Le temps passe et les extensions de Crusader Kings II se multiplient comme les pains, offrant toujours plus de contenu et permettant de varier les plaisirs. Souvenons-nous : The Republic permettait d’empoigner le destin d’une république marchande, Legacy of Rome celui de l’Empire byzantin, The Old Gods des Vikings, Sword of Islam était centré sur les seigneurs musulmans et la dernière en date, Sons of Abraham, offrait la possibilité de jouer un seigneur juif… Qu’avons-nous cette fois ? Et bien un choix étonnant de la part de Paradox interactive.

En fait, c’est désormais vers l’orient lointain qu’il faut se tourner. Les éléphants barrissent et les tigres rugissent dans la jungle, alors que les bouddhas luisent au soleil… Car Rajas of India nous met dans la peau d’un monarque du sous-continent Indien, avec tout ce que cela comporte de nouveautés.

Une nouvelle contrée à explorer

Le premier ajout est donc de taille : l’extension ajoute une zone de jeu des plus grandes et exotiques. Je parle là bien sûr de l’immense Inde et des actuels pays de l’Himalaya comme le Népal et le Bhoutan, mais aussi une bonne partie de la Sibérie, soit des centaines de nouvelles provinces. Cela donne donc au joueur la capacité d’incarner un prince indien et de tenter d’unifier le pays sous sa férule (le « but ultime » de l’extension), puis d’agir sur son monde environnant… Et pourquoi pas atteindre de lointaines régions comme l’Afrique ou le Moyen-Orient ?

Outre les modifications cosmétiques et sonores habituelles, pour coller au thème retenu, le joueur devra donc prendre en compte de nouveaux paramètres. Tout d’abord notre nouveau bac à sable où jouer est immense et peu connu de nous autres occidentaux… Le dépaysement est donc garanti, et si l’on ne connaît que trop mal l’histoire de l’Inde à cette époque, moi le premier, on est rapidement pris au jeu. L’imagination autour de notre personnage prend le relais sur le reste et nous voilà partis.

Rapidement, on se rend d’ailleurs compte que les chocs entre les états sont violents et titanesques : les pays sont grands et ont de vastes armées ! Nous sommes loin de petites guerres entre deux comtés disposant de quelques centaines d’hommes. Le moins que l’on puisse dire est que cela nous change des parties habituelles et devrait promettre d’intéressants affrontements et contraindre à réfléchir à deux fois avant d’entrer en conflit avec ses voisins.

Ensuite la religion change : à l’Hindouisme, s’ajoutent le bouddhisme et le Jainisme, auxquelles vient se greffer l’Islam passée une certaine date. Cela accroît la difficulté de garder sous son emprise des régions vastes et disparates, avec de nombreux lieux saints à contrôler pour obtenir des bonus (comme dans The Old Gods). Par contre nos personnages peuvent se convertir, chercher un gourou ou choisir une divinité protectrice, ce qui renforce l’immersion. Il va falloir particulièrement faire attention à la religion de ses provinces et à l’expansion musulmane, ou choisir d’embrasser l’Islam… Un choix cornélien !

Voilà pour l’ambiance et l’habillage.

Régnez sur l’Inde

Au niveau du gameplay et de la partie technique, le constat est hélas moins passionnant : les ajouts existent, certes, mais sont minimes. On notera tout d’abord des unités plus locales, comme les éléphants de guerre, qui restent emblématiques et fort plaisants à contrôler (bien que chers à recruter). De plus, une foule d’événements, déjà évoqués, nous rappellent notre condition de souverain indien, comme la chasse au tigre (un peu comme un tournoi  occidental en termes de jeu).

L’élément majeur vient, je l’ai dit, de l’échelle utilisée : nous contrôlons de grandes entités mêlant peuples, cultures et religions diverses. De plus, les personnages sont très souvent personnellement à la tête de trop de domaines en début de partie, ce qui est difficile à gérer (notamment dans la relation avec les vassaux). A moins de faire de radicaux changements, il faudra donc s’attendre à de grandes révoltes et troubles dans vos états, pas forcément faciles à juguler (surtout avec la religion hindoue, moins conciliante que les autres, mais qui peut effectuer des pillages comme les Vikings). Notons aussi que l’obtention des casus belli n’est pas toujours facile avec les Bouddhistes et Jaïnistes, ce qui limite l’expansion.

D’ailleurs le système de castes, assez bien mais trop partiellement retranscrit, et le mode de succession initial renforcent la difficulté : il faudra prendre garde à se marier avec quelqu’un de son rang sous peine de malus et plus que jamais garder un œil sur sa famille, prompte à se rebeller pour prendre le pouvoir !

Par contre, les noms entre les personnages et les provinces sont si ressemblants et atypiques pour le public occidental qu’on perdra du temps à retrouver qui est quoi et où… Le Beyrleybey karakaksha de Abihra Raj vous en fera par exemple voir de toutes les couleurs ! Et il est loin d’être le seul nom compliqué. Enfin, notons que la traduction française est là encore imparfaite : erreurs et bugs d’affichages habituels sont présents. Il faudra attendre les prochains patchs…

Ce qui me conduit à terminer par ce point, qui est la coutume que suit Paradox depuis quelque temps déjà : le nouveau patch, contemporain de l’extension, apporte, lui, de nombreuses optimisations, notamment en ce qui concerne les révoltes et le volet communautaire du jeu (workshop et matchmaking sur Steam). C’est toujours bon à prendre et montre que l’équipe de développement continue de suivre son bébé, indépendamment des extensions et rattrape son retard dans certains domaines comme l’interaction des joueurs entre eux.

Au final je conseillerai Rajas of India à ceux qui s’intéressent à cette partie du monde et/ou veulent passer à une échelle de jeu différente. Gérer un grand royaume indien n’a rien d’une promenade de santé mais laisse augurer d’intéressantes parties. Si elles sont centrées sur la nouvelle zone, la fin de la période couverte par le jeu (dès 867 avec The Old Gods) permet d’envisager de belles incursions au Moyen-Orient, voire au-delà…

La nouvelle zone de jeu.
La nouvelle zone de jeu.
Un exemple de guerre entre deux puissants états. Quand je vous disais que l’échelle n’était pas la même!
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Choisir une divinité protectrice, une des nouvelles actions religieuses possibles.
Je contrôle 14 domaines sur un maximum sans malus de 5… Et ce n’est pas le pire cas !
Mon demi-frère lance la moitié du pays sur la voie de la rébellion… Il faut être vigilant !
En fin de période, une partie de l’Inde est musulmane.
Comme dans The Old Gods, contrôler les lieux saints des religions est important.
Infos pratiques

Date de sortie : 23 mars 2014

Éditeur / Studio : Paradox Interactive

Site officiel :  www.crusaderkings.com  (fiche du jeu chez Paradox)

Prix : 14.99 euros (en téléchargement)

A lire en complément nos tests de The Legacy of Rome, The Republic, Sword of Islam , The Old Gods ou Sons of Abraham. Ainsi que celui de Crusader Kings 2.

Changelog du dernier patch 2.13 pour Crusader Kings II + Rajas of Indias.

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