Finis les Mayas (Sunset Invasion), terminés les Byzantins (The Legacy of Rome), au placard les républiques et les seigneurs musulmans (The Republic, Sword of Islam)… Désormais Crusader Kings II remonte le temps, à l’instar des Vikings qui remontent les rivières. Les pillages, le siège de Paris (885-887) ou l’affrontement entre paganisme et christianisme n’auront bientôt plus de secrets pour vous. En effet, The Old Gods, accompagné d’un nouveau patch, politique appliquée par Paradox depuis quelques temps, nous emmène sur les traces sanglantes des fiers nordiques, en ce début agité de Moyen-âge.

La Scandinavie s’agite

Ce nouvel add-on permet donc de débuter une partie en 867, soit plusieurs siècles avant le premier scénario précédent, temps de jeu supplémentaire toujours appréciable. L’Europe carolingienne connaît encore de grands ensembles issus du partage de l’Empire de Charlemagne, qu’il est possible d’incarner… Mais l’intérêt est essentiellement au nord, chez les Vikings, que vous êtes invités à jouer pour profiter au maximum des ajouts de l’extension. Or, la gestion d’une puissance nordique est différente de ce à quoi le jeu nous avait jusque-là habitués. C’est-à-dire qu’en début de partie, vos chefs seront Païens (et pourront se convertir ultérieurement) et non pas Chrétiens. Or le paganisme introduit de nouvelles mécaniques, outre les skins graphiques propres à cette extension et des bonus (la foi Norse renforce les troupes par exemple).

C’est-à-dire que des évènements et décisions lui sont réservés. Les deux plus importants sont les pierres runiques et les grands blots. La première est une réalisation unique (soit une par règne), faite pour honorer la mémoire d’un parent ou pour rappeler ses propres exploits. Le coût en argent vaut vraiment la peine et, dans mon cas, mon roi Haraldr gagne un bonus substantiel de prestige en en édifiant une. Le grand blot, lui, a lieu tous les neuf ans. Il s’agit d’un sacrifice humain fait à Odin, là encore rapportant des bonus, notamment de prestige et piété (qui au final forment le score du jeu, je le rappelle). C’est d’ailleurs un bon moyen de se débarrasser d’encombrants prisonniers qui pullulent dans vos geôles. Ici c’est Grimr af Howe, un de mes vassaux révoltés, qui fait les frais de cette politique.

Enfin, les Païens peuvent résister à une attaque chrétienne qui cherche à les convertir, en s’unissant dans une guerre sainte. Ainsi, ayant débordé en Allemagne, je suis attaqué par le puissant Sjaelland (une partie du Danemark). Peu à peu, tous les chefs nordiques, dont les puissantes entités suédoises, me rallient et l’insensé est vaincu haut la main. La technologie aussi a été revue : chaque pallier est maintenant franchi en dépensant des points qui s’accumulent avec le temps. Ils sont le résultat des politiques d’espionnage des conseillers, d’évènements et surtout des caractéristiques du souverain dans chaque domaine (militaire, économique et politique). Cela est plus censé et précis qu’avant et permet de mieux choisir son développement. En tant que Viking, vous veillerez sans doute à disposer d’une belle flotte. Car celle-ci est l’élément essentiel de votre politique extérieure, basée sur le pillage !

Les drakkars fondent sur le sud

La principale nouvelle mécanique de jeu est donc le pillage : il est possible de transformer, dans des territoire vous appartenant, vos troupes en pillards. C’est-à-dire qu’en temps de paix, même sans casus belli, il est autorisé de les envoyer ravager les riches provinces du sud et rapporter le butin chez vous. Il faudra veiller à la défense et aux capacités financières de celles-ci (ces informations apparaissent à l’écran en cliquant sur les provinces) pour maximiser les revenus et minimiser les pertes. L’emport maximum d’argent dépend aussi de la taille de la flotte envoyée, et celui-ci ne sera ajouté aux caisses qu’une fois l’expédition rentrée dans un port ami. Pour aider le joueur, quelques grands fleuves peuvent être remontés par les navires. C’est ce que firent historiquement les Vikings, qui assiégèrent par exemple Paris en 885-887, comme rappelé en introduction. Évidemment, agir ainsi crispe les pays ciblés et peut les amener à monter des expéditions punitives, mais les provinces du nord étant assez pauvres, jouer sans pillage n’est pas conseillé.

De plus, les remuants Vikings n’acceptent pas un souverain en paix trop longtemps : son prestige baisse s’il ne part pas à la tête de ses armées pour des expéditions militaires et les vassaux s’agitent ! Heureusement, pour ce faire, il n’est pas besoin de créer des casus belli pendant de longues années. Je veux dire par là qu’un chef païen peut embrasser l’ambition de devenir roi, de Norvège dans mon cas, ce qui lui permet d’attaquer les autres chefs détenteurs de titres permettant de former un tel royaume. Enfin, en dehors de cette ambition, des choix permettent d’assujettir ses voisins, toujours païens. La possibilité de s’étendre au sud est également envisageable : c’est ce qui s’est passé en Sicile et Normandie avec les Normands. Le cercle est vicieux car la paix baisse le prestige, mais les guerres incessantes pourront déstabiliser un état devenu d’un coup trop grand (révoltes, jalousie des voisins puissants). Là encore, le joueur devra maintenir l’équilibre pour mener sa dynastie à la victoire. D’autant plus qu’en début de partie, la loi de partage salique s’applique et ne peut être changée (les terres sont divisées équitablement entre les fils du souverain). Tôt ou tard, la conversion au Christianisme s’imposera donc.

Le nouvel écran de la technologie.

Revendiquer le trône de Norvège me permet de déclarer la guerre à mes voisins sans une longue création de casus belli.

Espionnage et technologie.

Crusader Kings 2 - The Old Gods
Les évènements sont toujours très bien illustrés.

La pierre runique.

Le pillage, cœur de l’extension.

Le grand blot.

Mes navires remontent l’Elbe.

La guerre sainte : les chefs nordiques me joignent contre le Sjaelland chrétien.

Derniers mots

Au final, The Old Gods est un très bon add-on qui renouvelle l’expérience de jeu de Crusader Kings II en explorant une facette du Moyen-âge rarement abordée en matière vidéoludique. Les nouvelles mécaniques sont vraiment intéressantes et remonter la Seine avec ses drakkars est un réel plaisir. De plus la traduction française est correcte, loin de ce que l’on peut parfois voir chez Paradox.

  • Incarner les Vikings
  • Les nouvelles mécaniques de jeu
  • 200 ans de jeu en plus
  • Des forces nordiques parfois trop puissantes si le sud est désorganisé
  • La note devient salée avec tous les add-ons
Infos pratiques

Date de sortie : 28 mai 2013

Studio – Éditeur : Paradox interactive

Prix éditeur : 15 euros en téléchargement (Gamersgate, Steam)

Fiche du jeu chez Paradox : http://www.paradoxplaza.com/games/crusader-kings-ii-the-old-gods

Précédents tests : test de Crusader Kings IItest de Sword of Islam –  test de Legacy of Rometest de The Republic

[wp_biographia]

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