Faites chauffer les chaudières, hissez hauts les pavillons et ressortez votre casquette d’amiral de l’armoire, car nous prenons la mer en compagnie du dernier-né de Wargaming.net,  World of Warships. S’il est sorti le 17 septembre 2015, il a bien évolué depuis et voyons ce que nous pouvons en dire à l’heure du tout récent patch 0.5.3.2, qui ajoute notamment les croiseurs soviétiques à nos arsenaux.

Un jeu résolument arcade

De quoi s’agit-il donc ? Résolument d’un jeu orienté arcade, au principe simple. C’est-à-dire que des équipes composées de navires américains, japonais, russo-soviétiques et allemands des années 1900 à 1940 s’affrontent à la manière d’un World of Tanks du même studio. En quelques clics, on prend en main le jeu : le clavier permet d’orienter son navire et d’ajuster son allure, de changer de type de munitions et de donner quelques ordres supplémentaires. La souris, elle, sert à orienter la caméra et, partant, les tourelles de ses vaisseaux puis, une fois celles-ci dirigées en direction de l’ennemi, d’ouvrir le feu par un clic. Au joueur d’évaluer avant le trajet de son tir en fonction de la distance et du type d’ennemi sur lequel on déchaîne les enfers. En quelques parties, on assimile ces gestes de base qu’il faut peaufiner avec l’expérience et adapter aux différents bâtiments jouables.

En effet, il y a au menu quatre catégories de navires : les destroyers, les croiseurs, les cuirassés et les porte-avions. Les premiers sont petits et maniables, ils servent à la reconnaissance et sont capables d’envoyer de redoutables torpilles sur leurs adversaires, ou même de harceler des navires avec leur modeste, mais présente, artillerie, surtout utile contre un ennemi à l’arrêt. Les seconds sont des navires intermédiaires, plutôt maniables, avec une bonne artillerie et des capacités antiaériennes certaines. Certains sont plus imposants que d’autres, disposent aussi de quelques torpilles etc.

C’est l’une des catégories les plus équilibrées du jeu… Mais qui ne dispose pas de la puissance de feu de ces monstres que sont les cuirassés, capables de réduire en miettes leurs ennemis en quelques salves de leurs grosses pièces. Le revers de la médaille est qu’ils sont lents, peu maniables et que leurs tourelles tournent lentement pour une cadence de tir assez réduite. Enfin, des porte-avions, dont le gameplay est particulier car il consiste avant tout à envoyer des escadrilles, soit pour repérer, soit pour torpiller les navires d’en face, avec une interface qui rappelle un jeu de stratégie, justement. Redoutables s’ils sont bien utilisés (historiquement, ils détrônèrent le « roi » cuirassé), ils doivent impérativement être protégés car n’ont quasiment aucune capacité de défense seuls.

Après, le jeu comporte tous les aléas de parties en ligne : les équipes jouent rarement ensemble, souvent chacun part dans son coin sans vraiment s’entraider… Le matchmaking peut laisser à désirer, même s’il a été revu, et il arrive qu’on se retrouve en face de navires bien plus puissants que soi, mais cela est en passe d’être réglé. Malgré tout ceci, il faut bien dire que les parties sont dynamiques, que les affrontements peuvent être très bien menés et vraiment intéressants contre de bons joueurs qui savent moduler leur vitesse, changer de cap ou se cacher derrière les petites îles après avoir expédié une bordée.

Test World of Warships
La carte stratégique des parties, qui permet de définir le pilotage automatique et tout simplement d’avoir une vision d’ensemble.
Test World of Warships
L’ennemi se dérobe derrière une île , ce sera pour la prochaine fois.
Test World of Warships
Aperçu d’un croiseur américain de rang IV, de la classe Phoenix.
Test World of Warships
L’arbre de compétences.

Pour le moment les cartes sont assez peu nombreuses et les arbres technologiques des quatre pays cités très inégaux : le Japon et les États-Unis ont tous les types de navires évoqués, mais pas les deux autres, quoiqu’une mise à jour vieille de quelques jours seulement étoffe les capacités des soviétiques comme je le disais en introduction.

On sera aussi ravi d’apprendre que la Royal Navy est programmée, mais, nous autres Français aimerions bien évidemment pouvoir donner du fil à retordre à l’adversaire avec de puissantes unités comme le Richelieu de 1939 et ses tourelles de 380 mm ! En considérant que World of Tanks a vu arriver les chars français, rien d’impossible… Idem pour la marine italienne, qui elle aussi pourrait en théorie à l’avenir faire l’objet d’une mise à jour.

Je regrette également que, comme pour les jeux précédents, les batailles aléatoires n’aient rien de réaliste, je veux dire par là que les navires des différents pays sont mélangés entre eux dans les équipes, sans aucune espèce de logique de nationalité. On se plaît à imaginer des parties plus historiques comme chez le concurrent War Thunder.

Un côté plus tactique tout de même

A côté de la partie purement réservée au combat, on trouvera tout de même des éléments plus tactiques et de personnalisation. Tout d’abord, par la simple pression de la touche « M » du clavier, le jeu bascule dans un mode carte en temps réel, où l’on peut voir la position des navires alliés et ennemis, à la condition qu’ils aient été détectés, ainsi que les tirs effectués et divers conseils. De plus, en quelques clics on peut définir une route pour son bâtiment, avec divers points de passage pour ajuster sa course.

Cela permet, par exemple, de se concentrer sur le combat une fois que celui-ci a débuté. Bien sûr, dans le feu de l’action, on peut toutefois s’y perdre et oublier de rectifier sa route, notamment si des torpilles ont été envoyées ou si un ennemi apparaît subitement là où on ne l’attendait pas. Il va donc falloir jongler entre la carte tactique et le jeu lui-même, pour garder le contrôle sur la situation.

Outre cela, les habitués des productions de Wargaming.net retrouveront avec plaisir tous les éléments de personnalisation pour leur flotte. Déjà, ceux-ci sont rangés par tier, on dirait classe dans la marine, numérotés de I à X, qui correspondent à la puissance de ceux-ci. Ainsi, le tier I correspond aux navires les plus anciens en termes de jeu, et disponibles dès le début. Les autres se débloquent au fur et à mesure. De plus, les navires eux-mêmes peuvent subir des transformations.

Évidemment, un cuirassé ou un croiseur n’est pas un blindé et les classes de navires sont moindres que dans Word of Tanks ou Word of Warplanes, néanmoins elles existent. Ainsi, historiquement, un vaisseau de guerre vieillit assez vite et certains firent l’objet de ce que l’on nomme dans le jargon une refonte. C’est-à-dire que l’on a pu changer tout ou partie de leur artillerie, installer des moteurs plus puissants…. Voire les immobiliser en cale sèche pendant très longtemps pour presque tout refaire. Économiquement, ces transformations furent parfois quasiment plus coûteuses que construire un nouveau navire, pour des résultats pas toujours excellents, de plus.

Toutefois, le jeu n’intègre pas ces considérations là et, moyennant de l’expérience et des crédits (voir la suite), il est donc possible d’améliorer ses navires, en leur « payant » de nouvelles chaudières, une coque plus résistante ou de nouveaux canons. On peut aussi renforcer leur habileté au tir, à la lutte contre les incendies, au combat anti-aérien, via le commandant de son bâtiment, qui gagne des points de compétence à répartir.

Enfin, des installations optionnelles comme des pavillons peuvent être débloquées, qui, elles aussi, confèrent des bonus parfois importants. Or, je l’ai évoqué, tout ceci a un prix, ce que nous allons voir de suite…

La question du modèle économique

D’entrée de jeu, rappelons tout de même que World of Warships est un jeu en ligne gratuit, tant à l’inscription que pour le contenu complet en jeu. Il suffit donc de télécharger le client et se laisser guider. Toutefois, les choses ne s’arrêtent pas là et si des récents patchs ont abaissé le coût de certaines fonctionnalités, il n’en reste pas moins que son modèle économique optionnel ne fait pas l’unanimité.

Tout d’abord le titre contient des monnaies virtuelles, dont une, les crédits, gagnée lors des parties et qui permet de débloquer les navires suivants, les améliorer etc. Or, contre argent sonnant et trébuchant on peut en acheter et/ou acquérir des doublons, l’autre monnaie du jeu, qui est utilisable dans de nombreuses situations.

Il est aussi possible de passer en mode « premium », qui augmente l’expérience des navires et les crédits gagnés. Avec ce coup de pouce financier, il est donc possible d’acheter plus rapidement des améliorations pour ses navires.

Ainsi, on débloque bien plus vite les options et surtout les derniers rangs de navires du jeu, qui coûtent extrêmement cher en temps. Autrement dit, pour les obtenir sans payer, il va falloir faire parfois plus d’une centaine de batailles avant d’avoir assez de crédits. Si l’on joue peu souvent, qu’on s’amuse déjà bien avec les premiers rangs des différents navires, au fond peu importe, mais si l’on désire jouer avec les plus puissants cuirassés et porte-avions de l’époque couverte par le titre, il va falloir mettre la main au porte-monnaie ou être très très patient. C’est le prix à payer pour la gratuité du jeu.

Test World of Warships
Vue rapprochée d’un canon. On notera les textures baveuses sur les lance-torpilles. Toutes les options sont au maximum pourtant.
Test World of Warships
L’arbre technologique soviétique s’enrichit.
Test World of Warships
Vue rapprochée d’un cuirassé et de ses tourelles de devant. Placer un coup au but va être difficile avec ces monstres.
Test World of Warships
Le même, en train de couler à la fin de la bataille. J’ai quand même pu expédier onze coups “dans le mille” et réussi à mettre hors-service un adversaire. C’est déjà ça.
Infos pratiques

Date de sortie : 17 septembre 2015

Studio – Éditeur : Wargaming.net

Site officiel : worldofwarships.eu

Prix :  gratuit avec micro-transactions (jeu en téléchargement)

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3 Commentaires

  1. Bonsoir, assez bizarrement pour un ancien marin je possède les opus sur les blindés et les avions mais j’étais assez dubitatif sur ce que cela pourrait donner avec la marine. Votre article et les photos d’écran mon donné envie d’essayer. J’ai eu la chance de croiser les versions modernisés de l’Iowa et du New Jersey je crois, l’idée de pouvoir les “maneuvrer” est finalement assez tentant, en attendant la flotte française bien sur…Amicalement. thierry

  2. Je lui préfère tout de même son concurrent direct “Steel Ocean”, un peu moins joli visuellement, mais un peu plus complet à mon gout.

    Quoiqu’un comparatif entre les deux pourrait être intéressant pour les amateurs du genre…

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