De retour en cette fin d’année comme lors des deux précédentes, le petit studio croate indépendant 2×2 Games nous propose le second et ultime DLC pour leur sympathique wargame sur le front de l’Est de la Seconde Guerre Mondiale, Unity of Command.

En effet, après avoir traité des opérations autour de Stalingrad et dans le Caucase dans le premier opus et de la contre-offensive soviétique qui mena l’Armée Rouge de Koursk à Berlin dans Red Turn (voir notre test), Black Turn : Barbarossa complète la série en nous permettant de prendre les commandes de la Wehrmacht dans sa tentative de conquête de l’URSS.

Ce DLC contient donc une toute nouvelle campagne de 13 scenarii liés se débloquant au fur et à mesure de l’avancée et des résultats obtenus par le joueur, le menant des batailles frontalières à la conquête des pays baltes, de l’Ukraine et finalement à la prise de deux des objectifs majeurs de l’Opération Barbarossa, les centres vitaux que sont Moscou et Leningrad. Ajoutons également 2 scenarii indépendants côté soviétique, ayant pour cadre les contre-offensives de décembre 41 et janvier 42 autour de Moscou. Une bonne dizaine d’heures de jeu supplémentaires en perspective !!

On retrouve ainsi tout ce qui fait le charme de ce wargame aisé à prendre en main sans être simpliste pour autant. Les lignes de ravitaillement, le terrain et la météo (qui peut jouer de sales tours dans les scenarii finaux, Raspoutitsa oblige !!), de même que la fine gestion et l’emploi des remplacements, des soutiens du GQG et des options de théâtre (aviation, destruction/réparation de ponts, etc..), sont autant d’éléments qui doivent être pris en compte par le joueur dans la conquête des différents objectifs qui lui sont assignés à chaque mission.

De même, il faudra se méfier des capacités de réaction d’une IA qui ne pardonnera aucune faute d’inattention au joueur, toujours à l’affût de la moindre opportunité pour lui faire perdre un temps précieux et compromettre la réalisation de ses objectifs dans les délais qui lui sont impartis.

On notera également un léger changement d’échelle. Alors que précédemment, les unités allemandes étaient représentées au niveau de la division, les Soviétiques pour leur part disposaient de corps, voire d’armées. Ici, les deux belligérants sont à l’échelle de la division, ce qui implique une sensible augmentation du nombre de « pions » soviétiques, même si ces derniers sont généralement plus faibles, en termes de « pas de pertes », que dans les deux premiers jeux. On prendra la pleine mesure de ce changement notamment dans le scenario sur la tentative de conquête de Moscou, l’Opération Typhon : plus de 200 unités sur la carte, qui s’étend de Kalinine au nord à Koursk au sud, il y aura de quoi faire pour les stratèges de salon !!

Enfin, en terme d’unités et de logique de combat, nous retrouvons également le système mis en place dès le début de la série. Le joueur allemand dispose d’unités d’infanterie classique, d’infanterie motorisée et de puissants et précieux blindés, son fer de lance dans des opérations qui demanderont bien souvent d’encercler pour mieux réduire les nombreuses troupes soviétiques. Il aura également pour le soutenir les forces de ses alliés roumains, finlandais, hongrois et slovaques. Son adversaire soviétique disposera d’une infanterie pléthorique, de fort utiles et mobiles unités de cavalerie et de nombreux moyens blindés concentrés principalement dans le secteur sud du front en début de campagne. Notons également la présence de nombreuses « brigades » de spécialistes, aux effets spécifiques et souvent décisifs, dont l’utilité immédiate est de renforcer grandement les valeurs de combat des unités classiques, tels que des pionniers d’assaut, des brigades de blindés lourds ou de soutien d’infanterie ainsi que divers types d’artillerie (anti-char, anti-aérien, etc..).

On constate ainsi que l’extension Black Turn : Barbarossa s’inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs et permet de combler le vide existant depuis la parution de Unity of Command (voir notre test). Grâce à ce jeu et ses deux DLC, 2×2 Games nous permet de revivre la totalité du plus terrible conflit mondial sur le front russe, de l’invasion allemande du 22 juin 1941 à la prise de Berlin par les Soviétiques le 2 mai 1945, le tout au travers de 50 scenarii jouables tant au sein d’une campagne liée qu’indépendamment, en solo comme en multi-joueurs (par Internet ou en hot-seat). Et ceci sans compter la vingtaine de scenarii supplémentaires créés par la petite mais active communauté ayant profité de l’éditeur mis à disposition par les développeurs depuis Red Turn et disponibles en téléchargement sur le forum officiel de Unity of Command.

 

La campagne allemande de 1941 en 13 scenarii, des frontières polonaise et roumaine à la ligne Leningrad-Moscou-Rostov. On notera les petites médailles (ou leur absence) obtenues en fonction du niveau de victoire.
Les 3. et 4. PzGruppen coupent la voie ferrée en arrière de Kiev. La privation totale du ravitaillement est parfois le seul moyen de détruire des unités trop puissantes, ici une division soviétique équipée de chars lourds est retranchée dans la ville.
Partie nord-est du scenario « Opération Typhon ». Une carte étendue, plus de 200 unités, 18 tours de jeu. Le scenario le plus ambitieux de la série Unity of Command.
La 2. PzDiv. en pointe de l’assaut allemand sur la rive sud de la Moskova, tandis que plus au sud, Kalouga et Tula encerclées et à court de ravitaillement vont tomber. Moscou sera-t-elle conquise avant la fin de novembre ?

En conclusion

Simple et agréable à prendre en main, d’une difficulté bien dosée et d’une réalisation soignée et sans défaut, avec ce nouveau DLC Unity of Command trouvera encore mieux sa place dans la ludothèque de tout wargamer, comblant les attentes des jeunes joueurs débutants comme des vétérans ne disposant pas forcément d’un temps extensible à consacrer à des productions plus complexes et réalistes.

 

Infos pratiques

Sortie : 10 décembre 2013.

Studio – Éditeur : 2×2 Games / Matrix Games.

Site officiel : www.unityofcommand.net

Disponible aussi sur Steam ou chez Matrix.

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