Matrix Games nous avait habitué aux ajouts de scénarios ou campagnes gratuits, qui se trouvaient souvent associés aux différentes mises à jour. Cet hiver, l’éditeur nous propose une opportunité de jouer cinq nouvelles campagnes situées sur le continent américain. Malheureusement, il faudra pour cela débourser 15 €. Avec l’inflation galopante, est-ce un investissement rentable ?
Tout d’abord, il faut définir de quoi on parle. Quand vous jouez une campagne de Strategic Command, vous dirigez l’ensemble des paramètres comme la production, la diplomatie ou la recherche. Votre vision est stratégique et l’échelle de vos unités se situera plus souvent au niveau des corps d’armée que des niveaux inférieurs.
Si votre travail consiste à vous occuper uniquement des opérations militaires, on quitte le jeu « stratégique » pour rentrer dans l’opérationnel dont l’échelle de simulation se focalisera autour de la division ou du régiment.
Ainsi dans la plupart des titres de Stratégic Command, en plus de la grande campagne, couvrant l’intégralité du conflit, nous avons d’autres campagnes qui se bornent à commencer à des dates différentes avec des fois l’ajout d’uchronies. Mais nous avons eu aussi la chance d’avoir d’autres options, que je nommerais « scénarios », où la carte initiale disparait pour une inédite dont l’échelle est différente. C’est ainsi que nous avons eu l’Offensive Ludendorff pour Strategic Command – WW1 ou encore la guerre Franco-Prussienne de 1870 pour Strategic Command – American Civil War. Ces scénarios, même s’ils sont d’excellente factures, offrent une approche simplifiée du jeu de base.
Ainsi dans Strategic Command – American Civil War – Wars in the Americas, nous sommes en présence de quatre scénarios et d’une seule campagne.
Cette extension a l’avantage de nous faire découvrir des conflits et des situations qui, au moins pour moi, étaient soit totalement inconnus, soit dont le nom me parlait vaguement. Cela offre le grand avantage de la découverte et des surprises. J’ai chaque fois essayé de prendre le camp ayant l’initiative, sauf pour le dernier où je ne pouvais abandonner la vieille Europe.
Pour plus d’informations sur Strategic Command: American Civil War – Wars in the Americas, voyez cette page sur Steam ou cette page chez Matrix. Concernant Strategic Command: American Civil War, voyez cette fiche sur Steam ou cette page chez l’éditeur. Ainsi que notre test.






1863, l’Aigle et l’Empire
Seule véritable campagne, je n’ai pas pu résister à l’envie de commander des troupes françaises. Si, dans la campagne historique, gagner la guerre civile avec la Confédération face à l’ordinateur, sans avantage, est aisé, que dire quand on prend le commandement au moment où le Sud tient encore la route et qu’on lui ajoute une puissance européenne…
Cette uchronie se rapproche de la campagne Trent War qui débute un an plus tôt et où la France est remplacée par le Royaume-Uni. Toutefois, l’ensemble est réussi et doit permettre des parties animées entre humains de niveaux différents.
1846, la conquête du Mexique
Qu’un seul mot : déception.
A la tête des troupes US, vous n’avez rien à faire si ce n’est d’avancer vers le Sud et la capitale mexicaine en créant des unités. La flotte se cantonne à limiter les convois entre le Royaume-Uni et le Mexique. Un scénario sans saveur qui m’a rappelé le Mexican-American War de WDS (voir ce test), aux effets identiques, peut-être suis-je allergique à ce conflit ?
1866, le Paraguay assiégé
La Triple Alliance sous cette version m’était totalement inconnue. Ainsi le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay se sont alliés pour réduire au silence le Paraguay. Ici aussi, les interactions stratégiques se limiteront à l’achat de troupes. La brigade d’infanterie est l’unité de base. Toutefois, la réussite est présente. On est dans un jeu opérationnel et les nombreuses mésaventures qui arrivent aux différentes nations viennent agrémenter l’action d’un piquant appréciable. Ici, on ne s’ennuie pas.
1879, les fantômes du Pacifique
Seul scénario où je n’ai pas obtenu une victoire décisive, il mérite le détour. Avec le Chili, vous devez mettre au pas le Pérou aussi bien sur terre que sur mer. Les choix devront se faire entre dépenser en troupes de débarquement ou dans un combat d’usure le long de la côte. Il faudra aussi préserver vos meilleurs navires qui ne pourront être remplacé. Il vous faudra planifier vos opérations amphibies avec soin si vous ne voulez pas perdre vos transports en mer et vos troupes débarquées de faim (on dirait du vécu…)
1898, rappelez-vous le Maine
Seul scénario où j’ai pris le camp « défensif », il simule le conflit entre les États-Unis et l’Espagne. Ce conflit extrêmement rapide, trois mois et dix-huit jours, a vu la destruction de deux flottes espagnoles et l’invasion de Cuba. Sa grande originalité est qu’il se passe sur plusieurs fronts. L’île de Cuba est le principal où l’Espagnol peut difficilement tout contrôler surtout avec l’arrivée des américains. Le second se situe aux Philippines où il faut aussi repousser l’invasion. La flotte US surclasse outrageusement son homologue espagnole. C’est peut-être le seul scénario où les deux camps sont agréables à jouer.
Happy end ?
Après avoir joué tous les scénarios, la conclusion est mitigée. Bien entendu, pour les passionnés, l’achat est d’une évidence totale. Pour les autres, après la découverte, les possibilités de rejouer s’avèrent limitées. En effet, la plupart des scénarios sont restreints en espace et donc en stratégies possibles. Cet argument est faux pour l’unique campagne, mais justifie-t-elle pour autant la dépense ? De plus, on a déjà gratuitement une campagne avec l’intervention d’une puissance européenne…
Il reste que le thème est original et peu traité, surtout en Europe. Crise oblige, la gratuité n’a plus la côte. Le consommateur est pris entre deux feux, en cas d’achat, il va encourager ce genre de marketing. Dans le cas contraire, il va se priver d’un produit sympathique. La solution est d’attendre des promotions, à 10 €, l’achat devient incontournable.


