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Red Victory est le dernier jeu de la série des Squad Battles édités par HPS, le célèbre développeur de wargames « pour hexperts ». Depuis le premier de la série, celle-ci est connue pour son interface pour le moins sobre, voire austère, mais qu’en est il vraiment ? Que trouve-t-on trouve en fait sous ce design apparemment daté ?

Le chemin qui mène au wargame

J’ai pour ma part découvert cette série avec l’opus Pacific War sur … la Guerre du Pacifique, puis Advance Of The Reich, sur le thème de Barbarossa, une vraie merveille … dans sa catégorie. Il est vrai que ces jeux au design daté, à l’interface austère et à la prise en main ardue, n’incitent pas au premier abord les « non-initiés » à tenter leur chance.

HPS s’est également fait connaitre pour des jeux concernant d’autres échelles (opérative notamment) et d’autres époques (napoléonienne, guerre de sécession et plus récemment première guerre mondiale avec France 14, cf. notre test). Bien que plébiscités par le monde assez fermé du « wargame papier porté sur PC », ces jeux restent généralement associés à une forme de geekitude avancée, bref, ce n’est pas du grand public.

Recentrons le débat. Squad Battles (quel que soit l’opus) est un jeu à l’échelle tactique, c’est-à-dire qu’un pion représente entre un (leaders) et dix hommes (groupe de combat ou « squad »), ou encore une arme collective (canon) ou un véhicule, blindé de combat ou autre.

Au vu de l’échelle, les questions que le joueur sera amené à se poser seront du type : « comment organiser la progression de ce peloton ?», « où placer cette MG42 pour couvrir l’accès à ce pont ? » ou encore « utiliser des munitions explosives ou fumigènes avec mon appui de mortier ? ». Vous l’aurez deviné, pas de gestion de ressources, d’organisation de ravitaillement ni de planification de renforts, on est ici dans le vif du sujet. En ce sens, Squad Battles peut d’ailleurs être considéré comme une version informatique du vénérable (et vénéré) Advanced Squad Leader (ASL), du moins le jeu vidéo qui s’en rapproche le plus de part ses mécanismes.

Il s’agit d’un wargame au tour par tour « I go, you go » des plus classiques, mais évidement les unités adverses ne restent pas passives pendant votre tour, les tirs d’opportunité étant un des éléments majeur du produit. Faire avancer votre groupe de combat « dans la verte » (comprendre, à découvert) face à une mitrailleuse ennemie revient à les envoyer à l’abattoir, même si ce sont des troupes d’élites et que la sulfateuse est servie par des conscrits.

De fait, la tâche du défenseur revient à créer des glacis, ou « killing zones », c’est-à-dire des secteurs battus par le feu de ses armes automatiques, et par lequel son adversaire sera obligé de passer. L’attaquant quand à lui, ne sait pas où se trouve le défenseur, et bien souvent, l’artillerie sera plus utile pour placer des fumigènes que pour tirer des obus explosifs quand on ne sait pas ou est l’ennemi.

Il existe ainsi plusieurs stratégies d’attaque en fonction de vos moyens :

La prudente : si vous avez beaucoup de munitions, de l’artillerie et beaucoup de temps, vous pouvez rester planqué le temps que les grosses pièces fassent le ménage. Hélas, l’attaquant a rarement ce luxe.

A la russe : vous envoyez vos conscrits à découvert sur les positions adverses, ils se font massacrer mais vous savez désormais où sont planqués les boches ! Faites tonner l’artillerie et écrasez les !

Et quand vous n’avez ni toute la journée, ni des conscrits à foison, presque tout le temps en fait, il va falloir jouer de tirs d’appui, de progression à couvert et en rampant, de fumigènes, de contournement, bref, de ruse (non, pas de russe !).

L’interface

Bon, ce n’est pas Company of Heroes, c’est sûr, mais les deux jeux ne concourent pas dans la même catégorie. Squad Battles a une interface sobre, voire austère. Pas mal de lourdeurs aussi, par exemple pour bouger une unité, vous cliquez sur l’hexagone en question, puis sur l’unité que vous souhaiter déplacer (dans le bandeau en bas de l’écran), puis sélectionnez le mode mouvement (par opposition au mode tir, en haut de l’écran) puis clic droit sur l’hexagone de destination. La souris aura fait un aller retour sur tout la hauteur de l’écran pour chaque déplacement, quand on ballade un bataillon squad par squad, c’est long.

Idem pour sélectionner le type de munition, il faut passer par des sous menus pas très intuitifs.

Red Victory propose aussi une « vue 3D », sensée améliorer le graphisme, jugez par vous-même avec la capture d’écran ci-contre. C’est beau hein ? Ben non ! Oui, il vaut mieux rester en 2D normale.

 

Advance of the Reich avait pour cadre le début de la guerre germano-soviétique, Red Victory permet d’aborder la suite.

 

Attaquer une ligne fortifiée de front est rarement une bonne idée.

 

Vue 3D.

Un moment toujours délicat, le passage d’un pont sous le feu ennemi.

Gameplay

C’est ici que le jeu brille. Pour ceux habitués au wargames tactiques informatiques ou non (Combat Mission, Steel Panthers, ASL, ATS, Lock’nLoad, Combat Commander …), Squad Battles regroupe le meilleur de tous ces jeux. Chaque groupe de combat et chaque véhicule y est détaillé précisément, homme par homme, arme par arme. Vous aurez à composer avec le moral et les munitions de chacun, les tirs d’opportunités, les fumigènes …

En effet, la finesse de la simulation permet d’appliquer la plupart des tactiques « réelles », vous serez souvent mis dans une position inconfortable où vous devrez retraiter sous le feu ennemi, ou encore être obligé d’assaillir une position fortifiée en passant par un goulet d’étranglement (pont…).

Dans toutes ces situations, le jeu se révèle assez ardu, surtout qu’avec les options de réalisme sur « On », vous ne verrez pas l’effet de vos tir, il est souvent impossible de savoir si vous avez manqué les soldats ennemis où si trois d’entre eux sont morts.

Red Victory propose la bagatelle de 91 scénarios ( !!!) et trois campagnes. Je ne peux pas estimer la durée de vie du produit, il parait irréaliste de tous les jouer, surtout qu’un éditeur de scénario et de cartes est disponible.

Ces batailles représentent les principaux affrontements sur le Front de l’Est entre 1943 et 1945 (e.g. Kharkov, Varsovie, Kursk, Kiev, Korsun, … jusqu’à Berlin). Et même si vous jouez tout ces scénarios individuels et les trois campagnes qui vont avec, il reste le …

Multijoueur

Le mode multijoueur PBEM est classique pour un jeu de ce type, on échange les mails de ses tours : je joue mon tour, le logiciel génère un fichier que j’envoie par mail a mon adversaire qui le charge, joue son tour, me renvoie le fichier, etc.

Bien que ceci soit moins élégant que le système PBEM ++ de Slitherine (vu dans Battle Academy et Field of Glory) où ces échanges sont automatisés, ca reste gérable car la taille des fichiers est raisonnable (contrairement a Combat Mission ou HistWar et leurs fichiers qui grossissent dangereusement au fil de la partie).

Jouer contre un adversaire humain est nettement plus agréable que contre l’IA, bien que cette dernière soit honorable, et le jeu « I go You Go » se prête parfaitement à ce type de partie où l’on peut passer tout le temps nécessaire pour réfléchir à ses mouvements. De plus, le nombre de tours étant relativement faibles (une vingtaine en moyenne) une partie est plus facilement jouable, contrairement aux monsters games nécessitant des centaines de tours.

Alternativement un mode Hotseat et un mode de jeu direct par IP sont également disponibles bien qu’a mon avis moins adaptés à ce type de jeu.

 

Berlin, canal de Teltow, l’antre du tyran n’est plus très loin !

 

Pobieda ! Une victoire majeure de plus, plus que 90 scénarios …

Conclusion

De mon point de vue, Squad Battles – Red Victory est l’interface parfaite entre le jeu informatique et le wargame sur carte. L’habillage pourra rebuter les moins habitués aux wargames sur carte, et il sera sans doute difficile de les voir s’intéresser à ce qui parait être un ancêtre des jeux actuels. Ce jeu pense qu’il plaira surtout aux « hardcore wargamers », et de plus son prix reste élevé (cinquante euros), mais pour ceux qui prendront le temps d’apprivoiser la bête, Red Victory en vaut vraiment la chandelle.

  • Finesse de la simulation
  • Durée de vie, scénarios variés
  • Multijoueur par email efficace
  • Pas besoin d’un PC surpuissant
  • Interface et graphismes dépassés
  • Prix
Infos pratiques

Site officiel

Date de sortie : juin 2010

Studio – Éditeur : HPS Simulations

Prix éditeur : 49,95 $

Notez que pour fonctionner sous Windows Vista et Seven, Red Victory nécessite le téléchargement d’un patch sur le site de HPS.

NDLR : article initialement paru sur Cyberstratège en 2011.

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2 Commentaires

  1. …la même échelle certes (comme Ln’l dont je parlerais bientôt) mais pas du tout le même gameplay. Ici comme tout les jeux HPS/ JTiller c’est du pur IGOUGO qui facilite en effet le multi “tranquille” mais qui est souvent très répétitif dans ses tactiques.

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