Victoria 3 – Iberian Twilight : fin de partie pour l’Espagne ? (2)

Seconde partie de ce récit présentant l’Espagne telle qu’on peut la jouer en détail dans l’extension Iberian Twilight de Victoria III. La première partie se trouve par ici.

Captures d’écrans 16 à 18

A l’aube des années 1870, alors que les premiers défis ont été relevés, il semble temps de passer à la vitesse supérieure. La partie se gagne également avec des expéditions et des expositions prestigieuses, pas seulement des conflits. Or, la cartographie a historiquement constitué la première marche vers des prises de possession de territoire, ce qu’une exposition du musée de l’Armée rappelle justement.

Le jeu n’oublie pas tout cela, qui restitue finement le passage de l’empire « informel » (via des marchands, des géographes, des missionnaires, etc.) à l’empire « formel » (la prise de possession effective des territoires, qui n’a d’ailleurs pas toujours lieu). Là, il s’agit de mieux connaître le centre de l’Afrique, mais également d’affirmer ses revendications sur le Sahara occidental, avant que les autres puissances ne s’en emparent. Pour peu qu’on choisisse les bons généraux, qu’on investisse suffisamment d’argent et qu’on prenne les bonnes décisions, ce sont généralement des succès peu difficiles à obtenir et qui rapportent beaucoup de prestige en peu de temps, comme ici. Grâce à cela, je me hisse à la cinquième place mondiale à la fin de l’année 1871.

Captures 19 à 22

Toutefois, rester dans son petit pré carré pourrait signifier voir d’autres opportunités être perdues. Ainsi, je décide de me rapprocher du Royaume-Uni pour faire pièce à la France et aux États-Unis, que je juge comme étant de sérieuses menaces. Justement, un conflit couve entre Londres et Washington autour de certains territoires en Amérique et dans le Pacifique, le pays de l’oncle Sam étant soutenu par Paris. La conflagration s’annonce monumentale et je décide d’en profiter pour me ranger du côté de John Bull, afin d’améliorer mes positions au Sénégal et faire se rejoindre mes territoires.

Toutefois, les États-Unis finissent par refuser la guerre, tant la disproportion des forces était grande (839 régiments contre 1596 et une flotte écrasante côté britannique). J’en suis quitte pour une occasion manquée, mais aussi une bonne perception de la part des diplomates de sa gracieuse majesté, ce qui n’est jamais une mauvaise chose.

Or, d’autres occasions se présentent. En effet, dans cette partie, la France est en difficulté et a notamment perdu le contrôle de l’Afrique du Nord, ce dont il s’agirait de profiter. Une partie de l’Algérie s’est libérée et le reste a été conquis par la Tunisie, enclavant totalement le reste des possessions françaises en Afrique. En 1881, je décide de pousser mon avantage en récupérant l’Oranais. Mon adversaire est incapable de faire face et cela améliore mes positions dans la région.

Captures 23 à 28

Malheureusement, ces manigances ne sont pas du tout au goût de Paris. Au début de l’année 1882, Madrid se voit notifier une demande inacceptable : abandonner une partie du Sahara, sous peine de guerre. Cela se comprend sûrement du point de vue de l’adversaire, mais je décide de ne pas céder à la pression. Je mobilise aussitôt mes forces, bientôt rejoint par mes fantoches (Cuba et les Philippines), mais aussi l’allié portugais et le Royaume-Uni, reconnaissant de ma récente intervention.

La guerre éclate le 12 juillet 1882, mais je suis très confiant étant donné la projection des forces. L’armée française n’est pas ridicule, mais je parviens presque à son niveau et, surtout, l’appoint allié se révèle essentiel. Assez rapidement, j’obtiens l’avantage sur tous les fronts africains, soutenu par mes alliés. En Europe, le combat est plus inégal et long mais la frontière des Pyrénées tient et l’ennemi s’épuise en quelques années dans un affrontement sans gloire en altitude. Épuisée, la France se rend le 12 juin 1884 et doit transférer à l’Espagne deux territoires stratégiques, qui permettent de faire la jonction entre les colonies du Nord et celles du golfe de Guinée. Le succès est écrasant !

Captures 29 à 31

Après ces belles victoires, il s’agit de se concentrer sur l’économie et le prestige interne pendant quelques années. En parallèle d’une industrialisation croissante, la construction de la Sagrada Familia débute à Barcelone, ainsi qu’un essai d’union de la péninsule ibérique. Ce sont de bonnes idées, mais pas forcément poussées au maximum. Ainsi, les mécanismes permettant une potentielle fusion avec le Portugal sont minimaux et échouent facilement, comme dans ma partie. De plus, le caractère centrifuge de plusieurs régions d’Espagne (Catalogne, Pays Basque) n’est pas assez exploité.

Reste que, parvenu à ce stade de la partie, je peux m’affirmer comme 4e puissance mondiale. Des faiblesses demeurent : une marine assez faible, un taux d’alphabétisation médiocre, beaucoup de radicaux mécontents, surtout dans les territoires annexés, ce qui n’a rien que de très logique. Historiquement, la « pacification » (terme recouvrant d’ailleurs souvent des opérations guerrières) est un mythe. Les colonies n’ont jamais été des territoires totalement « apaisés » malgré certains trompe-l’œil… A suivre.

Pour plus d’informations sur Victoria 3: Iberian Twilight – Immersion Pack, voyez cette fiche sur Steam. Concernant Victoria 3 voyez notre testcette page sur Steam et le site officiel. Puis les notes de développement sur le wiki officiel. Ce pack fait partie du Season Pass 2.
Cet article est ouvert à tous, ne nécessitant pas d’abonnement pour être lu. Vos abonnements sont importants pour que la Gazette du wargamer puisse continuer d’évoluer tout en proposant aussi des articles en accès libre. Pour soutenir le site et son équipe, abonnez-vous.