Solium Infernum : les édits, un non-dit pour érudits

Le récent patch 1.1.4 est bienvenu pour améliorer un peu plus cet excellent et très original jeu, toutefois un bon nombre d’explications sur les changements et les nouveautés sont a priori tombées dans les limbes… Mais après tout, Solium Infernum est beaucoup un jeu où il faut deviner les choses, tant les coups à venir de ses adversaires que les à-coups et autres caprices du destin en Enfer, n’est-ce pas ?

Alors certes, deviner ci ou ça est amusant, mais dans un jeu où il faut déjà mémoriser de nombreuses combinaisons… devoir trop deviner de choses n’est plus amusant, mais devient agaçant.

Revenons sur le jeu et parlons aujourd’hui des Édits, aussi nommés Décrets, c’est à dire des votes proposés régulièrement dans une partie par le Conclave qui siège dans Pandaemonium. Un des mécanismes amusant du jeu qui jusqu’à présent n’avait presque pas bénéficié des précédents patchs.

Les édits sont décrits très sommairement dans l’Encyclopaedia infernum. En résumé ils arrivent tous les 10 tours de jeu et proposent deux choix souvent radicalement opposés. Certains choix vont favoriser ou pénaliser plusieurs ou tous les archidémons, certains vont favoriser ou pénaliser un seul archidémon, c’est relativement varié.

A noter que quand un vote aura lieu, vous serez prévenus 3 tours avant, ce qui laisse à peu près assez de temps pour tenter d’influencer un peu le vote. Par contre notez-le (utilisez éventuellement le bloc note intégré dans le jeu), car entre l’annonce et le moment du vote, il n’y a pas de rappel ni de notifications.

Votre rang infernal (Baron, Marquis, Duc ou Prince) augmente votre nombre de votes de +1 par rang. Très bien, c’est simple à comprendre et à retenir.

Le rituel Élocution (qui dépend de la caractéristique Charisme) offre à chacun de ses trois niveaux un bonus cumulatif de +1 en Puissance de vote. C’est à peu le choix le plus intéressant, presque le seul, pour qui envisage d’utiliser un ou des votes à son avantage. Comme la caractéristique Charisme est souvent une de celles que l’on développe vite (vu ses autres avantages), ce sortilège n’est donc pas difficile ni à obtenir, ni à utiliser (son coût en ressources est relativement bas).

Andromalius a grâce à sa forteresse (nommée Empyria) un bonus de +1 en vote, ce qui n’est pas le bonus le plus utile du jeu, sauf cas particuliers.

Un Lieu de pouvoir, la cité de Dis, accorde aussi un bonus important pour les votes, +3, mais ce lieu est souvent très difficile à conquérir (si jamais il est sur la carte, et qui plus est à votre portée… ce qui limite nettement les possibilités – considérez-vous chanceux si vous parvenez à conquérir cette cité). Pourquoi n’y a-t-il pas un autre Lieu de pouvoir avec un bonus de +1 ou +2, cela serait utile (pour cet aspect du gameplay), et probablement facile à ajouter dans le jeu. Par exemple, plusieurs lieux de pouvoir comme l’Arbre du malheur, la Tour de l’orgueil, la Fontaine impie, la Grande roue de la douleur ou l’Autel du désespoir, n’offrent pas de bonus spéciaux, cela ne créerait pas de gros déséquilibre dans le jeu d’y ajouter pour un ou deux un +1 en vote… Passons.

Comme pour beaucoup de mécanismes dans le jeu, les édits sont proposés aléatoirement. Autrement dit, au-delà du potentiel plus ou moins intéressant de chaque édit, ceux-ci peuvent apparaître à des moments où ils ont peu d’utilité ou d’impact sur le cours d’une partie. Heureusement, on comprend que désormais certains édits nécessitent certaines conditions pour se déclencher. Lesquels, mystère ! Néanmoins tant mieux, cela réduit (un peu) la part de l’aléatoire.

Le wiki du jeu (semi-officiel je crois) ne propose guère plus d’informations sur les édits… Il n’y a toujours pas de manuel de règles, ce serait trop simple… Le site officiel du jeu est quasi vide, bien sûr… On trouve vaguement quelques bouts d’explications par exemple sur Discord. Les IA dont tout le monde parle (celles dites conversationnelles, pas celles dans nos jeux…), qui dans ce genre de cas pourraient s’avérer très utiles, parviennent à glaner divers détails sur le gameplay de Solium Infernum, mais du peu que j’ai essayé, elles n’ont pas non plus trouvé grand chose. Ce qui en dit long.

Cette absence d’informations utiles pour les joueurs est vraiment un des points faibles de Solium Infernum (pourtant sorti il y a plus de deux ans maintenant !). Un joueur expérimenté s’y retrouvera à peu près bien, en tâtonnant un peu (le mode solo du jeu aidant pour cela), car le jeu est reste globalement « logique ». Par contre je plains un jeune joueur qui aurait la bonne idée de se lancer dans Solium Infernum. Persévère et tu seras récompensé, disent certains textes bibliques, et bien aux enfers cette règle s’applique encore plus. Je doute quand même que beaucoup de jeunes joueurs fassent l’effort, malheureusement. Passons.

Faute de pouvoir vous détailler mieux le mécanisme des édits, voici différents éléments utiles pour vous orienter un peu sur cet aspect du jeu.

Un point de règle obscur

Primo, un point de règle difficile à trouver. Sachez que lors d’un vote en cas d’égalité entre deux archidémons, celui qui l’emportera est celui qui est le plus proche du statut de Régent. Ce petit détail peut dans des cas très précis en fait s’avérer important, et sauf erreur de ma part n’est pas expliqué clairement dans l’encyclopédie du jeu.

Courte liste des édits

Deuxio, voici une liste des édits ajoutés via le patch 1.1.4 (proto-liste que l’on trouve au gré du hasard sur Discord). Attention, ces descriptions proviennent de la phase bêta du jeu, il est possible que certains éléments ci-après aient un peu changé depuis… Peu importe, cela donne au moins une idée un peu plus claire du sujet.

  • Antitrust : Choisissez si les vassaux doivent être libérés de leurs seigneurs de sang ou contraints d’entrer en vendetta contre eux. Ne survient que si un vassal est présent.
  • Contondant (Blunt) : Votez pour déterminer si les coûts d’entretien des titans doivent être doublés pour le reste de la partie, ou si les légions de niveau 4 (n.b. : a priori 4 dans la bêta, 3 actuellement, ce qui est punitif) ou plus doivent être bannies. Ne survient que lorsque des pièces suffisamment puissantes sont présentes sur le plateau.
  • Renfort (Bolster) : Choisissez si le Pandæmonium ou les bastions des joueurs doivent bénéficier d’une promotion. Dans les deux cas, la voie militaire sera plus difficile à suivre.
  • Frein (Curb) : Choisissez si le nombre d’emplacements d’ordre ou les niveaux de puissance maximum doivent être plafonnés. Dans les deux cas, l’effet perdure jusqu’à la fin de la partie.
  • Règne fracturé (Fractured reign) : Choisissez entre excommunier tout le monde sauf le favori ou réintégrer les archidémons excommuniés… tout en récompensant les loyaux par du prestige. Ne survient que si un joueur est excommunié.
  • Épreuve du feu (Trial by fire) : Votez pour déterminer quel archidémon sera excommunié pour une durée de 3 à 6 tours. S’il survit à son épreuve, il reçoit une récompense de prestige importante.
  • Maître du bazar (Master of the Bazaar) : Choisissez un démon pour gérer le bazar. Il percevra une commission sur chaque achat mais ne pourra pas faire d’offres lui-même. Dure 3 à 6 tours.
  • Arbitre des arcanes (Arcane adjudicator) : Élisez un archidémon pour arbitrer les litiges arcaniques. Il pourra détourner une partie du tribut des rituels adverses pendant 3 à 6 tours, mais ne pourra pas utiliser sa propre table de rituels.

Le flou quant aux édits est au point que l’on ne sait même pas combien il y en a au total dans le jeu. Ce détail ne changerait pas grand chose, évidemment, et on retiendra ici qu’au moins il y en a plus qu’avant. Quand même, si les développeurs ne veulent pas communiquer sur leur jeu, bon courage pour convaincre les joueurs. D’autant plus que ce ne sont pas les jeux qui manquent. Bref, passons…

Exemples d’édits

Tertio, voici plusieurs captures d’écrans pour illustrer le rendu en jeu des édits. Difficile de garantir que vous n’avez là que du nouveau contenu relatif au patch 1.1.4. Pour clôturer ce survol retenez que les effets des édits vont de l’anecdotique au très amusant. Par exemple, si vous êtes nommé Maître du Bazaar, vous ne pouvez plus rien acheter pendant plusieurs tours dans le Bazaar, mais pour chaque achat d’un autre joueur vous percevez une sorte de commission. Dans l’exemple suivant, un test en solo contre l’IA, cet édit est tombé au moment où je ne pouvais quasi rien acheter, pendant quelques tours les personnages gérés par l’IA n’ont fait quasi aucun achat (économisant probablement), puis soudain il y eut plusieurs achats importants, ce qui m’a permis de gagner une très belle somme de ressources. Donc une très bonne opération pour moi à ce moment. Évidemment, si cet édit était arrivé alors que je prévoyais (à court terme) un achat important (une puissante relique, un puissant praetor, etc.), ou si en multijoueurs les autres joueurs n’achètent pas beaucoup, le résultat ne sera pas aussi amusant.

Pour l’édit Bolster, le résultat renforce sérieusement la forteresse d’un archidémon. C’est flatteur, mais comme en fait à l’usage dans le jeu il est assez rare et difficile d’en arriver au seuil nécessaire pour assaillir la forteresse d’un rival, il y a peu de chances que cet édit change le cours des choses, sauf situations particulières.

Quoiqu’il en soit on ne va pas se plaindre de ces nouveautés, loin de là, mais il faut garder à l’esprit que l’aléatoire reste dans Solium Infernum assez important, et que si à juste titre cela semble assez souvent frustrant, le coeur du jeu est de composer au mieux avec un nombre d’ordres (les actions possibles à chaque tour) limité (surtout en début de partie). Et avec un ordre général du tour de jeu, l’initiative, soit qui joue en premier avant les autres, qui en dernier, ordre du tour qui change à chaque tour de jeu ! C’est diabolique…

Autrement dit beaucoup de choses varient souvent, pas tout le temps mais fréquemment au fil des interactions entre le hasard du gameplay et les choix heureux ou malheureux des joueurs. Cela donne des parties qui parfois sont plutôt banales, voire disons ennuyantes, quand rien ne s’enchaînent bien (ex : pioche des ressources, achats dans le Bazaar, événements spéciaux, etc.), mais cela donne aussi parfois des parties mémorables avec des duels dantesques. Espérons que League of Geeks puisse continuer d’affiner le jeu car malgré ses défauts agaçants indéniables, il reste un jeu unique en son genre et plein de subtilités.



Pour plus d’informations sur Solium Infernum, voyez cette utile vidéo de gameplay, puis cette page sur Steam et le site officiel. Ainsi que notre test de l’ancienne version du jeu et l’article Solium Infernum, le nouvel Armageddon.

Voir également nos articles : Solium Infernum : Dieu ne joue pas aux dés, Satan non plus, mais Belphégor ?, Solium Infernum : les ArchidémonsSolium Infernum : l’Enfer est pavé de bonnes intentions qui présente le tutoriel du jeu, Premiers pas dans Solium Infernum qui montre un exemple de début de partie, Solium Infernum : écho de l’enfer du décor et Solium Infernum : AAR Lilith sonnera-t-elle l’hallali ? pour un exemple de début de partie.