site officiel : www.warthegame.net ; fiche sur Desura ; fiche sur Steam.

Prix : 9,99 € en téléchargement

[wp_biographia]

COMMENTAIRE

Ajouter votre commentaire
Veuillez indiquer votre nom ici