Amplitude avait déjà frappé fort en 2012 avec Endless Space, un 4X dont l’élégance de l’interface et l’ergonomie lui avait valu un franc succès. Plus simple que la plupart des jeux de cette niche, il en restait d’une profondeur certaine, alternant un gameplay stratégique en tour par tour et des combats tactiques en résolution décalée (ordres données avant la bataille). En septembre dernier le studio Parisien est revenu sur le devant de la scène avec le sublime Endless Legend. Qu’en est-il ?

Une mécanique bien huilée

Loin d’être un portage de leur moteur dans un monde médiéval-fantastique, ce jeu révolutionne le monde des 4X de son échelle avec ses idées (certaines empruntées à d’autre il est vrai) et un habillage sonore et visuel toujours aussi réussi. De premier abord, Endless Legend peut faire penser à moult autre jeux du genre. Une partie stratégique sur une carte hexagonale, avec une gestion des cités on ne peut plus classique, des arbres de recherche, des colons pour fonder d’autre villes …

Mais ne vous y laissez pas prendre ! Derrière ce canevas classique se trouvent beaucoup de petits mécanismes originaux, comme l’embauche de mercenaires, la personnalisation de héros (comme dans Endless Spacevoir notre test – mais avec l’équipement de chaque héros à gérer en plus), le design des unités de combat ou encore la gestion des factions mineures.

Par exemple, comme dans un Civilization-like vous rencontrerez des tribus barbares, humaines ou monstrueuses. Mais plutôt que de simplement les exterminer, pourquoi ne pas négocier avec elles ? Voire les absorber dans votre empire ?

Et au détour d’un temple à explorer, vous pourrez rencontrer un vieux chaman vous demandant de faire une livraison pour lui dans un autre village. Un côté RPG bienvenu pour meubler les phases de départ des 4X qui se révèlent souvent n’être que du « fin de tour » à répétition.

Les ressources sont également une nouveauté, stratégiques ou de luxe, elles s’accumulent dans vos coffres et il est possible de les « activer » pour déclencher des bonus pouvant favoriser tout votre empire.

L’un des premiers reproches qui me soit venu est le faible nombre d’unités par faction, seulement quatre. Mais comme dans Fallen Enchantress (voir notre test), chaque unité est entièrement personnalisable et des milliers de combinaisons sont possibles.

Ainsi équiper votre cavalier d’un arc où d’une arbalète modifiera ses caractéristiques et ses compétences, idem pour son armure et ses artefacts. On aboutit donc rapidement à plusieurs unités sur le même « châssis » de base, des archers “antiaériens”, d’autres contre la cavalerie, etc …

La technologie enfin, se découpe en plusieurs « âges », il faut débloquer neuf technologies pour ouvrir un accès à l’âge suivant. Chaque technologie donne l’accès à de nouveaux bâtiments ou de nouvelles ressources.

La diplomatie n’est pas en reste, chacun de vos choix vous coûtera des points d’influence, une des ressources produites par vos villes. Vous pouvez envoyer des compliments, ce qui augmentera le coût des actions négatives (et diminuera celui des actions positives) avec une faction, et inversement des insultes (avec l’effet opposé).

Combat tactique en tour par tour simultané

Les armées se déplacent par « piles » d’un certain nombre d’unité, nombre dépendant du niveau de technologie concernée. Un héros peut les mener et ainsi leur faire bénéficier de ses capacités. Une fois le combat engagé, le terrain se transforme en carte tactique, où, après une phase de placement, le joueur et son adversaire donneront un ordre à chacune de leurs unités. Attaque, déplacement, utilisation d’un pouvoir …

Une fois les ordres validés, chaque créature effectue son action en fonction des ordres reçus, qui peuvent s’avérer caducs si la situation a évolué entretemps ! Bien estimer le déroulement de la bataille est donc d’une importance cruciale, de même que de prendre le temps de bien planifier ses actions en fonction de l’initiative de chaque protagoniste.

Les héros participent directement au combat (à l’inverse de M&M Heroes …), et à haut niveau font clairement la différence. L’équipement de ces héros, et celui des troupes joue également un rôle majeur. Ce système de combat est l’un des plus intéressant que j’ai pu voir dans un jeu de ce type, ne vous laissant pas un contrôle total sur vos troupes (une situation crédible sans moyen de communication immédiat), et faisant la part belle à la planification. Un peu comme dans Dominion mais en plus lisible.

 

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L’aspect carte 2D en dezoom maximal est très agréable.
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La personnalisation des unités est poussée, bien qu’un peu moins que dans Fallen Enchantress.
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Beaucoup de technologies sont disponibles.
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Les choix diplomatiques impliquent de conserver des points d’influence.
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Aperçu d’autres factions dans l’écran diplomatie.

 

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Les factions mineures peuvent être conquises, alliées ou absorbées dans votre empire.
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De nombreuses quêtes viennent ponctuer le cours des parties.
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Le marché aux mercenaires, coûteux mais efficaces.
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Trois arbres de compétences par héros, de multiples branches.
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Les combats sont très tactiques.

Héros et mercenaires, indispensables adjoints

La gestion de vos héros est très importante. Chaque niveau gagné, en tant qu’administrateur d’une cité ou commandant d’une armée, vous permet de débloquer une compétence. Chaque héros dispose de trois arbres de compétences, un commun, un autre lié à sa faction, et un dernier dépendant de sa classe. Certaines compétences sont connectées à celles d’autre arbres, ce qui ouvre de multiples voies de progression.

Les héros se recrutent depuis la place du marché, et ils coutent cher, à l’achat comme à l’entretien ! Une économie solide est donc nécessaire pour embaucher de nombreux héros. De plus, sur la même place de marché, vous pourrez acheter ou vendre des ressources et des unités.

Oui, en cas d’attaque surprise, une faction commerciale pourra se rabattre sur une armée de mercenaires le temps de produire ses propres troupes. Ce mécanisme rend les factions « non combattantes » passionnantes et compétitives à  incarner.

Une réussite ?

Au vu des précédentes lignes, vous devez avoir deviné mon avis. Ce 4X français est une GRANDE réussite. Une interface soignée et ergonomique, un rendu visuel et sonore sublime (ce mot semble taillé pour ce jeu), des mécanismes plaisants, des idées novatrices … Hélas, deux points noirs viennent toutefois entacher cette expérience autrement délicieuse. Tout d’abord, le jeu est gourmand en ressources. Je l’ai testé sur deux machines, dont une « spécial jeu », et il n’est pas d’une fluidité exemplaire. Il saccade, les chargements sont longs, certaines pages mettent un peu de temps à s’afficher.

Deuxièmement, j’ai été régulièrement renvoyé au bureau de Windows sans autre forme de procès. Le problème semble s’être accentué récemment. J’espère juste qu’une solution sera trouvée rapidement, de nombreux utilisateurs l’ayant déjà signalé sur les forums. Néanmoins ne boudons pas notre plaisir (et activons l’autosave), ce jeu est un bijou, un renouveau du genre, je ne saurais trop vous le conseiller !

N.b. : après Shades of Alteration (héros + objet et quête) fin octobre, un second mini add-on gratuit, Vision of the Unseen (faction mineure + 10 quêtes), vient de sortir ces jours-ci avec le dernier patch 1.0.21, qui améliore l’IA, l’interface et l’équilibrage du jeu.

Ci-dessous deux autres exemples des très belles illustrations du jeu.

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  • Ambiance graphique et sonore.
  • Richesse stratégique et tactique.
  • Factions originales et diversifiées.
  • Quelques imperfections techniques.
Infos pratiques

 

Date de sortie : 18 septembre 2014

Éditeur / Studio : Iceberg Interactive / Amplitude studios

Site officiel : Amplitude studiosfiche chez Iceberg Interactive.

Prix : 39,99 € (sur Steam)

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9 Commentaires

  1. J’ai trouvé les combats tactiques un peu confus. En donnant un ordre d’attaque, les unités ont parfois tendance à prendre des chemins indirects ou à ne pas faire exactement ce qui est demandé. Pour le reste, le jeu est très sympa. Il y a une réelle diversité dans les factions et elles ne se jouent réellement pas de la même façon (l’une d’elles ne peut détenir aucune ville au delà de la première, une autre ne peut pas déclarer la guerre etc…)

  2. C’est entièrement vrai, j’ai au contraire apprécié cela, on a peu de contrôle sur ce qui se passe, pour des combats médiévaux ça me parait crédible.

  3. Ah je vais peut-être retenter une partie si ils ont amélioré l’IA. J’ai beaucoup aimé l’univers et l’interface – je n’ai jamais connu de bug ou ralentissement – mais, en mode normal, c’était bien trop facile et il manquait un peu de stress (surtout quand l’hiver arrive et qu’on est réduit à compter les flocons de neige).
    Pour les combats, je n’ai pas été gêné par les choix faits. Il y a de petits détails très originaux (zoom sur la carte, unités de soutien en garnison) très agréables. Manque peut-être de quêtes vraiment épiques.

  4. Je me suis vite ennuyé en fait, au bout de trois parties j’en avait définitivement fini avec ce jeux.
    Mais on ne peut pas nier que ce soit de trés bonne qualité

  5. Salut
    Moi je trouve qu’il manque pas mal de chose:
    Le naval
    l’espionnage
    J’aime pas le commerce , on ne peux pas commercer avec les autres empires (échange de ressource par exemple)
    Par contre le système de jeux est plutôt bien foutus pour le gestion des villes.
    Les combats dommage qui y a pas un système pour dire au troupe d’attendre, sa permettrais de faire tirer les archers en premier
    Le système des quêtes est sympas

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