C’est devenu une coutume depuis quelques années : les principaux patchs des jeux de Paradox Interactive sortent en même temps que les DLC majeurs. Souvent, leurs modifications interviennent d’ailleurs sur les contenus apportés par ceux-ci, si bien que la frontière entre les deux en devient floue, et cela peut être frustrant pour le joueur qui ne les aurait pas acquis.

Toutefois, ces mises à jour gratuites restent également le moyen de corriger les bugs des jeux et offrent toujours des fonctionnalités plus générales nouvelles. Elles restent très denses et profitent tout de même à tout le monde. Voyons donc ce que nous offre le patch 1.22 dit « Russia », dont le nom colle évidemment à l’extension Third Rome.

Une carte de l’Europe de l’est revue

Tout d’abord le point le plus important est une révision de la carte d’Europe de l’est et de ses pays notamment. Ainsi, pour mieux coller à la réalité, les provinces en Pologne-Lithuanie (orthographe de l’époque) et en Russie ont été revues et redécoupées, même si cela ne saute pas aux yeux forcément. Le but des développeurs est d’offrir plus de possibilités dans cette zone qui fut fortement disputée au cours de l’histoire. Les guerres russo-polonaises, polono-ukrainiennes et autres interventions suédoises dans la région (bataille de Poltava, défaite suédoise de 1709 en Ukraine) le rappellent bien.

De plus, la situation politique pour la date de départ est légèrement modifiée car, en débutant en 1444 on peut désormais jouer de nouveaux pays comme la principauté de Belozeroo ou celle de Rostov, toutes deux dotées de leurs propres idées et pouvant utiliser les capacités russes introduites par Third Rome, comme lever des régiments de streltsy. On appréciera, tout en ne pouvant s’empêcher de penser que jouer un État avec une unique province (deux pour Belozeroo) ne va pas être simple face aux « monstres » voisins que sont la Moscovie, la république de Novgorod et la Pologne-Lithunanie déjà citée. Si vous aimez les défis… D’ailleurs, Moscovie et Russie n’ont plus les mêmes idées nationales depuis ce patch. Une fois la Russie créée, vous aurez d’autres ambitions et possibilités.

Des changements plus généraux

A côté, de cela, une foule de changements plus généraux a été introduite (voir ce changelog sur le wiki officiel), principalement de l’équilibrage dans le jeu et je me contenterai d’en commenter quelques-uns qui m’ont paru utiles et assez bien pensés. On notera par exemple que les blocus maritimes augmentent à présent la dévastation d’une province, comme un siège le faisait déjà. Cela devrait inciter à utiliser plus ses flottes et reflète la réalité : des ports et régions côtières incapables de commercer et communiquer avec l’extérieur périclitent. L’excellence du blocus britannique proche des côtes (close blockade) lors des guerres contre la France l’a bien montré dans l’histoire… D’ailleurs, il serait intéressant de pouvoir modéliser plus finement que par de « simples » embargos, le blocus continental napoléonien, essai inverse de terre bloquant la mer, avec l’échec final que l’on connaît.

On a aussi de nombreuses aides, infos et boutons supplémentaires à notre disposition, comme un filtre de carte montrant l’autonomie des provinces. Pratique pour déterminer rapidement quelles régions sont les moins bien arrimées à votre Etat et agir en conséquence. Les filtres actuellement disponibles sont nombreux et très efficaces à mon sens, permettant de voir les succès et difficultés en quelques clics.

Enfin, je pointerai du doigt des révisions en ce qui concerne les colonies et leur système de demande de liberté : augmenter les taxes coloniales fait grimper celle-ci de manière plus régulière qu’avant notamment. Or, on sait l’importance de la fiscalité britannique (surtout en termes de symboles) qui pesait sur les Treize colonies entre 1763 et 1776, poids important, mais pas unique, dans la décision de l’indépendance américaine…

L’essentiel a été dit et il ne s’agit pas bien sûr de présenter l’exhaustivité des modifications introduites par le patch Russia. On notera tout de même la sortie d’un hotfix 1.22.1 en date du 20 juin, et qui vient corriger certains points qui posaient problème même après la sortie de son grand frère 1.22.

Pour plus d’informations sur EU IV – Third Rome, disponible depuis ce 6 avril, voyez cette page chez Paradox ou celle-ci sur Steam.

Concernant Europa Universalis IV, voyez dans nos archives ou directement sur cette page dédiée à nos tests de EU IV, puis cette fiche chez Paradox, ou celle-ci sur Steam.

Les idées russes sont différentes de celles de la Moscovie. Elles changeront quand vous passerez d'un Etat à l'autre (mais vous en garderez le même nombre de déjà débloquées).
La Russie en fin de partie avec le patch et l'extension. On notera que le jeu favorise un peu trop les grandes puissances. L'Empire Ottoman est irréaliste.
Les idées moscovites dont je parlais. On notera la référence à Byzance.
Un aperçu de la carte repensée. Beloozero et Rostov sont jouables désormais.
La principauté de Rostov a ses propres idées.
Et peut utiliser les capacités russes introduites par l'extension.

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