Un an après la sortie de Unity of Command, le petit groupe de développeurs croates indépendants de 2×2 Games produit son premier DLC pour ce jeu qui, rappelons-le, couvrait la campagne allemande de 1942 pour Stalingrad et le Caucase, puis la contre-offensive d’hiver soviétique qui s’en est suivie.

Red Turn : the Road to Berlin, quant à lui, nous propose de découvrir la marche en avant des armées soviétiques à partir de l’opération Roumiantsev d’août 1943. Date à laquelle l’Armée Rouge reprend définitivement l’initiative des opérations à la suite de l’échec allemand autour du saillant de Koursk en juillet de la même année, et ce pour ne plus lâcher la Wehrmacht jusqu’à la défaite totale de l’Allemagne hitlérienne.

Cet add-on nous offre ainsi la possibilité de rejouer les deux dernières années de la Seconde Guerre mondiale sur le Front de l’Est côté soviétique, avec pas moins de 17 scenarii liés entre eux dans le mode campagne, ou au travers de 19 scenarii indépendants, ceux de la campagne auxquels s’ajoutent deux courts scenarii relatant les opérations de l’été 1943 côté allemand, dont l’opération Citadelle (la bataille de Koursk) et celle pour la reconquête de Zhitomir.

Au-delà de ce contenu relativement varié, force est de constater qu’il n’y a pas vraiment de nouveautés dans cet opus qui reprend le système de jeu de Unity of Command, au gameplay qui se révélait néanmoins agréable, rapide à prendre en main et efficace.

On retrouvera ainsi la prise en compte de nombreux facteurs dans la détermination des résultats de combat, tant la qualité et l’expérience des troupes que leurs effectifs, la présence d’unités spéciales –  telles que des blindés lourds, de l’artillerie, des lance-roquettes Katyusha, des canons anti-chars ou anti-aériens, du génie, etc … – venant compléter la traditionnelle répartition entre unités d’infanterie, de cavalerie, motorisées/mécanisées et blindés.

Les effets de la météo et du terrain sont toujours pris en compte, de même que la cruciale importance de la logistique et du ravitaillement. A l’instar de Unity of Command, on se retrouve donc en début de scenario à la tête d’un nombre d’unités donné, dont les forces et les faiblesses inhérentes doivent être prises en compte par le joueur pour atteindre les objectifs qui lui sont fixés dans les délais impartis. Le respect de ce « timing » définissant la réussite ou l’échec de l’opération et la poursuite de la campagne, les scenarii se débloquant au fur et à mesure en fonction du niveau de victoire obtenu par le joueur.

On ressent bien également l’effet « rouleau compresseur » soviétique comparativement aux opérations de 1942, avec des unités d’infanterie généreusement dotées en brigades spéciales et des unités blindées bien plus nombreuses et puissantes. Cependant, l’armée allemande reste redoutable dans la défensive, et ses forces blindées ne sont pas à sous-estimer. Tout comme dans la réalité, on confiera donc à l’infanterie dotée d’artillerie la charge d’amollir la défense adverse avant de laisser le soin aux unités blindées de provoquer la rupture du front et sa désagrégation, par des manœuvres d’exploitation en profondeur visant les sources de ravitaillement ou les points d’appuis à l’arrière des lignes adverses.

Enfin, la véritable plus-value de cette extension est un éditeur de scenario très complet, que j’appelais de mes vœux en conclusion du test de Unity of Command, et que les développeurs ont donc ajouté. Extrêmement riche, permettant de définir aussi bien les caractéristiques de n’importe quelle unité de combat dans le moindre détail, que le comportement de l’intelligence artificielle tant en termes tactiques que stratégiques, cet outil nous permet soit de créer un scenario à partir de n’importe quel scenario existant dans Unity of Command ou dans Red Turn en le modifiant à loisir, soit de créer des scenarii bien plus vastes sur la base des deux cartes fournies dans chacun des opus.

La taille gigantesque de la carte de Red Turn, de Berlin à l’Oural et de Léningrad au Caucase, permettant si nécessaire, pour les plus courageux et les plus doués d’entre vous, de re-créer l’ensemble du Front de l’Est, dans un scenario de longue haleine !!

 

Campagne 43-45. Les 17 scenarii de la campagne. Notez les petites médailles obtenues lorsque le niveau de victoire atteint « décisif » ou « brillant ».
Éditeur de scénarios. Un outil très complet et assez simple à prendre en main. De belles possibilités offertes aux wargamers courageux sur cette carte immense !!
Opération Citadelle. Les forces blindées de Manstein et Model prêtes à s’élancer vers Koursk. La tâche s’annonce ardue !!

En conclusion

Dans Red Turn : the Road to Berlin nous retrouvons les qualités et les défauts de Unity of Command. Nous n’avons certes pas affaire à la simulation ultime du Front de l’Est sur ordinateur, et les Grognards trouveront bien sûr des choses à redire par rapport à des titres plus complexes et plus réalistes. Néanmoins, à mon sens l’équipe de 2×2 Games réussit son pari en continuant d’étoffer un jeu à la fois classique et solide dans son gameplay, simple, agréable à jouer, rapide à prendre en main et à maîtriser sans toutefois être trop simpliste, doté d’une IA qui se comporte relativement bien et maintenant d’un éditeur de scénarios ajoutant des possibilités nouvelles. A noter également une parfaite stabilité et une réalisation sans défauts, exempte de bugs et autres plantages aléatoires.

 

  • Un petit wargame agréable, rapide à jouer et aux mécanismes rodés et efficaces.
  • 4 scénarios multijoueurs et ‘ajout d’un éditeur de scénarios.
  • Pas le wargame de référence sur le sujet, mais il n’a jamais eu cette ambition …
  • A quand la représentation des Alliés et du front occidental et méditerranéen  ?
Infos pratiques

Site officiel : www.unityofcommand.net

Date de sortie : 10 décembre 2012.

Prix : 9.99 euros en téléchargement, uniquement sur Steam ou sur le site du studio.

NDLR : Red Turn nécessite le patch 1.04 pour fonctionner (cf. ces instructions si besoin). Si vous ne lisez pas le russe couramment, Pobieda signifie victoire.

En complément de cet article voyez aussi notre test de Unity of Command.

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