Après Sword of Islam consacré au monde musulman, Legacy of Rome tourné vers l’empire Byzantin et le fantaisiste Sunset Invasion, Crusader Kings II revient avec une troisième vraie extension : The Republic. Accompagnant le patch 1.09, ce DLC est centré sur des états bien particuliers : les républiques marchandes. Serez-vous un doge vénitien respecté dans toute l’Europe ? Ferez-vous de la Hanse la puissance dominante en Baltique ? La tâche promet d’être ardue et passionnante.

La gestion interne de sa République

Tout d’abord, quelque soit votre choix parmi les cinq qui sont ici jouables (Venise, Gênes, Pise, la ligue hanséatique ou Gotland) une république ne se gère pas comme un royaume, c’est évident. Ainsi, le gameplay est différent entre ces deux entités et ce sur des questions essentielles comme la succession. En effet, plusieurs familles puissantes se partagent le pouvoir et les dirigeants sont élus parmi elles. Un nouveau menu permet donc de surveiller ce point délicat qui introduit une nouvelle valeur en jeu : le respect. C’est-à-dire que le candidat possédant le plus de respect succédera à votre personnage à la tête de la république. Les points de respect sont basés sur l’âge (un facteur-clé à l’époque où l’on considère qu’âge avancé rime avec sagesse), le prestige personnel des candidats et enfin le montant que vous avez investi dans la caisse électorale (et qui permet de faire pencher la balance en dernier ressort). Bref, il faudra être vigilant aux points de respect de votre candidat familial, sous peine de perdre les rênes du pouvoir et donc la partie.

Et ce d’autant plus que, même celui-ci entre vos mains, les autres familles sont d’un naturel remuant et vont chercher à vous mettre des bâtons dans les roues : en fomentant des complots contre vous, en cherchant à vous renverser ou s’approprier vos comptoirs commerciaux, l’autre grande nouveauté dont nous allons bientôt reparler. En fait, jamais l’onglet des complots n’a été aussi important… Et ce que peut vous faire subir l’ennemi interne, vous pouvez évidemment le lui rendre. En discréditant puis arrêtant un personnage rival, vous briserez ses rêves d’accession à la tête de la république. De même, en confisquant leurs comptoirs vous sapez leur potentiel commercial, donc financier et ainsi réduisez leur marge de manœuvre (ou de nuisance, question de point de vue). Attention toutefois, les familles rivales plus puissantes pourront résister à vos assauts…

Rayonner à l’étranger

S’il faut gérer des rivaux remuants chez soi, il est aussi important de veiller au bon développement de votre république à l’étranger. Il ne faut pas se leurrer : la plupart commencent avec une ou deux provinces, pas plus. Impossible de lutter frontalement contre de puissantes entités. La domination passera d’abord par le commerce et la roublardise. Ainsi, les républiques possèdent des comptoirs commerciaux sur les provinces côtières. Ce sont des nouvelles sources de revenus et de domination. On peut y construire de nouvelles séries de bâtiments les améliorant (protection, augmentation des revenus) et en créer de nouveaux sur des provinces encore non occupées. Leur coût dépendant de l’éloignement à votre capitale et leur revenu de base de l’endroit où ils sont implantés.

Si le procédé est sécurisé sur vos propres provinces, il l’est moins à l’autre bout de la Baltique ou de la Méditerranée. C’est-à-dire qu’un changement récent de dirigeant, moins favorable à vous que son prédécesseur, peut mettre en péril votre empire économique. On parle là de pressions, voire de tentatives de confiscation des comptoirs ! Bref, la stratégie d’implantation des comptoirs de votre famille (on ne gère pas ceux des familles rivales) doit être réfléchie car un tel réseau est fragile… D’autant plus qu’il est très rapide d’attiser la jalousie des autres républiques marchandes. Elles peuvent alors mobiliser leur or (les coffres se remplissent assez vite avec quelques riches comptoirs) pour attirer les foudres d’une grande puissance contre vous. Évidemment, vous pouvez faire de même… Ce nouveau mécanisme, s’appelant l’embargo, va vous donner des sueurs froides ou vous assurer la victoire.

Les limites

Je l’ai dit, gérer une république n’est pas forcément simple : tôt ou tard un de vos rivaux va envoyer contre vous un duché ou royaume puissant, et avec les faibles troupes de base, impossible de résister sans planification. Attaqué par la puissante Toscane, qui couvre une bonne partie de l’Italie dans cette partie-test, je ne peux lever qu’un millier d’hommes, ce qui est tout à fait insuffisant. Il importe donc de nouer des alliances, de développer ses bâtiments militaires et d’utiliser son or pour attaquer de la même manière vos rivaux. Il faut donc veiller à disposer d’une base financière solide et de progresser dans un secteur qui n’est pas la chasse gardée d’une autre république. Un nouveau filtre permet d’ailleurs de voir les zones d’influence.

Reste bien sûr le problème du Saint Empire : il trône sur la moitié de l’Europe et est finalement trop près de toutes les républiques en 1066 (la grande campagne). Se le mettre à dos signifie vraisemblablement une dérouillée magistrale et ce d’autant plus que la puissance des républiques marchandes est essentiellement navale. C’est là un défi passionnant à relever, mais qui peut être frustrant.

 

La République de Gênes.

Construction d’un nouveau comptoir commercial.

La gestion du comptoir.

Prise de possession d’un comptoir d’une famille rivale.

1073, la Toscane attaque. Je ne peux lever que 1000 hommes…

Résistance à ma tentative de prise du comptoir.

Les zones d’influence des républiques.

Pressions pour que j’évacue mon comptoir chèrement payé.

Conclusion

The Republic est à mon sens une très bonne extension qui permet de se pencher finement sur ces incroyables républiques marchandes qui dominèrent leurs zones avant que la découverte de l’Amérique ne change la donne. Malgré la petitesse initiale de leur territoire, il est en effet possible d’en faire de grandes puissances par d’autres moyens. Leur gestion interne et externe, bien servie par des graphismes, évènements et menus exclusifs, est riche et passionnante. Jamais il ne fut si enthousiasmant, et parfois délicat, de gérer un état. Même en temps de paix le joueur n’est pas à l’abri d’un coup fourré d’une famille rivale  et doit être constamment vigilant et c’est là un bon point.

Vu son contenu très ciblé, cette extension est toutefois à réserver aux joueurs intéressés par la gestion d’une république marchande, car les modifications à ce sujet du patch 1.09 sont évidemment minimes. Pour ceux hésitant, on attendra des soldes (assez courantes pour CK II) ou un pack complet avec tout les contenus supplémentaires quand le jeu sera en fin de vie. Car si dix euros n’est pas une somme incroyable à débourser, mis bout à bout avec les autres DLC, la note devient franchement salée.

  • Une nouvelle façon de jouer intéressante.
  • Un contenu riche et varié (gestion interne et externe des républiques)
  • On ne sait pas bien où s’arrête le patch 1.09 et où commence le DLC.
  • Contenu plus conséquent mais vendu 10 €, soit deux fois plus que Legacy of Rome.
Infos pratiques

Sortie : 14 janvier 2013

Studio / éditeur : Paradox Interactive

Site officiel : fiche chez Paradox.

Jeu en téléchargement (Steam, Gamersgate…)

Précédents tests : test de Crusader Kings IItest de Sword of Islam –  test de Legacy of Rome

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2 Commentaires

  1. Je ne partage pas tout à fait l’avis de la critique… peut-être son auteur n’a-t-il pas eu de chance ?

    Avec une République, je trouve qu’il devient très facile de rouler sur l’or – et donc de lever des compagnies mercenaires en nombre – suffisamment en tout cas pour ne plus être inquiété, même par le Serge. Pour se faire une idée, dans ma partie actuelle avec un Gotland d’une seule province, je gagne dans les 800g/an après un petit siècle de jeu. C’est tout simplement énorme. Beaucoup trop, eut égard à l’équilibre du jeu. La technique ? Spamer les comptoirs commerciaux… (de la Scandinavie à l’Espagne en passant par les îles britanniques).
    Mais, sans doute la Méditerranée est-elle une zone de départ autrement plus délicate…

    En revanche, je partage tout à fait l’idée que les complots ont pris une trop grande importance, au point qu’ils en deviennent fastidieux (et inutiles. À ce niveau de fric, les amitiés s’achètent). Ajoutez à cela 80 comptoirs à gérer et l’argent qui coule à flots, et le jeu perd de son intérêt.

    De mon point de vue donc, The Republic introduit de bonnes idées et rafraichit positivement Crusader Kings II, mais souffre d’un équilibre à revoir et d’une interface peu adaptée.

    Je précise que je ne joue pas particulièrement expansif (j’aime bien les petits pays pacifistes), ma stratégie de base était simplement d’occuper l’espace (commercial) avant les autres…

    • Bonjour,

      Je vous remercie pour votre commentaire. Effectivement, il est possible que je n’ai pas eu de chance: sur deux parties avec Gênes, j’ai subi très vite des attaques impossibles à arrêter de Pise (qui rameutait la Toscane couvrant une bonne partie de l’Italie). Avec Venise, j’ai été attaqué en moins de 15 ans par le SERG et ce trop souvent, sans avoir pu nouer des alliances solides.

      L’expérience de jeu varie selon les parties, et la difficulté. Je n’ai pas pu, dans trois parties sur 4, atteindre le siècle de jeu dont vous parlez. Dans la dernière, l’or rentre en effet à flots.

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