Deux ans, déjà deux ans que j’ai laissé mon Panzer III en double file au Caire avec Sandstorm (voir ce test). Depuis, de nouvelles extensions sont passées, pourtant, aujourd’hui je réponds à l’appel de la mère patrie.

 

Toutefois, le sable a bien changé, il est toujours blanc, mais froid, humide. Dans le char, les inscriptions sont en cyrilliques, les croix noires et autres swastikas ont disparues pour laisser place à des étoiles rouges, je commence à réaliser, à comprendre, je suis passé de l’autre côté !

Red Steel est le deuxième volet de la trilogie consacrée à l’armée rouge. Il couvre les opérations sur le front Est depuis le coup d’arrêt devant Moscou jusqu’à Kharkov en 1943. On est vraiment dans du grand classique pour ce qui est de la période. Je n’entrerai pas dans les détails quant au fonctionnement de Red Steel, cela a déjà été vu avec toutes les autres extensions produites auparavant.

Panzer Corps 2 bis ?

Bien que sans liens de parentés directes, les similitudes sont si nombreuses, qu’on ne peut éviter la comparaison entre la série des Panzer Corps (PzC) et celle des Order of Battle (OoB). Pourtant, si dans PzC, le ravitaillement est traité de manière classique par le biais d’une ligne de ravitaillement jusqu’à sa source, OoB y ajoute la prise en compte des ressources géographiques. De même, si les achats se font par des points de prestiges (PzC) ou points de réquisitions (OoB), ceux-ci sont fournis chaque tour en quantité limité et non en récompenses pour la capture d’objectifs.

Par contre, PzC 2 (voir cet article) a intégré un nouveau système de points pour le déploiement des troupes qui ressemble beaucoup à la gestion des points de commandement des OoB.

 

Quatre objectifs palpables, encore faut-il arriver à s’en emparer. On a plutôt l’impression d’une mêlée confuse que le déroulement d’une opération planifiée.
Faire la jonction entre les deux armées ne sera pas si aisé, surtout que comme on peut le voir sur la carte stratégique, les combats font rage au Sud.

Dans les deux jeux, nous pouvons personnaliser nos unités, et même y ajouter des officiers (OoB) ou des héros (PzC). Il est toutefois étrange, de constater qu’on puisse attacher le Maréchal Joukov directement au commandement d’une unité. Coté graphisme, pas ou peu de changement, la 3D n’a pas fait son apparition. Alors, on aime ou pas, personnellement je n’étais pas fan de la 3D, mais je dois reconnaître que je préfère le graphisme de PzC 2. Toutefois, quel que soit le modèle, c’est toujours abscons de représenter un régiment ou une division blindée uniquement par un char, même si ce dernier bénéficie de moult détails, comme les traces de chenilles, et cela en toutes circonstances.

L’autre grande différence, récente depuis PzC 2, est la gestion des combats aériens. Imaginez un BF-109 pendant la bataille d’Angleterre, qui décolle des côtes françaises et escorte des bombardiers au-dessus de Londres, pas trop difficile. Mais ensuite, il remonte vers Scapa Flow et va atterrir en Norvège ! Voilà à quoi me fait penser le système aérien de OoB avec ses escadrilles qui restent en l’air pendant des mois.

Je ne peux que souhaiter que les Artistocrats, le studio de développement, se rapprochent du système de Panzer Corps 2 avec ses bases aériennes et ses rayons d’actions plus réalistes.

Non, Red Steel !

Un aspect majeur de la série est l’arbre technologique. Entre chaque bataille, vous pourrez dépenser des points de spécialisations qui apporteront des bonus à vos unités. L’apport matériel des alliés de l’Ouest est représenté ici avec l’ajout d’une section « Lend-lease ». Sa sélection nous gratifie d’unités supplémentaires, Valentine et Hurricane, mais surtout nous donne la possibilité d’obtenir de nouvelles unités. Si l’apport du Sherman au bestiaire blindé soviétique est superflue, le P-39 Airacobra est un excellent avion d’attaque au sol.

Sinon, les modifications concernent surtout les scénarios liés à la campagne et les nouvelles unités auxquelles vous allez pouvoir avoir accès. Il y a seize scénarios dans le jeu, couvrant l’engagement de Staritsa jusqu’à la bataille de Kharkov en 1943. Les deux batailles autour de cette ville sont présentes dans le jeu, tout comme les scénarios et les opérations sur Stalingrad en Crimée. Un scénario totalement inédit est présent, celui de l’affrontement aérien dans le ciel de Kouban en avril 1943. Ceux qui ont testé le mod sur la Bataille d’Angleterre y auront un avantage certain.

Il existe également une multitude de nouvelles unités que vous pouvez acheter en dehors du prêt-bail. Il s’agit notamment du char lance-flammes OT-34, du canon de campagne ZIS-3, ainsi que de modèles améliorés, tels que le bombardier d’attaque Pe-2FT. Les puissances de l’Axe proposent également de nombreux modèles améliorés, comme la Hongrie qui utilise une version du chasseur italien Reggiane Re 2000 Falco et la Roumanie, l’IAR-80. L’ensemble de ces ajouts est plaisant, mais ne révolutionne pas le jeu et dans l’ensemble, une fois que vous avez votre tandem T34 / Il-2 Sturmovik vous êtes équipés.

Après plusieurs essais, cette mission a finalement été une réussite. J’y gagne même un nouvel officier.

Pour plus d’informations sur Order of Battle : Red Steel, voyez cette page chez l’éditeur ou celle-ci sur Steam. A lire également notre article sur le précédent DLC, Order of Battle – Red Star : une extension quatre étoiles.

Ainsi que des points de spécialisations. Faut-il faire travailler les femmes à l’usine, développer les travaux forcés ou permettre l’arrivée des convois de l’Arctique ?
Les convois de l’Arctique sont arrivés, j’ai un Hurricane II, supérieur à tous mes chasseurs mais manquant d’expérience.

L’épreuve du feu

Avant de monter dans mon T-34, je suis retourné au camp d’entraînement pour reprendre mes marques, puis direction le froid au niveau médian : commandant. Après que l’IA m’ait gentiment confectionné une armée, que j’ai agrémenté de quelques unités supplémentaires, je me suis retrouvé dans une pagaille pas possible : des unités et des combats partout.

La première chose, qui m’a marqué, et qui n’est pas nouvelle est la possibilité de se déplacer et d’attaquer dans le même tour. Or l’inverse n’est pas possible ! Si vous attaquez, vous ne pouvez plus vous déplacer, ça veut dire que durant un intervalle de temps, une unité est capable de se déplacer, puis d’engager le combat avec la même intensité qu’une unité qui a passé l’ensemble de ce temps à combattre. La moindre des choses est de donner un bonus de préparation aux unités qui ne se déplacent pas, comme dans les Strategic Command.

Autre point qui m’a surpris est l’absence de reconnaissance aérienne. Dans la plupart des jeux quand vous envoyez une unité aérienne au-dessus d’une ville hors de vision, le brouillard de guerre est levé. Là, il n’en est rien. Votre bombardier est au-dessus de la ville, il ne peut rien faire. Vous déplacez de l’infanterie au contact et miracle, une unité était présente, et finalement vous pouvez la bombarder, c’est le monde à l’envers. Certes des solutions existent. La première, c’est l’utilisation de la touche F5 qui permet une sauvegarde immédiate, autant jouer sans le brouillard de guerre. L’autre, dont je suis adepte, est de recommencer le scénario…

J’ai tout de même eu l’impression que dans l’ensemble les délais impartis pour remplir les missions étaient bien paramétrés. Vous n’êtes pas obligé de foncer sans rien voir et pouvez planifier vos mouvements et combats de manière assez sereine. La quasi absence de points de réquisitions implique une stratégie d’usure. Vous devez détruire plus d’adversaire qu’il ne peut en reconstruire, tout en ménageant vos forces. A un moment donné, le front adverse s’effondrera et votre progression gagnera en rapidité. Il ne faut pas oublier de remplir les objectifs secondaires, qui sont sources de bonus appréciables.

Jamais deux sans trois

Je ne sais pas ce que va amener l’ultime volet de la trilogie, Red Storm, mais je n’ai trouvé en Red Steel qu’une campagne supplémentaire d’une série qu’on a beaucoup exploité. Face à la concurrence qui a su se renouveler, Red Steel accuse le poids des années. Il y a deux ans, pour Sandstorm, j’étais tellement emballé, que je voulais me lancer dans les opus précédents, cette sensation n’est plus présente aujourd’hui.

Une erreur d’image ? Non, l’application du mod transformant le jeu en version « pions ».

Points positifs et négatifs

  • Nouvelle campagne avec de nombreux scénarios.
  • Version française.
  • Rapport qualité / prix
  • Système de jeu maîtrisé.
  • Pas ou peu de réelles nouveautés.
  • Campagne soviétique uniquement.
  • Signes de vieillissement.
Notes
Multimédia
75 %
Interface
75 %
Gameplay
75 %
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order-of-battle-red-steel-lacier-sovietique-sera-t-il-a-la-hauteur<b>Multimédia</b> : dans la lignée de la série, avec des améliorations qui lui permettent de maintenir son niveau de qualité.<br /> <b>Interface</b> : à l’Est, rien de nouveau…<br /> <b>Gameplay</b> : un phénomène d’usure, moins de plaisir qu’auparavant.<br /><br /> Bien entendu, il ne faut pas bouder son plaisir, le travail est de qualité et les aficionados ne pourront qu’être enchanté par cette extension, dont le tarif est très raisonnable. Toutefois devant la difficulté à conclure, j’ai relu mon article sur Sandstorm et ai constaté que mes propos étaient sensiblement les mêmes. Cette constatation est peut-être le signe qu’il faudrait travailler sur un Order of Battle 2 avec de vraies modifications.