Après une extension Leviathan au bas mot en demi-teinte sortie en avril dernier, et alors que Europa Universalis IV semble approcher de la fin de vie, il paraît utile de faire un point d’étape après plusieurs mois de correctifs et quelques annonces concernant la suite de la carrière de ce qui demeure un excellent et fort complet jeu.

Un travail de reprise conséquent

Je l’écrivais au printemps (voir ce test), l’extension Leviathan manquait clairement de finitions ainsi que de contenu. Des bugs en nombre conséquent avaient quasiment ruiné mon expérience de jeu. L’ayant suivi depuis ses origines et ayant de nombreuses heures au compteur, habitué que j’étais aux soucis techniques des jeux Paradox, je n’avais pourtant jamais constaté un tel « désastre », également pointé du doigt par de nombreux autres joueurs. Qu’en est-il à la fin de l’été ?

Le moins qu’on puisse dire est que le studio a tenu compte des remarques de joueurs, annonçant par exemple le 7 juillet sur sa page Facebook avoir corrigé 414 des 554 bugs signalés. Depuis la sortie de l’extension, pas moins de 5 patchs ou bugfixes sont en effet venus mettre fin à de nombreuses erreurs. Ayant pu rejouer au jeu récemment, j’ai pu remarquer la fin de beaucoup de problèmes que j’avais rencontrés, ce qui reste évidemment une expérience à confronter à celle des autres.

On remarque quand même que le nouveau studio de Paradox nommé Tinto et basé en Espagne, en charge du jeu ces derniers temps, a eu des débuts difficiles et ne semble pas en route vers la création de contenu conséquent pour le jeu dans les mois à venir.

Europa Universalis IV
Le jeu parvient encore à m’étonner. Je lance une partie avec des mécaniques de horde, que je n’avais que peu testées.
Europa Universalis IV
Le jeu reste fluide même pendant les guerres, la plupart des bugs de ces derniers mois semblent avoir disparu.

De maigres annonces

En effet, les quelques informations ayant filtré ces derniers mois sont très maigres quant à l’avenir du jeu. Le dernier journal des développeurs, en date du 24 août, ne contient en effet que des chiffres, des graphiques et peu d’annonces réelles ni même de capture d’écran.

L’auteur, Johan, le manager du studio, rappelle même des propos précédents et réaffirme que Tinto se chargera désormais développement et du suivi du studio. Peut-être n’avait-il pas été assez clair, ou compris ? Ou peut-être cette communication masque le fait que Tinto va surtout accompagner le jeu vers sa sortie de scène progressive.

En effet, si un nouveau contenu payant est évoqué dans le forum officiel, il reste flou et a l’air peu alléchant : the next paid update will be missions, graphics and music, while the coders will be spending their time fixing bugs, doing quality of life improvements, balancing and improving the AI. Si le prochain contenu payant se constitue bien de missions, éléments graphiques et musicaux, c’est que le tour de la question a été fait et la dernière partie de la phrase le laisse penser. Tinto va surtout continuer à corriger des bugs et à équilibrer le jeu en attendant qu’il soit laissé de côté après de bons et loyaux services.

 

A la croisée des chemins ?

N’est-ce finalement pas logique ? Le jeu est sorti en 2013, a connu 17 contenus payants majeurs, une foule d’ajouts gratuits ou non, nombre de patchs contenant aussi des ajouts. Bon nombre d’aspects ont été patiemment revus, refondus, améliorés, de la diplomatie aux colonies, en passant par la religion et la marine. Des pays ou des zones géographiques entières ont été personnalisés, des rapprochements avec d’autres jeux du studio testés avec succès (les arbres de mission rappelant les priorités d’Hearts of Iron IV par exemple) avec plus ou moins de bonheur.

En effet, j’ai assez pesté sur ces pages à propos des contenus cosmétiques payants, des éléments de jeu sans réelle valeur historique ou tirés par les cheveux, des DLC majeurs assez vides et vendus très cher, notamment le dernier. Malgré cela, je ne cache pas mon admiration profonde pour ce jeu qui a vieilli comme un bon vin, qui s’est considérablement développé tout en gardant son architecture et son esprit original, qui a su me relancer dans d’énièmes parties sans que je m’ennuie en jouant. C’est là la marque des belles productions, celles qui vous maintiennent en haleine jusqu’à la fin.

Alors qu’Hearts of iron IV continue avec bonheur son chemin, que Crusader Kings III bat son plein et que Victoria III est enfin annoncé et sur les rails, on s’attend à une fin de vie heureuse pour ce 4e opus d’une incroyable série. On peine à imaginer comment le studio parviendra à renouveler l’expérience pour un probable futur 5e épisode. Toutefois, vu l’évolution entre le précédent et celui-ci, étant donné les transformations radicales entre les derniers Crusader Kings ou Hearts of Iron, on espère le mieux… Tout en gardant à l’esprit certains échecs relatifs, Hearts of Iron III ou Imperator par exemple, qui paraît peiner à convaincre.

Europa Universalis IV
Le sympathique système de monuments en images. Introduit dans Leviathan il est un petit plus, mais ne change rien de fondamental.

Pour plus d’informations sur Europa Universalis IV, voyez les dev diary que vous retrouverez sur le wiki officiel. Puis notre Panorama des DLC d’Europa Universalis IV, qui vous aidera à vous y retrouver parmi les nombreuses extensions précédentes. Puis cette fiche chez Paradox, ou celle-ci sur Steam.

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